‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 32 sur 42 · LIT ML TS E · texte numérisé non relu

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alors que M. de Chavailles reparut; sa compagnie ne l’apercevant plus au plus épais de la mêlée, l'avait cru mort; son retour fut salué de mille acclamations; une ardeur nouvelle s'empara de tous ces braves décimés par la mort, et ils ne désespérèrent pas de vaincre, puisque leur chef leur était rendu. Au premier regard qu'il jeta sur le champ de bataille, Hector comprit que la lutte lui était presque impossible: tout ce quil était permis de tenter, c'était une retraite, et encore on ne pouvait pas se flatter d'y réussir sans être entamé. Tout à coup l'incendie qui dévorait la tente du prince Eugène éclata au dehors; des flammèches emportées par le vent tombèrent sur les tentes voisines et les embrasèrent ; une clarté rouge et vacillante se mêla aux lueurs pâles de l’aube naissante, et le combat recommença avec une fureur égale de part ct d'autre. Le prince Eugène, blessé dans son orgueil de chef militaire, irrité d’avoir été surpris dans son bivouac, au milieu des soldats les plus éprouvés de son armée, plein de ressentiment contre un ennemi qui avait poussé l'audace jusqu’à l’attaquer dans ses lignes, bien qu’inférieur en nombre, voulait se venger en détruisant d’un seul coup le corps entier de son adversaire. Actif comme un simple capitaine, il rappelait autour de leurs guidons les compagnies débandées, ramenait en ligne les escadrons ébranlés ral liait les soldats dispersés, se portait partout où le danger était le plus pressant, bravait le feu, chargeait sa personne et montrait à tous l’exemple dv courage :: de la fermeté. Après une charge heureuse, devant lquelle l'ennemi s'était retiré en désordre, Hector, qu: avait ses habits criblés de balles et déchiquetés de cou: de sabre, donna ordre de battre en retraite. On voyait les hussards hongrois ramenés par leurs officiers et !v: escadrons brisés des chevau-légers se rallier en frémi-sant à la voix des chefs qui montraient les Français 1 bout de leurs épés.

— Voilà où commence le danger, dit M. de Lobrégst, qui avait du sang plein le visage et les mains; j'ai grand'peur, cette fois, que nous n'y restions tous.

—A la garde de Dieu! dit Hector.

Les deux officiers échangèrent une poignée de moin, et coururent à l'arrière-garde, Ils n'y étaient pas depuis trois minutes, qu'une charge à f1d, conduite par le prince Eugène en personne, entama la compagnie, La mêlée fut terrible, on se prit corps à corps; mais enfin, grâce à l'extrême solidité de cette cavalerie, à l'énergie désespérée de sa défense, on put repousser les hussards et les chevau-légers.

—C'est ici le cas de dire à peu près comme Pyrrhus, “'écria M, de Lobrégat : encore une victoire comme celleci, et nous sommes perdus,

Hector regarda sa troupe, qui reformait ses rangs “risés, et l'ennemi qui se préparait à une nouvelle et plus

l'urieuse attaque.

—J'ai eu la cassette, mais il m'en coûtera la vie, murmura-t-il,

[ donna dans sa pensée un dernier souvenir à Chris- (ne, recomtanda son âme à Dieu et s’apprêta à mourir. En cet instant et comme les officiers impériaux brandis-

ent leurs épées pour commander !a charge, un grand uit s’éleva sur le flanc des escadrons ennemis; tous ‘° Xeux se tournèrent vers la plaine qui s’étendait vers ® bivouac et l’on vit s'avancer un régiment de cavalerie cn bon ordre. La distance qui le séparait encore du ap de bataille ne permettait pas de reconnaître # “juelle des deux armées il appartenait, mais, par un cord tacite, les parties belligérantes suspendirent la ‘te. Une anxiété terrible remplissait le coeur de M. de Chavailles; tous ces braves gens qui l’araient :ivi, ! lui avec eux, étaient perdus, si le régiment qui s’apxhäit marchait sous ie drapeau impérial. M. de Lo-

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