‹ La chasse et les chasseurs Léon BertrandChapitre 45 sur 90 · LA FERME DES HOLLAINS · texte numérisé non relu

LA FERME DES HOLLAINS

L'équipage actuel de S, A. R. Mgr le duc d'Orléans, qui" est tout simplement l'équipage d'un sportnian distingué, mais n'affiche point, loin de là, la ridicule prétention de marcher de pair avec ces meutes vraiment royales jadis organisées et entretenues à grands frais, s'est conformé, à peu de chose près, cette année, à ce trimestre d'inaction commandé par le simple bon sens, et auquel ses devanciers se soumettaient rigoureusement avant lu). Par une exception qui porte son excuse avec elle, puisqu'il s'agissait d'ajouter à l'attrait d'un programme de fêtes, la demièrè chasse des chiens du prince a eu lieu le 1 5 mai aux courses de Chantilly; et ce n'est «pie le 15 du courant, c'est-à-dire" à deux mois cfintervalle, qu'à la demande du duc de Nemours, le prince dé la famille le plus amateur de chasse à courre, l'équipage, expédié iftielques jours d'avance à Fontainebleau, a brillamment marqué sa première sortie par la prise d'un magnifique dixcors.

Parties à neuf heures et demie de Paris par le chemin de fer de Corbeil, accomjwgnécs seulement de M. le comte de Cambis et de M. le général Marl>eau, aide de camp du duc d'Orléans, leurs Altesses étaient à midi moins un quart en forêt, à la Croix-du-Grand- Veneur, le rendez-vous convenu. Là, les princes trouvèrent un renfort de trois cavaliers prêts à suivre la chasse : M. Ampère, M. d'Esté et M, le baron de la Bochettc. Rapport fut lait par Lomba r<f m, nouveau premier piqueur dn prince, d'un cerf dix-cors jeunement, détourné au bois des Seigneurs, sur la route d'Orléans, à deux grandes lieues du rendez-vous, et aussitôt on se mit en route pour procéder à l'attaque. Lorsqu'on eut découplé au carrefour des Pieds-Pourris, les chieus rapprochèrent quelque

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temps avantcle Lioceç. L'animal ne bondit qu'à une heure et demie seulement, et, après avoir parcouru une partie de la forêt, passant par Franchard, la Groix-du-Grand-Veneur, les fonds de la vallée de la Sole, la Croix-de-Toulouse, la ferme de Courbisson, et traversant la plaine de Sermaize, il vint ciilin se jeter à la rivière eu face le Petit-Barbeau, tandis que les veneurs, obligés de côtoyer la rive pour gagner le bac à Fou Uime-le- Port, faisaient un énorme détour avant de pouvoir passer la Seine. A l'exception de M. de Cainbis, qui, n'ayant pas son cheval de chasse ordinaire, se méfiait un peu de celui qu'il montait et prit sagement le parti de ne point quitter le bord de l'eau, où il ne tarda pas en effet à rallier une vingtaine de chiens; veneurs et picpieurs traversèrent la rivière, et, bientôt arrivés dans les bois de Barbeau, reprirent leur chasse un instant ralentie.

L'animal, qui avait beaucoup d'avance, était débuché depuis longtemps au milieu d une plaine immense, laissant Valence sur sa droite; et c'est alors que, pour ne point le perdre au milieu de toutes ces moissons encore debout, il fallut user de la plus grande prudence.

Pendant deux heures ce lut un rapprocher continuel, où l'on ne parvint à relever plusieurs défauts consécutifs qu'en foulant sagement et en prenant chaque fois les devants et les arrières. Un seul valet de chiens à pied appuyait la meute quand elle traversait une pièce de blé, suivant un sillon pour ne point faire de tort, tandis que les cavalière allaient plus h'm chercher une jachère. Du reste, nulle indication à espérer dans ces campagnes désertes, peuplées au loin de quelques fermes isolées; aucun de ces renseignements si précieux eu chasse et que cet excellent duc de Bourbon ne payait jamais

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