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ou bien on la trouve au retour, el alors chevaux et riders épuisés, rendus, n'en pouvant mais, n'oflïent plus à 1 avide curiosité de rassemblée, nous l avons déjà dit, (pie le spectacle de graves accidents, dont le moindre est de transformer en tritons vaseux, moins dignes d'applaudissements que de pitié, de brillants coureurs se débattant sous leurs chevaux au milieu de ces eaux croupissantes.
Dans le steeple-chase qui devait être couru, aujourd'hui vendredi, le point de dépari était de l'autre côté de la route d'Orléans, non loin du petit parc enclos de haies vives situé entre Antony et Verrières, et la Bièv re formait au-dessous de la route de Choisy, à cent pas du but environ, le dernier obstacle à surmonter. Sept chevaux avaient été inscrits au club :.
{ Beau-Nez, à M. de Normandie;
Revealer, à M. le baron le Couteulx ;
Percy, à M. le baron G. de Knyff ;
Magpie, à M. le capitaine Allouard; '
Brunette, à M. le comte d'Ilédouville (autrefois Real et Maria Capel) ;
Tûjris, au colonel Fridolin ;
Park-Paling, à M. F. d'Esté. .
Quatre seulement se sont présentés pour la course :
Revealer, monté par M. le baron le Couteulx; Magpie, monté par M. le capitaine Allouard ; Brunette, par M. Ghetl ;
Et Park-Pating, par M. le vicomte Kdouard Perregaux.
U distance à parcourir, qui s'étendait depuis le pont de
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pierre à Verrières jusqu'à la Croix-de-flerny, représentait un es|*»ce d'environ trois milles, dans lequel étaient disséminés dix-sept obstacles plus ou moins importants que nous arons pris la peine de compter nous-mémc, savoir : la fivièrc deux A)is, sept fossés simples, quatre barrières avec claies fixes d'un mètre seize centimètres de haut, deux fossés avec haies devant, représentant à peu près une hauteur d'un mètre et demi, et les deux fossés d'arrivée, alimentés par la Bièvre.
!^ prix à disputer s'élevait à sept mille cent francs, y compris les entrées, montant à trois cents francs par cheval; il était s'ipulé, entre autres conditions, que le dernier arri\é payerait l'entrée du second.
Dès une heure, le temps jusqu'alors incertain s' étant Ihîureusement mis au beau, une file innombrable de voitures, d'équipages, de cavaliers, de chaises de poste, a commencé à venir prendre place au milieu des hennissements des che" vaux, des disputes des cochers, des jurements énergiques des postillons, sur les bas-côtés de la route, tandis qu'une procession de curieux à pied, composée en grande partie de toute la population des villages voisins, débouchait, à travers prés, pour affluer au rendez-vous général. A droite du pavé, est mie propriété particulière dont le jardin élevé en terrasse se termine à l'angle le plus rapproché du chemiu par un élégant pavillon rustique d'où la vue s'étend sur toute la campagne. C'est là qu'étaient placés les princes, LL. AA. HR. le duc d'Orléans, le duc de Nemours et le prince de Joinville, accompagnés de quelques-uns de leurs amis, MM. de Caumont la Force, d'Hédou ville et autres. On y remarquait aussi l'infante d'Espagne. Quant aux célébrités et aux femmes charmantes qui, dans tout l'éclat de leurs fraîcbes toilettes de
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printemps, figuraient d'un bout à l'autre de la terrasse, formant le plus ravissant coup d'œil, nous leur demandons humblement pardon de ne les point citer; bien que notre mémoire soit fidèle... pour bien faire, il faudrait n'en omettre aucune. Or tout Paris élégant assistait à la Croix-de* Berny ce jour-là... la rue de la Tour-des-Dames avait à peine suffi aux: commandes de chacun, et j»ur notre part nous avons compté jusqu'à trente-sept voitures de maîtres, attelées chacune de quatre chevaux de poste.
