‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 25 sur 42 · CE] DUT LS LA SL LE D D · texte numérisé non relu

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bonne, et chaque fois que l’ancre tombait, je courais aux cartes de géographie pendues dans la chambre des officiers, pour voir quelle distance me séparait encore de Lorient, où nous nous rendions. Il y a dix jours que nous y sommes entrés. Vous voyez que je n’ai pas perdu de temps.

—Je plains les pauvres bêtes que tu as montées, dit M. de Fourquevaux.

—Pourquoi? serait-ce parce que je les ai fourbues? répondit Coq-Héron d’un air fort tranquille.

I] me semble que cette raison en vaut bien une autre !

—Bah! un peu plus tôt, un peu plus tard, c’est leur destinée.

Si bien done que tu es entré à Paris comme un courrier ? dit Hector.

__Précédant mon officier qui courait la poste pour le service du roi. Dès que j'ai senti le pavé de la bonne ville de Paris sonner sous les pieds de mon cheval, j'ai poussé du côté de la rue Saint-Honoré. Je ne me tenais pas d’aise en frappant à la porte de M. de Riparfonds. Le coeur me battait à croire que j'allais mourir... C’est drôle tout de même que le plaisir fasse tant de mal.

C’est que le diable est gourmand et qu’en er veui sa part, fit observer Paul-Emile.

—Ca peut bien être, répondit Coq-Héron ; quand on m’apprit que vous n’aviez pas reparu depuis cinq ans. que vous étiez toujours en Flandre, et que l’on ne savait pas à quelle époque vous reviendriez, je ne voulus pas en entendre davantage et piquai des deux, laissant là ! valet de chambre de M. de Riparfonds, qui a dû n prendre pour quelque revenant. De poste en poste, i° suis arrivé au bivouac du régiment de Saintonge; 01 m'indique où je trouverais votre compagnie, je cours ct voilà que vos sentinelles m’accueillent par une volée balles !

—C'est qu'aussi tu entres au camp au grand galop et sans répondre au qui-vive!

—Oh! je ne les blâme pas! vos sentinelles ont fait leur devoir; à leur place, seulement, je ne me serais pas nianqué.

—Te plains-tu de leur maladresse ?

—Non pas; c’est une réflexion que je fais en passant. ”

Son histoire finie, Coq-Héron se mit à considérer son maître silencieusement et du haut en bas; mille sentiments divers agitaient l'esprit des trois interlocuteurs, dont la pensée venait d’être violemment ramence en arrière. Coq-Héron fut le premier à rompre le silence.

—Ah! monsieur le marquis, reprit-il tout à coup, que ce retour inespéré me donne de tristesse en même temps que de joie! La pensée que vous étiez maréchal de France pour le moins, me soutenait durant mes campagnes asiatiques, et voilà que je vous retrouve tel que je vous ai laissé, simple capitaine, et capitaine d’une horde de cavaliers qui ont plutôt l'air de bandits que de soldats,

—Crois-moi, dit Hector en serrant les fortes mains de Coq-Héron, on r’a pas besoin d'aller dans les Indes pour être en exil. Il y a des circonstances où Lille est aussi Join de Versailles que Pondichéry.

—Que s'est-il donc passé pendant mon absence? denanda le soldat en interrogeant Hector et Paul-Emile lu regard.

—Rien, malheureusement, répondit M. de Chavailles ; ion histoire se résume en quatre mots: Je suis venu

{ je suis rests.

—Une ma a invisible est là-dessous! dit Coq-Héron ‘2 frappant du poing.

—C'ertainement, interrompit Paul-Emile:; mais cette main étant invisible, comme tu en fais toi-même l’ob- Servation, il est malaisé de la découvrir.

—On cherchera, monsieur, et en cherchant bien...

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