‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 8 sur 42 · CAN VE · texte numérisé non relu

CAN VE

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le pays boisé pour entrer €n plaine, lorsqu’au détour d'un chemin creux Je cavalier se .ourna VTs M. de Chavailles et, lui montrant une maison assise au bord d’un champ, entre les haies, il lui dit:

—C'est là.

Cette petite maison, bâtie de briques, avec $05 quatre angles de pierres percée de fenêtres à cadres cintrés Ct couvertes d’ardoises, avait l'apparence d'un pavillon de chasse ; elle était tapissée de vigne sauvage Cl de lierre. Quelques grands arbres, semés sans ordre, l'entouraient et un rideau de peupliers, dont les flèches décharnéefendaient le ciel, la séparait des champs voisins. Quan les deux cavaliers sortirent du chemin ereux ouvert dan Je bois, une femme, qui était assise sur le tronc d'un àrbre renversé, Se leva et regarda en écartant la mante capuchon dont elle était enveloppée ; son COTPS s’inclin légèrement en avant, et sa main s’appuya contre le ja bage d’une porte à claire-voie. En quelques bonds. deux chevaux eurent atteint Ja maisonnette, le oui retint son cheval, et la femme, qui tremblait un peu, (0 leva son capuchon.

__Christine! s’écria M. de Chavailles, et il sauta terre.

Avant que Christine pût parler, il avait saisi ses (| mains et les couvrait de baisers brûlants. Emne ti joues couvertes d’une rougeur pudique, elle n'osaii

tirer ses mains €t le regardait.

Jai! vous ici? s'écria-t-il enfin.

—Depuis hier seulement, et ma première pel:

été pour vous, dit-elle.

Hector la regarda avec des yeux Si pleins dan qu’elle baissa les paupières et l’entraîna vers le pa lon.

__Yenez, dit-elle, mon père est qà, il vous attûti 1, € vous ne doutez pas du plaisir que VOUS Jui ferez.

En parlant ainsi, Christine poussa la porte à ( rire

voie qui fermait Le jardin et coiduisit Hoct:: vers le pavillon ; mais il résista à la dou & pression cu bras de Christine passé sous le sien, et la retint eecre.

— Un mot, de grâce, un mot! lui dit-il; j'ai le coeur plein d’une émotion qui m'était inconnue avant de vous avoir rencontrée ; les paroles viennent en foule sur mes lèvres, et je n'en trouve aucune pour vous dire tout « à que je sens, Vous souvient-il, Christine, de ce jour déjà loin où, tout enfant, votre bouche endormie me convia au retour?... 1] me semble encore entendre votre voix qui n'appelait..…. Je suis revenu, et l'ange qui me protège m'a ramené près de vous... Le coeur me battait lorsque vos bras s'arrondirent autour de mon cou ; il me bat plus fort à présent. Mille sensations inexprimables me troublent et me ravissent, des larmes me viennent aux yeux tandis que je vous regarde, et cependant J suis heureux !.…. Christine. Christine, vous que j'aime, ne me direz-vous rien et ne m'apprendrez-vous ls Si vous vous êtes souvenue de celui que vous appe-

—Et que vous dirais-je que vous ne sachiez déjà ? rédit Christine. Vous faut-il des mots pour comprenle tout ce que mon silence vous a dit, et Croyez-vous Grenoble soit assez loin et mon âme assez ingrate Pour avoir déjà tout oublié ?

Ilector prit silencieusement les mains de Christine et * porta à ses lèvres.

Je vous aime, reprit-il, et n’aimerai jamais que

Prenez garde, mon père est là, et Dieu vous entil! dit-elle en lui montrant le ciel.

Elle passa le seuil de la petite maison et introduisit ior dans une salle où M. de Blettarins attendait ° Un grand fauteuil, an coin du feu.

—Béni soit le jour qui nous rassemble ! s’écria-t-i] °h eimbrassant Hector; quand je vous vois tous deux au

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