FLEURS DU CHEMIN
FLEIKS DU CHEMIN
iJxN un parfum de loin qui fane,
En un murmure de gué rustique,
A travers l'ombre diaphane,
Viens : l'ombre oblique.
Les foins fleurent d'amour,
Le chant de l'eau est tendre, grave et sourd
Gomme un lointain cantique
— L'année a fait le tour.
Toutes les bergeries sont mêmes
Et dans mes vers des moutons s'en viendront
— Comme ce soir, vers l'Indre — groupés en rond. Bêler le plus sot des poèmes
— Dont nous rirons.
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11 n'est pas jusqu'à forage imprévu Qui facilite l'héroïsme (souviens-toij Kt je serai si brave sous les éclairs (Et tel, ma foi, que tu m'as déjà vu Que j"en mériterai tes baisers fiers ; Viens, Juin a fleuri prés et bois Et les demains sont les hiers Je crois ?. . .
Un poi
pont saute le neuve Bomlissant d'ile en ile Entre des saules et des peupliers ; Passons; tout chant résonne aux arches L'heure bleue est neuve Où près de moi tu marches, J'ai des baisers par mille Et par milliers.
Irons-nous aux vignobles pampres, Irons-nous par l'herbe des prés.
Ou sous la pénombre des jeunes frênes, Irons-nous par delà les couchants empourprés ? — Toute route est lointaine.
Ij ELLE heure, il faut nous séparer,
Toi de rêve et de roses parée.
Vers le vague et la nuit à jamais égarée...
.le t'attendis pourtant comme une amante, J'ai fait mon àme pure à rêver ta venue, J'ai fait ma chasteté de ton épaule nue Frissonnant du baiser de mon attente ;
De loin, quand je levai les yeux, de loin, (]'était toi qui fanais dans les jeunes foins, C'était toi qui cueillais la vendange nouvelle. Et c'était ton pas, tout frisson d'ailes :
Tu fus mon es[)oir, et te voici venue. Rieuse et frêle en ta beauté nue, Ceinte de joie et d'amour, et qui fuis... Entre hier et demain il n"est pas d'aujourd'hui Et je ne t'ai pas — sur mon âme! — connue.
Jours de deuil qui vous en allez
Comme des cygnes noirs aux lacs crépusculaires,
La barque est vide que vous traînez ;
Je vais au but des rêves inégalés,
Je vais à l'orient des candeurs claires
Où l'on brandit ses songes dégainés !
Jusqu'à la route, ardue aux seuls qui n'ont pas foi,
La forêt se meurt en broussailles
— Roule des pays bleus où le plus digne est roi,
Route prédestinée
Qui court, radieuse comme une année.
Par la plaine des représailles !...
Ue là-bas, où l'aube cclot,
>é comme une larme d"un sanglot.
S'en vient, à jamais, flot sur flot,
Vers le jour qui meurt et la nuit qui pleure.
Le fleuve qui plus qu'une heure ne demeure..
Rêve d'Eden aux sources claires, Rêves des longs jardins embaumés, Aumône jetée à toutes nos prières Pour ce que nos cœurs se sont aimés ;
Voici mort d'hier notre jour fêté, L'Agneau de l'offrande nous l'avons immolé, Le flot est loin que nous avons guetté, Le fleuve fleuri s'est écoulé,
Une fleur est morte en ce soir d'été ; Mon cœur ne s'en est pas consolé.
i^ LEUVEs d'amours imperturbées
Où j'ai lavé le carnage de vivre.
Ciels de clarté dont la splendeur délivre,
Mers de douceur aux lointains courbés
Vers des pays dont le nom vague enivre...
Toujours plus avant ! la route est courue
Des petits désirs et des lâches orgueils,
Mon âme est forte et fut secourue
Par des baisers de joie et des larmes de deuils
Vois, au ras du coteau, celte étoile apparue.