JUIN
Amateur de gport, Mjjr te Dauphin était meilleur écuyer que ver netir. — Ses habitudes aux chasses à courre. — Ses qualités privées. — Sa participation aux tirés Royaux. — Ses chaises en exil chez les princes de Rohau. — Sa renonciation com^ête à ses plaisirs favoris après la mort du roi Charles X.-— Sa conduite au siège du Trocadéro.
Le 5 juin dernier est mort, sur une terre étrangère, tûuré de sa famille et de quelques serviteurs fidèles, un prince appelé au trône par droit de naissance, et, peu s'en est fallu, Roi de France, comme héritier direct de la monarchie légitime. Renfermé dans les limites de notre spécialité, et par principes • étranger à toutes ces questions de haute politique qui ne sont
point de notre domaine, nous n'avons point à nous occuper xi.desRoyalosquaiités du défunt, à rechercher, ainsi que l'ont
m S. A. R. LE DUC DANGOULÊNE.
fait d'autres journaux avant nous, si cette couronne, dont une révolution l'a privé, eût été pour lui un fardeau plus ou moins pesant, si ce sceptre, qu'il abdiqua si noblement, eût été tenu d'une main plus ou moins ferme... Sous cet aspect, M. le duc d'Angoulème appartient désormais à Thistoirc, et l'histoire, équitable envers lui, saura, nous n'en doutons pas, lui rendre pleine et entière justice. Notre rôle à nous est plus reslreiut et plus modeste; écrivain cynégétique, nous devons aussi notre tribut à la mémoire du prince, mais nous devons le pajer à notre manière, c'est-à-dire laisser de côté les récriminations des partis, à quelque couleur qu'elles appartiennent, oublier, en un mot, l'héritier du trône pour nous borner a parler des qualités privées de l'homme, à rappeler quelques-uns de ces goûts simples et nobles à la fois, qu'il pratiquait dans la vie intime, et qui, en dépit de vaines déclamations, n'en seront toujours pas moins l'un des plus dignes passe-temps destinés à occuper les loisirs et du gentilhomme et du monarque. Notre tâche ainsi simplifiée ne sera ni longue ni difficile, puisqu'il ne s'agit, en définitive, que de recueillir quelques souvenirs pour ajouter un portrait de plus à la galerie des chasseurs célèbres que notre Revue a ouverte, dans ses archives, à toutes les illustrations contemporaines.
M. le Dauphin, de même que M. le duc d'Orléans, était meilleur écuyer que veneur, et s'il aimait la chasse à courre, c'était surtout comme exercice de cheval. Il mettait fort rarement pied à terre pour revoir de l'animal de meute : toujours accompagné par son piqueur favori, Saint-Aignan, qui sonnait pour lui et ne le quittait pas plus que son ombre, à cause de la faiblesse de sa vue, le prince s'inquiétait peu des inci-
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