LA PERDRIX (ÉTUDE CYNÉGÉTIQUE
La perdrix prise. — La perdrix roupo. — Iji bartavelle. — Amour, tu perdis Troie! — Une chaaee à l'appeau an moment du eoquetage. — Éducation des perdreaux. — L'n souvenir d'enfance. — Le drap mortuaire et les panneauleurs. — Les deux chasseur* et les bons gendarmes.
Quand h perdrix
Voit ses petits *<* Fn danger, el n'ayint qu'une plume nouvelle.
Qui ne peut fuir encor, par les tirs, le trépas. Elle fait In blessée, et va (minant de l'aile. Attirant le chasseur el le chien sur ses pas, Détourne le danger, sauve ainsi sa famille; Kl puis quand te chasseur crort que son chien la pille. Me lui dit adieu, prend sa volée et rit l»e l'homme qui, confus, des yeux en vain la suit ..
L» Fontaine. (Fablea, livre X. Les deux Ro% le Renard et l'Œuf.)
Nous avons on Europe trois races de perdrix bien distinctes, qui toutes trois sont plus ou moins répandues en France. La perdrix grise, tetrao per dix, la bartavelle, perdix grxca y el la perdrix rouge proprement dite, tetrao rufws. Buflbu en classe encore quatre autres variétés ou espèces, savoir : la perdrix grise blanche, la perdrix de montagne, tetrao inontamtSy la petite perdrix grise, tetrao damascettus, et enfin
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ki perdrix rouge blanche; mais cette dernière, ainsi que la perdrix grise de même conteur , ne sont évidemment, comme ii le suppose lui-même, qu'une variété individuelle de la rouge et de la grise, de même qne le faisan blanc ou panaché n'est qu'une variété du faisan commun; et quant aux doux autres, que notre grand naturaliste signale comme doux races à part, l'une, la perdrix de montagne, m'est totalement inconnue, et l'autre, la petite perdrix grise ou de Damas, est, je présume, celle que l'on nomme vulgairement la roquette, une softe de perdrix de passage, qui se montre de temps à autre dans quelques-uues de nos contrées, et qui, plus petite que la grise, en dillere encore par son plumage plus roux, par la couleur jaune foncé de ses pattes, et principalemeut par son habitude de voyager et de ne faire qu'un très-court séjour dans les mêmes lieux ou paiages. M. E. Blaze, l'un de nos estimables confrères, dit dans son Chasseur au chien d'arTtH, à l'article Perdrix, qu'il a souvent entendu parler de cette quatrième espèce, mais qu'il ne la connaît pas et qu'il n'en a jamais vu. Pour mon compte, je n'en ai tué qu'une seule, il y a environ sept à huit ans, à quelques lieues de Sens, en Bourgogne, au milieu d'un champ de sarrasin ou blé noir; et comme cette variété est généralement assez rare, ainsi que les perdrix blanches (rouges et grises), chez lesquelles la couleur du plumage n'est qu'un cas fortuit, uni» altération accidentelle, nous ne parlerons ici que de 1a perdrix grise, de la perdrix rouge ordinaire et de la grosse perdrix rouge, ou bartavelle, trois espèces différentes, mais toutes plus ou moins connues de la plupart de nos lecteurs.
fin France, de ces trois races, la bartavelle est fa moins fômmune. t on n'en* rencontre pas du tout aux environs de
P&ris, dans un rayon de sept à huit lieues, à l'exception toutefois d'un parc ou deux, où l'on, a tenté d'en élever quelquesunes, essais presque toujours malheureux, qui n'ont réussi qu'imparfaitement. Mais, en revanche, on eu trouve pas mal dans le Hem, le Poitou, la Bourgogne, la Sologne et la Champagne, sans compter tous nos départements du Midi, dont le climat leur convient davantage.
Plus grosse d'un tiers que la perdrix rouge, dont elle se rapproche sous plus d'un rapport, et principalement par la faculté qu'elle a de se percher au hesoin comme elle, la bartavelle est d'un naturel encore plus méfiant et plus farouche., Elle n'habite que les pays montueux et boisés, les cotes coupées çà et là de fondrières et de ravins, et plus le sol est escarpé, et désert, plus la nature y est agreste et sauvage, plus les rochers y sont à pic, plus vous avez espoir, pour peu que votre jarret soit bon, d'y faire ample capture.
Les landes entremêlées de joncs marins et de bruyères, les friches incultes qui environnent les grands bois, et où vous ne rencontrez, de distance en distance, que quelques buissons d'épines, sont encore un couvert très-favorable à la bartavelle. Naturellement lourde et pesante, elle piète très-loin avani de se décider à partir. En battue, j'en ai vu souvent des compagnies entières venir à pied jusque sous le fusil du chasseur, pourvu toutefois que ce dernier eût bien soin de se tenir caché,.car elle a l'œil encore plus fin que la perdrix rouge, et le moindre mouvement lui parait suspect. En septembre, et même jusqu'à la fin d'octobre, quand la saison est belle, h bartavelle tient longtemps à l'arrêt du chien, surtout par un beau rayon de soleil. Elle se lève rarement en masse comme la perdrix grise ; le plus souvent elle part une à une, et sd vous
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parvenez à tuer le père et la mère, ou, pour parler en termes de chasse, les deux vieux, à moins detre un mauvais tireur, vous êtes à peu près sur du reste. Après lé coq de bruyère et le faisan, c'est, de tout notre gibier à plume, celui qui fait le plus de bruit quand il s'enlève. Aussi ne doit-elle souvent son salut qu'à son départ brusque et instantané, qui cause toujours un peu de surprise, même aux plus babiles chasseurs» Parvenue à quelques pieds de terre, son vol, d'abord lourd et pénible, devient beaucoup plus rapide ; elle file alors en ligne droite avec uni» roideur incroyable, et si vous la manquez de vos deux coups, il est rare que vous sachiez la remise, parce qu'à inoins qu'elle ne plonge pour aller d'une côte à l'autre, il est difficile, dans un pays de montagnes, de le suivre longtemps des yeux.
C'est au mois de février que les bartavelles s'apparient, de même que les perdrix rouges et les grises. Elles ne s'aeccupleut guère qu'au commencement d'avril, et ce n'est qu'un grand mois après, en mai ou même en juin, lorsque l'hiver a été long, qu'elles commencent à pondre. Elles font ordi nairement depuis huit jusqu'à seize œufs, de la grosseur d'un œuf de pigeon de volière, blancs, mouchetés de petits points rougeâtres, et qu'elles déposent tout simplement sur un peu d'herbes ou de feuilles sèches, sans autre espèce de précaution. Je me rappelle, à la vérité, avoir trouvé un jour, sur le bord d'un taillis, un nid de bartavelle qui ne contenait que quatre œufs, déjà couvés; mais celait 15, je pense, un ras exceptionnel, et il est probable que le renard ou l'oiseau de proie ayant détruit la première ponte, c'était le finit d'un recoquetage.
Buflbn dit, en parlant des bartavelles (j aime mieux le