CHEZ LE MARQUIS DE GASYILLE
M. de Gasvillc, qui en prévoyait les suites funestes, et il dut aviser au plus sûr moyen d'y mettre un terme. Nul n'est suivant nous plus efficace que celui qu'il choisit, et nous le recommandons à tout propriétaire qui se trouverait dans un embarras semblable. M. le marquis acheta quatre gros matins de la plus forte taille et d'une férocité dont rien n'approche. Ce sont ces gaillards-là qui font aujourd'hui la police de son parc : lâchés le soir par les gardes, ils ne font aucun mal au gibier dont ils comprennent qu'ils sont les défenseurs naturels; malheur, par exemple, 5 l'imprudent qu'ils rencontreraient dans leur tournée, ce serait un homme perdu .
Aussi telle est la terreur qu'inspire à dix lieues à la ronde cette escouade, vraiment redoutable, que depuis leur installation dans leurs fonctions, pas un coup de fusil n'est tiré, pas un seul collet posé dans les massifs du parc. Les faisans dorment en paix au branché ; les chevreuils brament sans crainte dans la bruyère; les lapins, se livrant à tous leurs ébats, ne redoutent plus qu'une cravate de laiton les étrangle au passage. Enfin, nul braconnier n'est assez hardi désormais pour tenter, dans les murs de Meslay, la plus petite excurs ion nocturne.
Peut-être, après tout, le mérite de cette métamorphose complète dans les habitudes des délinquants, n'est-il pas dù en entier à nos matins : sur les deux façades latérales de Meslaylc-Vidamc, sont encadrées et gravées dans la pierre, deux vieilles inscriptions latines, qui remontent à la fondation du château, et qui témoignent hautement, au milieu de toutes les profusions du luxe, de l'esprit d'humilité des premiers seigneurs du lieu.
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