‹ La chaussée des géants: romanChapitre 10 sur 16 · HUIT JOURS ENCORE · texte numérisé non relu

HUIT JOURS ENCORE

La chambre du D 1 G^ûtli était contiguë à- la ' mienne. Là aussi, l'électricité était restée allumés.-

— Entrez, cher monsieur Gérard. Asseyea-vous. Comme chez vous, je vous en prie ; faites comme chez vous.

Cette invitation me fut adressée sur un ton' qui \ ne fit qu'accroître mon irritation.

Le D r Griitli ferma les contrevents de la fenêtre. Il alla à la porte et donna un tour de clef. Puis, ' il revint vers moi, souriant et boitant.

— Dieu me damne t dit-il, je me serai foulé le pied dans cette chute stupide.

Il s'était déchaussé. Je revis îa chaussette blanche ' entrevue la nuit de la traversée, à bord du bateau- ' navette.

— Ma cheville, dit-il, vous la voyez. Demain," elle sera bleue, après-demain noire. Je souhaite* qu'elle soit redevenue rose et mignonne pour le jour de l'accomplissement de la prophétie duj Donegal.

Cooyk'

Il Appuyait sur les molJs de façon insolite, et', soudain, il éclata d'un gros rire. Maintenant, c'était Une véritable crise d'hilarité qui le secouait'.

— Monsieur Gérard ! Ah ! ah I ah ! Monsieur le professeur Gérard I

— M'expliquerez- vous? fls-je, inquiet et furieux. Tenant dès deux mains sa cheville, il riait tout

ensemble et grimaçait horriblement.

— Ah ! ah I ah I que c'est mauvais de rire quand on souffre, mais que c'est bon ! Aïe, aie ! monsieur le professeur Gérard, Ferdinand Gérard, n'est-ce pas?

— Je ne suis pas, dis-je d'une voix menaçante, 'd'humeur à goûter vos simagrées. Une bonne fois, voulea-vous,. oui ou non...

— Monsieur Gérard, je vous en supplie, ne vous fâchez pas. Je serais certes navré de fâcher monsieur le professeur Gérard. Mais il voit en quel triste état je me trouve. Je ne puis plus bouger, non, je ne le puis. Il faut m'aider.

Il avait pris dans son gousset une petite clef qu'il me tendait.

— Là, dans le deuxième tiroir de la cotnmedo, oe coffret. Deux tours de clef, s'il vous plaît, un' à- droite, un à gauche, c'est cela. Dans ce coffret, une grande enveloppe jaune, pliée en deux...

Soyez assez aimable pour me l'apporter. Je suis

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