Sur la route, au pied de la tribune destinée à MM. les membres du Jockey-Club, tous présents et plus ou moins intéressés par d'importants paris au dénoùment de b course, s'exerçait la musique du 4 l cuirassiers, égayant des préparatifs un peu trop longs par des marches vives et brillautes; taudis que d'un élégant breacke à quatre chevaux, celui de M. le baron de Pierres, l'un de nos veneurs les plus célèbre 8 de l'Anjou, répondaient de joyeuses fanfares exécutées par ses habiles piqueuis. Enfin, jamais fête plus complète, jamais représentation plus solennelle n'avait réuni, dans un si petit espace, tant de spectateurs impatients ; et n'était la longueur de l'attente, dont chacun s'est plaint avec raison, il eut fallu être plus qu'exigeant pour ne point s'associer franchement a toute cette joie bruyante et sans mélange.
Annoncé pour deux heures et demie, le départ de nos Rteeple-cha&en n'a eu heu qu'à quatre heures environ. Les premiers obstacles ont été franchis avec plus ou moins de facilité, mais sans accident; à la troisième barrière, 1 un des concurrents, M. le vicomte Edouard Perregaux, étant tombé, Park-Paling, qu'il montait, a été distancé, et tout l'intérêt de la course s'est porté sur les trois autres gentlemen riders
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qu'on attendait au bord de oe fossé fangeux où se déversent ks eaux de b Bièvre. i
Revente* et Rrunette, après avoir pris l'avance sur Magpie et franchi simultanément la dernière barrière, .ont parcouru tète à tête la prairie* qui borde la route; arrivés au premier fossé, c'est Revealer qui s'est élancé d'abord, immédiatement suivi par Brunette; celle-ci, une fois sur l'autre berge, enlevée plus vivement par son cavalier, M. Gheel, a repris l'avantage sur le pavé et s'est présentée une tète d'avance pour le saut du second fossé; elle n'a pas hésité un instant pour franchir ce périlleux obstacle; mais, ce dernier effort accompli, ses forces trahissant son courage, elle est retombée sur le liane, épuisée, sans mouvement, hors d'haleine, tandis que son cavalier roulait à ses côtés, désarçonné lui-même par la violence du choc. Revealer, qui venait après, un peu intimidé par cette chute, a balancé quelques secondes avant jde sauter, et, moins franc que Brunette, sans être beaucoup plus heureux qu'elle, il a glissé les deux jarrets dans l'eau, tandis que son cavalier, M. le Couteulx, vidant les étriers comme M. Gheel, allait à son tour mesurer la prairie.....
Cependant, tandis que M. Gheel, presque aussitôt debout que tombé, cherchait, avec l'aide de l'un des assistants, à remettre sur pied sa hète inanimée, Revealer, sorti de l'eau, et sur lequel le valet de chambre de M. le Couteulx avait tant bien que mal remonté son maître tout étourdi, gagnait le but * a travers les nombreux équipages qui stationnaient de chaque coté du pré; et, comme M. Gheel, à son tour en mesure de repartir, stimulait Brunette enfin relevée, arrivait en troir sième Magpie, monté par le capilaine Allouard. Ce dernier cavalier a très-bien franchi lepreinier fossé ; mais, au saut du
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second, se fiant moins à son cheval qu'il sentait épuisé, il la fait descendre au beau milieu, et de là mettant lestement pied à terre sur l'autre berge, tirant d'une main Magpie hors de l'eau, tandis que de l'autre il repoussait vigoureusement de sa cravache un officieux maladroit qui s'approchait pour l'aider, il est parvenu seul, si nos yeux ne nous ont pas trompé, à sortir son cheval du fossé, à se remettre en selle, et à gagner le but, où Brunctte était déjà parvenue. Ordre de l'arrivée :
N° \ . Revealer, monté par M. le Couteulx. (Remis en selle par son valet de chambre.)
N°2. Bninette, montée par M. Gheel. (Aide par l'assistance à relever son cheval J
N° 5. Magpie, monté par M. Allouard. (Arrivé seul, sans secours étranger.)
