LE F 0 S S 0 Y E U R
Au fond du cœur, à tout jamais, Comme une pierre au lac tombée :
Mais je crois savoir désormais Ou'il ne fut pas de tels partages Entre nos fictives années, Qu'il n'est pas de vieillesse d'âge :
Telle âme est vieille dès l'aurore, Telle autre, au soir, est jeune encore.
« Je sais que la douleur de vivre C'est de rêver mourir la vie Et de marcher dès le matin (Comme un qui rêverait se suivre) Les yeux tournés à chaque pas Vers ce qu'on ne reverra pas.
<t Vois : j'ai vécu septante années
En ces lieux-ci où je suis né
Et si je n'avais vu vieillir
Mon 111s, et puis son fils grandir.
Je ne me saurais pas plus vieux
Qu'au soir où nous revînmes deux: