CHAPITRE XVI
La journée du baron à la fin du xn» siècle. (Suite.)
Après le repas.
onT tumultueusement, on s'est levé de table, et l'on est allé, une seconde fois, se laver les mains ' à la fontaine de cuivre. Les convives, fatigués d'un aussi long repos, encombrent le perron et se dispersent dans les chambres, dans le verger*, partout. Des groupes se forment, qui sont bruyants et quelquefois criards. Les vieux vont ensemble, et s'asseoient sur les coussins des bancs énormes. Les jeunes poussent jusqu'au pré, et y font de l'escrime**. On a même organisé une petite quintaine, avec un seul haubert et un seul écu****. La châtelaine est entourée d'une foule de barons qui l'obsèdent
'Des tables lievenl : chascunsccsm<ii7i$lava{Girbersde Metz, Bibl. Nat., fr. 19160,fo329)
Je leurs compliments; mais ce n'est pas, croyez-le bien, le seul rayonnement de la beauté qui les attire auprès de la dame. Elle est occupée en ce moment à leur faire une distribution de petits présents, ceintures, fermaux, fourrures, et c'est ce qui- explique ce bel empressement*. Tout à coup, on entend un rugissement rauque : c'est l'un des deux ours de notre baron que l'on a excité contre l'autre et qui vient d'étouffer à moitié son infortuné camarade. Les chevaliers rient aux éclats autour de ces animaux furieux qu'on sépare à grand'peine et qui hurlent de plus belle *. Ces cris attirent dehors tous
Tôt maintenant sont des taubles levei; — Lor mains lavèrent (ibid., f° 332). Cf. Renaus de Montauban, p. 314, v. 1; Brun de la Montaigne, v. 458, 459; 1820-1825. L'eau (quand e'-'e était servie en des bassins) était chaude (Perceval, v. 40644). *Après mengier s'ea
Fig. IIS. Les pièces du jeu d'échecs : 1. Le lîoi. 2. Le Roc. 3. Le Chevalier. 4. La Reine. S. Le PaonneL 8. L'Aufin. (D'après le ms. de la bibl. Kat., fr. 1173.)
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