Déjà chacun devisait sur ces divers incidents qui venaient de se succéder rapidement : le prix était donné à l'un, contesté à l'autre; suivant quelques-uns même, il n'appartenait à personne, lorsque tout à coup un nouveau cavalier, survenu au bruit des conversations particulières jusqu'au milieu de la c»aussée r a fixé l'attention du public et imposé silence à ce lohu-bohu universel, à ce conflit de discussions animées par la passion, d'opinions contraires, de jugements étranges. Un instant on a pu croire que Park-Paling, le quatrième concurrent, n'avait pas renoncé à l'honneur dangei eux de risquer aussi, lui, sa culbute; mais au costume du personnage, surtout à sa tenue un peu inexpérimentée, il était facile déjuger que ce n'était point là M. Edouard Perregaux, dont la réputation, comme homme de cheval est faite. Six fois le cheval s'est arrêté tout court au bord du fa*é, puis il y est descendu
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avec beaucoup de précaution, et, remontant de même sur l'autre rive, a transporté au but son cavalier, dont la casquette s était perdue en route un peu avant qu'il ne perdit la tdtc lui-n éme. Ce dernier petit acte, que l'on n'avait point în sur l'affiche, et le résultat, nous a-t-on dit, d'un pari de \ ,000 fr. entre M. de Roman et un noble étranger, M. le baron A. de BedtwiU (Hongrois), qui avait gagé franchir tous les obstacles à partir des trois quarts du steejAe-cha&e, a terminé gaiement la représentation, et les équipages, où quelques dames se plaignaient du froid, ont commencé à prendre la file : bien beureuses, parmi cet essaim de jeunes femmes non moins aimables que belles, celles qui, comme madame la duchesse d'Istrie, madame de la Ferronnays, madame la marquise (le Perthuis, avaient été assez prudentes pour ne point descendre de leur voiture; car c'était vraiment un spectacle pénible, bien qu'apprécié des connaisseurs, que de voir, en expiation d'une curiosité moins discrète, tant d'élégantes, à la jambe plus fine encore que celle de Brunette, souiller, dans les boues épaisses de la route, la chaussure du plus joli pied.
Et pourtant, la belle chose que ce retour ! Quelle cohue ! quel vacarme! quel admirable désordre! A moi, Baptiste! En selle, Dominique! A cheval, Champagne! L'un crie, l'autre f jure; les maîtres pestent, la livrée se bat; les chevaux piaffent, se mordent et se blessent. Puis enfin, petit à petit, chacun part pour aller, au milieu des voitures de rouliers, passer à l'inspection de la Banlieue, cette commère justement ébahie et tout entière aux portes ou aux c roisées. Voici M. le prince de Wagram et M. le comte de Plaisance; plus loin ce sont MM. de Biancourt, F. Sabatier, comte Walewski, prince de
la Moskowa, marquis de la Valette, comte de Lagrange;
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MM. le baron Knyfï, Ernest Leroy, Auguste Lupin, Achille Fould... lùi un mot, l'élite de la Chaussée-d'Antiii et du noble faubourg, car pas un amateur n'a manqué à I appel, et ce serait un véritable déshonneur, en rentrant à Paris, que de ne pouvoir raconter à ses amis les plus petits événements
de la journée.
Au milieu de cette confusion, il n'est heureusement survenu qu'un seul accident. M. Guy de la Tour du Pin, dont chacun a remarqué plusieurs fois aux Champs- fil ysées le gracieux atepper attelé à un charmant cabriolet forme carrick, exécuté par Thomas-Baptiste, sur les dessins donnés par M. de la Tour du Pin lui-même, conduisait avec l'habileté d'un véritable cocher anglais un élégant mail-coach à quatre chevaux, sorti des mêmes ateliers quelques jours auparavant; lorsqu'une de ses juments, frappée d'un coup de sang, est tombée morte à l'entrée du Itourg-la-Reine. Mais cet événement, qu'il était impossible de prévoir, n'a pas eu de suites fâcheuses, et chacun est rentré dans la ville, moins satisfait des résultats de In course, dont le prix décerné à M. \? baron le Couleulx a soulevé quelque légère opposition, que d'avoir profité de ce premier beau jour de printemps, passé sous un pâle rayon de soleil, en aussi belle et noble compagnie.