AVERTISSEMENT XV
Bernardin de Saint-Pierre voit en observateur et décrit en peintre. Ses épithètes dessinent et colorent les choses. Il n'a pas seulement ajouté à la langue de Fénelon, de J.-J. Rousseau et de Buffon des beautés de bon aloi ; il a marqué la limite où la peinture des choses visibles cesse d'être un art pour devenir un procédé. Entre l'écrivain qui les voit par l'esprit, sous la forme de types, et celui qui, l'œil fixé sur l'objet, en suit servilement les contours comme la lumière indifférente ou comme le pantographe, il y a le peintre. Bernardin de Saint-Pierre est ce peintre. Au delà de son art, je ne vois plus que la froide recherche du pittoresque et le procédé de l'état de lieux , si fatigant même quand c'est un écrivain qui le dresse.
Nous trouvons dans /'Histoire de la Littérature française pendant la Révolution (i 789-1800), couronnée par l'Acadén\ie française en iSS^, un très-vif éloge de Bernardin de Saint-Pierre, et c'est ce fragment du beau livre de M. E. Géruzcz qui terminera notre revue rétrospective :
Qiic nous importe la pensée de dessous qui