‹ La chasse et les chasseurs Léon BertrandChapitre 46 sur 90 · LA FERME DE»S ÎI0LLAI5S · texte numérisé non relu

LA FERME DE»S ÎI0LLAI5S

moins d'un louis à tout paysan qu'il rencontrait sur son chemin.

Le cerf avait traversé la route de Melun à Montereau à quelques pas d'un cantonnier; mais ce brave homme, qui travaillait, ne s'en était pas seulement aperçu... Enfin, dans la direction présumée que l'animal tenait, on avisa un charretier qui lal>ourait à charme :

— N as-tu rien vu? alla demander tomhardin à cet homme.

— Pardon... j'ai vu un chevreuil qui a suivi la berge du fossé tout le long de cette allée de pommiers, répondit le charretier en indiquant avec son fouet une avenue assez éloignée.

— Combien y a-t-il de temps à peu près?

— Au moins deux heures, s'il n'y a pas plus...

Ce rapport n'était pas fait pour encourager nos veneurs; cependant aucun d'eux ne se rebuta, et ou se mit avec une nouvelle ardeur à la poursuite du fugitif. Au bout de l'allée, que l'animal avait effectivement parcourue, se trouvait une petite remise d'un arpent; or le cerf devait y être entré, car les chiens se récriaient plus chaudement, tâtant aux branches et aux portées. Le piqueur pénétra dans le fourré, et, comme il foulait, sonnant un requête, tout à coup voilà mon dix-cors qui bondit sous le nez de son cheval : alors eut lieu sous les yeux des princes, et comme pour les dédommager de leurs peines, le relancer à vue le plus magnifique. On n'était plus qu'à quelque distance de la forêt de Villefermoy ; l'animal s'y jette et s'y fait battre, sans que la meute le perde un instant. Enfin, épuisé, rendu, sur ses fins, il quitte le bois pour n'y plus rentrer, et va donner en plame, tandis que déjà cjuel-

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