LA CHASSE A COURRE
avec frénésie, Latuuii des j ieds et des mains toutes les fois
que son brave cerf Coco débuchait de la coulissa pour passer et repasser majestueusement à travers un taiilis de toile peinte.
Croyez-moi, ne vous amusez plus à ces jeux d'enfants^ laissez à Franconi sa part et son privilège, privilège dont il n'a pas même abusé autant que vous, le pauvre homme I puisqu'une fois son cerf mort, comme meurent la plupart des vôtres, d'épuisement et de fatigue, il s'est arrêté là, et n'a pas même songé à lui donner un successeur.
Aujourd'hui que l'État a mis à l'enchère la location de ses plus beaux domaines, que ne commencez-vous par louer une résidence royale, avant d'entretenir ii grands frais un équipage si riche et si nombreux? Prenez exemple sur autrui : imitez un homme qui sera toujours notre maître à tous en véuerie, et que certes vous ne récuserez pas pour modèle^ lui auquel était réservée la gloire de précéder le vieux duc de Bourbon à Mortefontaine, et qui plus tard devait remplacer Charles X lui-même dans le plus beau des chassés royaux, après Fontainebleau et Compiègne. Faites comme il fait â Rambouillet : attaquez-moi un vieux dix-cors, qui art connaissance de deux ou trois forêts, qui vous mène des étangs de Saint-Hubert aux étangs de Villebon ou de Sèvres; met~ tez-moi sur les dents quelque bon loup, ou mieux encore quelque bon ragot, quelque honnête sanglier de trois ans, qui débute à l'attaque par une petite pointe de cinq à six lieues, qui fasse hardiment tête aux chiens, qui ne se laisse coiffer qu'après vous en avoir décousu une demi-douzaine des plus mordants; rapportez-le-moi non pas vivant et muselé, dausune
espèce de méchant fourgon, mais mort glorieusement, mort