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DE L'ATTAQUE DU LOUP

Il y a longtemps qu'il est reconnu, en vénerie, que l'attaque, bien ,, importai

J ° 1 * 1 1 d une bonne attaque.

ou mal faite, d'un animal est pour beaucoup dans la bonne ou mauvaise réussite de sa chasse. Il est donc important, surtout pour l'animal le plus difficile de tous à attaquer, de s'occuper des meilleurs moyens de bien faire cette attaque.

Elle peut avoir lieu de deux façons :

1° Soit en faisant faire le bois, et si par hasard on détourne un grand loup ;

2° Soit en cherchant les voies de la nuit avec les chiens de recri et en les rapprochant pour arriver à le lancer.

Détourner un grand loup est, comme nous l'avons vu, un travail comment onaitàque

en

des plus difficiles et des plus chanceux, quand on n'a qu'un ou deux faisant ie bois

hommes au bois, à moins qu'on ne possède un de ces piqueux de

loups comme on en voit rarement et comme il ne faut guère

compter en avoir. Enfin je suppose qu'on ait ou un homme capable

de détourner souvent de grands loups, ou un assez grand nombre

de bons valets de limier pour avoir quelque chance d'avoir souvent

de grands loups rembuchés; on devra alors aller, dans le plus

grand silence, frapper à la brisée avec les chiens de recri les plus

sûrs, tous les autres chiens mis en barde volante et tenus dans la

direction probable où le loup devra prendre son parti. Aux premières voix des chiens, et môme peut-être avant, le loup aura probablement vidé l'enceinte ; de toute façon , on laissera les chiens de recri parfaitement empaumer la voie, et, si on voyait sauter le loup, même avant que ces chiens n'aient pris la voie, on se gardera bien de donner les autres chiens avant que les chiens comment d'attaque ne l'aient empaumée. On les laissera bien prendre la voie

ioit donner la . . . îii p • • 1 ■>

mente. et la redresser, et, si par hasard le loup se taisait battre dans 1 enceinte, on fera très-sagement de le laisser chasser aux chiens d'attaque, jusqu'à ce qu'ils l'en aient fait sortir, car on risquerait fort de tout perdre en donnant les chiens de harde dans l'enceinte ; ils prendraient probablement le contre, ou causeraient des hourvaris, couvrant la voie et la faisant perdre aux chiens d'attaque, et, lorsque ensuite on retrouverait la voie, on n'aurait peut-être plus alors qu'un rapprocher, et, comme il est très-probable que le loup aurait filé toujours sans s'arrêter, on arriverait à des forlongers et à des débuchers où l'on perdrait cette voie, qui est si légère : la chasse serait donc manquée. Ce n'est plus comme pour un autre animal , qu'on serait sur de relancer pourvu qu'on ait des chiens passables, ou qui se serait remis à deux ou trois enceintes de là.

Ainsi, en cas de loup détourné, aller aux brisées dans le plus grand silence, faire empaumer la voie par les chiens de recri, les laisser parfaitement s'assurer de leur voie, ne donner les chiens de relais que lorsque les chiens d'attaque seront sortis de l'enceinte avec le loup, et les donner alors plutôt en queue qu'en tête, se méfier enfin de tout ce qui pourrait causer un hourvari dans ce moment-là, c'est ce qu'il y a le plus à craindre et ce qui pourrait tout perdre.

Si l'on envoie au bois, on fera bien, dès la veille, d'envoyer faire „ on'fera bien

" u envoyer la veille

une reconnaissance par le ou les valets de limier, et, selon les auboisconnaissances qu'ils auront, on fixera le rendez-vous du lendemain le plus près possible de l'endroit où il est présumable que le loup sera rembuché ; autant que possible, on donnera le rendez-vous à neuf ou dix heures au plus tard.

Si l'on veut donner des relais, ce que j'avoue n'aimer guère, îûco^||ff des attendu que, si l'on met au relais de bons chiens, ils prendront la tôle étant tout frais , tueront ou dégoûteront les bons chiens d'attaque qui chassent déjà depuis deux ou trois heures, et qui, fâchés de ne pouvoir suivre, apprendront à couper ou à ne pas être tenaces sur leur voie; si, au contraire, on met au relais les moins bons chiens, il est à peu près certain qu'ils ne feront que nombre, et que ce seront encore les bons chiens de tête qui feront tout; par conséquent, ce relais ne servira pas à grand'chose, si ce n'est à épuiser encore, pendant un moment de fougue, les meilleurs chiens. Je n'aime donc point les relais et ne comprends à cette chasse que le relais volant, suivant les chiens de recri et donné aussitôt qu'on le peut. Mais enfin , si l'on veut mettre des relais et essayer de prendre un grand loup par ce moyen, il faut les envoyer coucher dans quelque ferme ou hameau sur la refuite présumée de l'animal, en leur donnant ordre d'être à leur poste a une heure fixée, afin d'être tout prêts à relayer si le hasard le permet.

