‹ La chasse du loupChapitre 4 sur 24 · DE LA PROPAGATION DU LOUP · texte numérisé non relu

DE LA PROPAGATION DU LOUP

chaleur .ics louves. Les louves n'entrent en chaleur qu'une fois par an, ainsi que je l'ai déjà dit, et toujours à la même époque, vers janvier ou février, suivant la température ; si l'hiver est rude, leur chaleur est retardée. Elle ne dure que quinze jours au plus et commence par les plus vieilles; les jeunes louves y viennent un peu plus tard. Les mâles n'ont point de rut marqué et pourraient s'accoupler en tous temps. L'accouplement se fait comme celui du chien. Les loups voyagent alors beaucoup à la recherche des louves et se livrent quelquefois des combats comme le feraient des chiens.

comment ia louve La Jouve porte de soixante-trois à soixante-six jours. Ordinaire-

clioisit 1- endroit pour r *

faire ses petits mQn[t a }a veille de mettre bas, elle se prépare au fond d'une foret, dans un fourré bien exposé au soleil et bien tapissé d'herbe, de fougère, de genêts ou de bruyère, une sorte de nid où elle dispose, avec de la mousse et des feuilles, un lit commode pour ses petits. ^m!^^"'^'11' La portée varie de trois à neuf. J'avoue n'avoir jamais vu de portées de neuf ; mais je me suis assuré qu'en Charolais , Morvan, etc., on en avait pris plusieurs fois. Pour mon compte, je n'en ai jamais vu plus de sept, ni moins de trois. Il est encore une autre croyance accréditée parmi beaucoup de vieux chasseurs de loups, et surtout parmi les piqueux , c'est que les portées sont

toujours impaires, trois, cinq, sept ou neuf. J'avoue n'avoir aucune certitude à cet égard et même ne pas y croire, car, a moins de prendre les portées de loups de très-bonne heure dans l'été et d'en prendre beaucoup, c'est une chose très-difficile à vérifier.

Pendant les premiers jours, la louve ne quitte pas ses petits et de M. Le Moyne avec devient terrible pour les défendre. Un jour de printemps, le célèbre M. Le Moyne, étant allé faire le bois pour loup et perçant une enceinte où il les soupçonnait, tomba sur le liteau où étaient cinq petits loups nés depuis peu. Il était en train de les prendre et de les mettre dans sa blouse pour les emporter et tâcher de les élever, lorsque la louve, sortant du fourré, se précipita sur lui. Heureusement son limier , un de ces magnifiques chiens normands de l'ancienne race que M. Le Moyne avait si bien conservée, était un animal des plus courageux et des plus intrépides; il se jeta sur la louve, et, la saisissant au cou, engagea un combat avec elle; ce qui permit à M. Le Moyne de s'éloigner en appelant à lui son compagnon habituel de chasse, M. Le Masson; celui-ci, en accourant, mit en fuite la louve qui était parvenue à se débarrasser du chien.

Si la louve est tourmentée et qu'elle juge que l'endroit ne soit comment îaiouve

1 J o i change

pas sûr, elle transporte ailleurs ses petits en les emportant dans sa ses etïes nourrit race

gueule, comme le ferait une chienne. Après les avoir allaités pendant

quelques semaines, elle commence à leur apporter de la viande,

puis du gibier vivant avec lequel elle prend plaisir à les voir jouer ;

elle leur montre ensuite à l'étrangler. Pour étancher la soif que leur

cause cette viande, elle les mène souvent boire ; car jamais louve

ne fera ses petits dans un endroit où il n'y aurait pas d'eau, soit

mare, ruisseau ou rivière à portée du bois, et situés de telle sorte,

qu'ils puissent aller boire sans se mettre à découvert.

a quelle époque les Vers la fin d'août et de septembre, elle commence à les mener au

louveteaux ■ 1

commencent à roder. ])0r(] ^es champS et hors du buisson où ils ont été nourris ; ils restent là souvent sur le bord du bois, attendant que la louve leur apporte quelque proie, sans oser s'éloigner du buisson.

Cependant, si la louve est tourmentée et inquiète pour ses petits, elle les change déjà de bois et les mène fort bien à 4, 8 ou 12 kilomètres (1, 2 ou 3 lieues).

En novembre et décembre, les louveteaux sont déjà assez forts pour se séparer et battre la campagne, chacun de leur côté, pendant la nuit; mais ils se réunissent chaque malin et passent la journée ensemble, jusqu'à ce qu'ils aient dix ou douze mois. Si la louve est" tuée, Si, par hasard, la louve est tuée avant que les louveteaux aient la ne ia remplace pas. force de se procurer leur subsistance, ils meurent de faim, car c'est une erreur de croire que le loup y pourvoit ; s'il rejoint la louve quand elle a ses petits, c'est bien plutôt pour voir si elle n'a pas fait d'abat; dans ce cas, il prend alors le contre-pied de la louve pour y aller; car, généralement, il ne se soucie pas plus de ses louveteaux qu'un chien ne se soucie des chiens dont il est le père.

En janvier, Quand arrive le mois de janvier et que les louves entrent en

les grands loups

chassent les jeunes, chaleur, les grands loups chassent alors les jeunes, les pillent et les

mordent, ne les supportant plus guère dans leur quartier. La louve respecte le La louve a l'intelligence de respecter le bétail qui avoisine sa

bétail voisin de sa

portée portée, et elle va chercher au loin, à 8 ou 10 kilomètres (2 et

3 lieues) quelquefois, la nourriture de chaque jour. Les troupeaux de moutons, parqués quelquefois contre le bois où sont les louveteaux, ne sont jamais tourmentés, tandis qu'à 8 kilomètres (2 lieues) de là les bergers sont attaqués toutes les nuits; mais que la portée

soit prise ou tuée, dès le lendemain la louve s'en vengera sur les troupeaux voisins qu'elle a ménagés jusque-là.

La louve apprend aussi à ses louveteaux à emboîter le pas, m apprend à s, c'est-à-dire à marcher à la file les uns des autres, les pattes l'une à emboîter ie pas dans l'autre ; car plusieurs grands loups, voyageant de compagnie, iront toujours à la queue l'un de l'autre, comme des Indiens sur le sentier de la guerre.

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