‹ La chevauchée d'Yeldis et autres poèmes,Chapitre 3 sur 9 · LE F 0 S S 0 Y E U R · texte numérisé non relu

LE F 0 S S 0 Y E U R

Au fond du cœur, à tout jamais, Comme une pierre au lac tombée :

Mais je crois savoir désormais Ou'il ne fut pas de tels partages Entre nos fictives années, Qu'il n'est pas de vieillesse d'âge :

Telle âme est vieille dès l'aurore, Telle autre, au soir, est jeune encore.

« Je sais que la douleur de vivre C'est de rêver mourir la vie Et de marcher dès le matin (Comme un qui rêverait se suivre) Les yeux tournés à chaque pas Vers ce qu'on ne reverra pas.

<t Vois : j'ai vécu septante années

En ces lieux-ci où je suis né

Et si je n'avais vu vieillir

Mon 111s, et puis son fils grandir.

Je ne me saurais pas plus vieux

Qu'au soir où nous revînmes deux:

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