‹ La chasse royale [microforme]Chapitre 9 sur 42 · UE MERE · texte numérisé non relu

UE MERE

près de moi, vous, mon fils d'adoption, à côté de la fille que Dieu m'a donnée, il me semble que je renais à l'espérance !

Hector s’assit entre le père ct la fille, et après les premières paroles données à la joie de leur réunion, il demanda à M. de Blettarins à quelle cause il devait de le voir aussi près de la cour.

-Rien n'est plus simple, répondit le vieux genti!homme; les lettres que j'attendais durant votre séjour à Grenoble me sont arrivées; elles me portaient d'assez bonnes nouvelles ;le seigneur qui me protège avait vü les ministres, et sans me nommer, il les avait intéresses à ma position: ‘Venez, m'écrivait-il, un pavillon dt chagse que j'ai aux eD\ irons de Paris vous recevra; VOU: y serez à l'abri de toute inquiétude et vous pourrez PrOfiter de toutes les bonnes occasions qui se présenteront. Elles ne se feront pas attendre, et quand je croirai | moment propice, moi-même je vous conduirai aux pie du roi.”

Et vous êtes venu?

—Pouvais-je résister au plaisir de me rapprocher du lieu où vous étiez? Une chaise a été bientôt trouvée nous sommes partis.

Mais ne craignez-Vous pas qu'on ne découvre Vo retraite ?

—C’est presque impossible. Nos gens ont pris, depuis notre départ de Grenoble, la livrée du seigneur qui 1 écrit, on nous croit de ses parents, et nous habiton: ce pavillon sous des noms d'emprunt. Et puis, vous le vez, nos ennemis pensent toujours à nous chercher ati loin, et jamais là où ils sont eux-mêmes.

est-ce pas de la témérité ?

__Cest de la prudence.

Prudence ou témérité, le sentiment qui avait Poi M. de Blettarins à venir s'établir dans le voisinas Marly ne pouvait pas manquer de séduire Hector ; i!

sarda quelques objections, mais il regarda Christin, que ce Voyage rapprochait de lui, et il demeura convaincu que le vieux gentilhomme avait raison.

—Vous passerez l'hiver à Ja Cour, reprit M. de Blettarins, nous sommes assez près de Versailles et de Mar- 1Y; vous nous viendrez voir souvent...

—Tous les jours! dit Hector.

— Vous nous direz ce que vous faites, ct lorsqu’à la prochaine Campagne vous tirerez l'épée, peut-être pourlons-nous vous faire nos adieux publiquement au grani lever du roi!

Hector raconta à son tour la réception qu’il avait obtenue du roi et quelles espérances lui souriaient dans l'avenir.

—Nous sommes dans un temps, disait-il, exalté par la présence de Christine, où l'épée peut prétendre à tout. D'autres, qui ont commencé sous de moins brillants auspices, sont arrivés aux plus hauts emplois mi- Maires, La France est attaquée de deux côtés à la fois, äu nord et sur les Alpes: Ja place de tous les hommes de coeur est à l’armée... Les plus hardis passeront les pre-

iers, J'ai maintenant une compagnie; au printemps,

crre se rallumera plus ardente que jamais ; mon ment est de ceux qui entreront le plus tôt en cam- Plane, cf je ne vois pas Pourquoi, de bataille en bataille, ie n'arriverais Pas jusqu’au bâton de maréchal de l'rance,

[ector, en parlant, regardait M. de Blettarins; mais Son (liscours s’adressait à Christine ; il semblait lui dire : "Ces grades, je veux les conquérir pour vous; ces hon- NCurs, je veux vous les offrir; si mon rêve se hausse jusqu'au bâton de maréchal, c’est pous vous mériter! Vous êtes ma pensée et mon but !” Elle le comprenait, et toutes les tendresses de Son coeur se reflétaient dans l’humide ct transparente lumière de ses yeux. Les heures Passicnt vite, et il fallut que M. de Blettarins rappe-

Page 1