‹ La chasse et les chasseurs Léon BertrandChapitre 47 sur 90 · LA FERME DES IIOLLAISS · texte numérisé non relu

LA FERME DES IIOLLAISS

qucs chiens le janihonnent, dans une petite mare, où il tombe expirant et se noie à six heures et demie, c'est-à-dire après cinq heures de poursuite, en présence de LL. ÀA. le duc d'Orléans et le duc de Nemours, et de MM. Ampère, d'Esté et de la Rochelle, qui ont constamment suivi la chasse. Vingtsix chiens étaient à la mort, et couvraient tellement le cerf enfoncé dans l'eau, qu'il (allait le savoir là pour le voir.

La curée faite, il s'agissait de songer à la retraite. Il était déjà sept heures; on se trouvait à plus de six lieues de Fontainebleau, et personne n'avait rien pris depuis l'attaque. Les princes, qui désiraient se rafraîchir, gagnèrent l'habitation la plus voisine, la petite ferme des Hollains, où, moins bien traités que le bon roi Henri chez Michaud le meunier, ils ne trouvèrent pour aliments que du pain de seigle et quelques œufs, et pour boisson du mauvais cidre. Du reste, cette petite halle, assure-t-on, ne fut point pour nos veneurs l'épisode le moins amusant de la journée.

— Un instant, messieurs, dit sérieusement le duc d'Orléans à ses compagnons de chasse au moment où ils s'apprêtaient à faire honneur à ce maigre repas. Avant de consommer, si nous consultions un peu nos fortunes?

Chacun mit la main à sa poche et calcula le fond de sa bourse. Nos honorables convives pouvaient réunir entre eux un fonds social de cent écus à peu près, grâce à la prévoyance de Mgr le duc de Nemours, qui, le plus riche de tous, avait à lui seul sept napoléons bien comptés.

— Allons, à table, messieurs, reprît le prince, nous avons assez sur nous pour payer la carte. D'ailleurs, ajouta-t-il gaiement, j'en serais quitte pour engager ma signature si nos ressources personnelles ne suffisaient pas.

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