‹ La chasse et les chasseurs Léon BertrandChapitre 66 sur 90 · SIX JOOHS ES BEAUCE · texte numérisé non relu

SIX JOOHS ES BEAUCE

gnifiquc modèle. Tantôt, c'est une battue bien conduite, vaste hécatombe où ne trouve point grâce le faisan, ce royal oiseau ; tantôt, une chasse au chevreuil dans laquelle ne figurent qu£ trois ou quatre chiens dispersant devant eux toute une harde effrayée de chevrettes et de faons timides. Puis enfhi arrive le tour des bassets, autre meute moins ambitieuse, dont les premiers glapissements font fuir d'enceinte en enceinte les nombreux habitants surpris hors de leurs demeures souterr raines. .., et cependant les heures volent, s'écoulent, le temps fuit inaperçu, toujours trop prompt dans sa course rapide ; mais, au moment où la retraite a sonné, où ce mot aujour* d'hui n'est plus qu'un mot vide de sens, stérile, déjà, en votre présence, et dans le seul but aimable de ne pas même vous laisser un regret, est fixée la chasse du lendemain.

C'est ainsi que nous avons passé six jours entiers sans repos, et pourtant sans fatigue, dans l'intimité de cette déli- / cieuse réunion de famille, présidée tout paternellement. lit se trouvaient de jeunes et jolies femmes, l'une venant de Bagnères, l'autre s'apprêtant à franchir les Alpes, toutes sans prétention aucune, ce qui est rare dans le siècle où nous sommes. D'une amabilité à nous faire rougir d'être si souvent loin d'elles, et d'tme indulgence à ne point même plaisanter le soir, le chasseur à moitié endormi qui s'était levé trop matin, ces dames ne causaient m politique, ni voyages, ni littérature, ni beaux-arts, et la plupart du temps, l'aiguille eu main, ne nous demandaient, pour tous irais d'esprit, que d'assez mal jouer au billard, pour leur laisser disputer une modeste poule. Que d'honnêtes bourgeois enrichis devraient enfin comprendre la vie de château comme l'entend la véritable noblesse I

Page 1