Mais il est un autre moyen d'attaquer les loups, moyen généra- comment on aita^ lement plus usité dans les vrais équipages de loups; c'est celui qui ,es voies de lanuitconsiste, quand on connaît bien le pays, à partir de très-bonne heure et à se rendre aux différents bois et passages de loups , chercher les voies de la nuit pour les rapprocher et lancer l'animal.

Dans les bons pays de chasse, les pays peu habités, peu cultivés, couverts de landes, de bruyères et d'étangs, où les loups sont assez communs, moins souvent sur pied, moins tourmentés, on est à peu près certain, aux carrefours ou croisés de chemins bien connus des chasseurs pour être des passées de loups, d'avoir connaissance d'une voie de loup de bon temps, sur laquelle, sans tarder, on découple ses chiens de recri, en faisant suivre le reste de la meute en harde volante, ou en l'envoyant de suite vers le point où l'on est à peu près certain de se diriger et probablement de lancer l'animal, comment On suit alors de près les chiens de recri , sans crier ni même

on r.ipprnrlie les *

sonner, mais en les soutenant et les appuyant doucement sans les troubler, tout en les activant pour qu'ils débrouillent le plus vite possible une voie si légère. Dans un défaut ou un about de voie, si positivement les chiens ne peuvent pas l'enlever, il faut prendre vivement les grands devants de la refuite ordinaire des loups, pour tâcher de retrouver la voie dans quelque terrain plus convenable. C'est alors qu'il faut se fier au vrai bon chien de loup, sur lequel repose maintenant tout l'espoir du lancer; aussi faut-il avoir toujours une oreille attentive à sa voix. Il est probable que le loup n'attendra pas les chiens pour filer ; mais qu'aux premières voix qu'il aura entendues de loin il se sera dressé subitement , et prêtant l'oreille, le nez tourné du côté de la meute qui arrive, il aura réfléchi un instant, puis, prenant de suite son parti, il aura filé lestement, ne craignant pas de percer droit devant lui, débuchant même avant d'être poussé, mais certain que la fuite la plus prompte est le meilleur moyen de se débarrasser des ennemis dont il a reconnu la voix.

Lorsque les chiens arriveront près du liteau, on reconnaîtra bien,

aux redoublements de cris et à l'action qu'ils prendront, quel'animal est parti; et alors , si les chiens sont bons, comme ils viennent de travailler longtemps une voie beaucoup plus froide et beaucoup moins droite, ils la mèneront alors grand train, criant moins ; c'est le moment ou jamais d'avoir soin de ne pas les perdre.

Aussitôt qu'on s'aperçoit que l'animal est sur pied, on donne les comment

T- r « l [ (,„ lionne les hurdes

chiens de meute qui suivent en harde volante, en ayant toujours les plus grandes précautions pour ne pas causer de hourvari ou pour qu'ils ne prennent pas le contre, car j'ai observé maintes fois qu'il n'y a pas de voie où les chiens aillent aussi facilement au contre, et, comme le loup a probablement filé droit , on serait capable d'être longtemps avant de rallier, si toutefois on le pouvait. Je me rappellerai toujours avoir vu une fois mes chiens ne pouvoir rallier, dans une occasion semblable, qu'à 12 lieues ( 48 kilomètres) de l'attaque sur un vieux loup qui prenait du grand pays. On conçoit que ce moyen d'attaque soit un des meilleurs et des c'est généralement ia

meilleure

plus usités par la plupart des chasseurs français de loups, qui, manière d'attaquer, n'ayant pas un personnel et un équipage considérables, ne peuvent guère compter sur les chasses de grands loups détournés par un seul homme; on le détourne une fois, et quinze fois on a connaissance d'une bonne voie ; espérant le détourner, on continue à faire suite , et , le trouvant toujours perçant et gagnant du pays, on finit par avoir une voie trop haute et ne rien pouvoir faire.

Aussi la meilleure manière d'attaquer est-elle , comme je l'ai dit, observant le pays où vous êtes, de reconnaître la marche des loups la nuit; car il est toujours des endroits, rentrées ou

acculs de forêts , croisés de chemins, grands arbres aux coins des forêts et sur des coteaux où les loups d'un pays passent toujours et vont prendre le vent des bestiaux et des abats; c'est là qu'il faut être de bon matin pour prendre les voies; mais, si vous n'avez pas de chiens qui rapprochent parfaitement, autant rentrer chez vous et ne pas vous faire chasseur de loups. Mais, si vous avez des chiens venant de quelques-unes de nos anciennes bonnes races françaises, Vendée, Saintonge, Gascogne, tâchez de les garder le puis purs possible; s'ils ne sont pas assez vigoureux, tâchez de les améliorer par des choix judicieux, ou introduisez- y un peu de sang anglais, si vous voulez; mais craignez surtout d'en mettre trop; car alors vous ne pourriez plus chasser que des portées de louveteaux ; quant à chasser de grands loups avec des chiens qui ne rapprochent pas à merveille, il ne faut pas y penser.

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