‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 12 sur 42 · UN VIEILLE CONNAIS · texte numérisé non relu

UN VIEILLE CONNAIS

Quelques jours après cette visite nocturne, un soir, à Ja tombée de la nuit, Hector, qui n'aurait pas mieux demandé que de passer sa vie au pavillon, se promeut avec M. de Blettarins en dehors du petit jardin dont la

légère porte à claire-voie venait de se fermer derrière eux. Le vieux gentilhomme avait pris le bras de M. Chavailles et suivait un sentier qui tourrait autour de

la haie.

__+J'ai voulu vous entretenir seul, lui dit-il, parce «ll le moment est venu de vous ouvrir Mon coeur.

Parlez! répondit Hector un peu ému de ce pré bule.

Voilà que la vieillesse me vient, et la mort peut surprendre à chaque instant.

Vous? Mais vous êtes vigoureux et sain... Ecart? de semblables idées.

Je n’en parle jamais à ma fille, mais à VOUS qui êtes un soldat, je dois le dire. Je suis comme un \icii arbre encore vert; les passants Y'admirent, le voyant Mi bout, mais le mal est à la racine, et le premier coûl! ds vent je jettera par terre. Ma vie s’est épuisée à lutter, à combattre, à courir. La pensée de ma fin proche minspire de nouveaux devoirs.

Hector pensa à la douleur de Christine si son père venait à mourri, et frissonna.

—Vous pouvez faire que je m'en aille sans regret, reprit M. de Blettarins.

—Disposez de moi! dit Hector.

—Ma fille va rester seule.

—-Ne suis-je pas votre fils, et tant que je vivrai serat-elle jamais seule ?

—Eh bien! soyez mon fils tout à fait et devenez son époux.

—Mon père! s'écria M. de Chavailles, vous prévenez tous les voeux de mon coeur! J'aime votre fille; mais avant de vous demander sa main, je voulais la mériter, illustrer mon nom dans quelque bataille et revenir digne d'elle.

—11 suffit qu'elle vous aime et que vous l’aimiez. Le reste viendra à son heure.

CR: SATA

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