‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 89 sur 144 · ACTE TROISIÈME lOo · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME lOo

souvenirs de drame et de joie, comme ce ciel léger vont divinement à votre, visage!... Oui... je voudrais pouvoir vous parler tout à coup en vieux français. Malheureusement, nous ne le savons ni l'un ni l'autre. Moi, je ne me rappelle qu'un mot : Je t'ayme. En voilà un qui n'a pas change. JNous le prononcerons éternellement de la même façon; son affaire est bonne, il n'a rien à craindre.

THÉRÈSE

Oh ! André, c'est la première fois que j'ai la sensation que la vie n'est pas faite uniquement d'ennuis, de devoirs mornes et de menaces. Même jeune, même très jeune, ici dans ce château, entre mon père malade, ma mère inquiète, je n'ai jamais eu peut-être la vraie gaieté, la gaieté sincère et vivante. Mon mariage m'a été tout de suite un remords. Que serais-je devenue si je n'avais pas eu d'enfant? Et me voilà transformée grâce à vous, grâce à votre vaillant caractère. Je suis très heureuse... je vous aime!

JOSSAN

Oui, nous sommes « presque » très heureux.

THÉRÈSE

Non, nous sommes très heureux. Ne nous hâtons pas d'être plus heureux. Goûtons une à une les heures que nous vivons en ce moment, si douces, si imprévues pour moi, que je regrette celle qui vient de partir, qup j'ai peur que l'autre ne lui ressemble pas.

JOSSAX

Je vous défends d'avoir peur! Oh! ma chérie, ma chérie, comme vous redoutez le mal...! comme vous cherchez dans l'avenir tout ce qui pourrait vous nuire, tout ce qui pourrait vous menacer. Mais il ne faut pas trop regarder dans l'avenir, ça nous enlève tout courage. Non, non, notre amour est invincible parce qu'il est ne librement et aisément, sans rien détruire autour de lui. Vous étiez abandonnée et trahie, mon cœur est

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