‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 31 sur 42 · LES · texte numérisé non relu

LES

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—Et tu partiras au triple galop.

—On sait le dicton: Jean s’en alla comme il était venu.

—Quand tu te seras tiré de la mêlée...

—Ah ! il faut que j’en sorte ?

—Absolument,

— Hum! c’est ennuyeux.

—Oui, mais c’est indispensable.

—C’est bien, on tâchera de faire ce que vous voulez.

—Tu pousseras ventre à terre, sans regarder derrière toi, jusqu'à l’auberge du Broc d'Argent.

—Et quand je serai à cette auberge du diable ?

—Tu nattendras.

—Voilà le côté ennuyeux de la commission !

Coq-Héron sauta en selle et M. de Chavailles en fit autant. Au moment de sortir, le soldat prit le flambeau resté sur la table et approcha la flamme d’un pan de toile.

—La fête manque de lumière, je veux lui en donner, dit-il.

—AÀ propos, reprit Hector, tandis que les flammes montaient jusqu’au plafond de ce léger édifice de toile, voilà que j’allais oublier le plus important de l'affaire.

—Parlez donc!

—Si par hasard j ne revenais pas, c’est que je serais mort.

—Mort! répéta Coq-Héron en pâlissant.

—Ces choses-là arrivent à tout le monde; tu prendrais alors la cassette et la porterais à M. de Riparfond:.

Coq-Héron souleva la cassette comme pour la jeter dans le feu. Hector lui arrêta le bras.

—Fais ce que je te dis, mon ami, il y va de mon bonheur! reprit Hector.

Coq-Héron soupira comme un homme qui se fait une violence horrible.

—Vous le voulez? dit-il.

—Oui.

—Rappelez-vous que si vous mourez sans moi, vous serez responsable de ce crime devant votre père qui est là-haut.

—Va, je t'attendrai... dit Hector, moitié riant, moitié sérieux.

Coq-Héron assujettit la cassette sur le pommeau de la selle et ramassa les rênes.

—Prends garde à la cassette ! lui cria Hector: le prince Eugène sera comme un enragé après toi, s’il se doute que tu l’as enlevée,

—Qu'il vienne donc me la reprendre! répondit le soldat.

En achevant ces mots, il piqua des deux et s’élança hors de la t nte où l'incendie tourbillonnait en pétillant. Lorsque M. de Chavailles reparut sur le terrain du combat, la face des choses avait un peu changé. Les premières, lueurs du jour qui blanchissaient dans le cicl avaient montré aux Impériaux le petit nombre de leurs assaillants ; honteux d’avoir été rompus si brusquenent par deux troupes qui ne faisaient pas ensemble le üicrs de leur régiment, les chevau-légers s'étaient ralliés et résistaient pied à pied; mais ils avaient souffert des pertes cruelles dès le premier choc, où les plus bra- ‘es d’entre eux étaient tombés ainsi qu'un grant nombre d'officiers, et ils n’auraient pas pu soutenir bien longtemps la lutte, si le prince Eugène, ramassant en colonnes les hussards hongrois dont la masse bivoua- ‘huit du côté du marécage, n’était venu fondre sur les Français. On sait quels étaient l'élan, l’audace, la bra- “oure personnelle, le coup d'oeil, la promptitude du P'ince Eugène, qui aurait été un terrible capitaine d’aeniure, s'il n'avait été l’un des premiers généraux de son siècle. Les soldats du régiment de Saintonge, pres- St par un ennem ardent et nombreux, serrèrent leurs. rangs déjà éclaircis et se mirent sur la défensive, Ce fut

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