‹ La chevauchée d'Yeldis et autres poèmes,Chapitre 6 sur 9 · L'OURS ET L'ABBESSE · texte numérisé non relu

L'OURS ET L'ABBESSE

L'OURS ET LABBESSE

" ...et depuis, cet animal ne voulut point abandonner ce lieu, mais il demeura parmi ces sages vierges, non comme un ours furieux, mais plus doux qu'un agneau. »

Vie de sainte Goule.

il ORS

^s le rire du vent dans les hêtres Et la chute des faînes En la rouille des feuilles, Hors, peut-être,

Le cor lointain qui pleure sa peine.

Le silence est tel sur le porche et le seuil Qu'on entend par le portail, ouvert Vers la forêt sainte et qui se recueille, La prière basse des nonnes blanches Pour la vigile du dimanche.

LÛURS ET L ABBESSE

Par le portail au lourd cintre farouche,

La foret conviée

Respire ses encens vers l'aulel radieux

Où toutes les fleurs de sa bouche

Baisent les pieds saignants du Crucifié ;

Le vent dit sa prière balbutiée...

La forêt fleure par le portail, vers Dieu,

Vers l'ostensoir aux pieds du Crucifié

Et vers ses plaies de feu qui saignent au travers

En sainte pitié sur Tunivers ;

1 ROUBLANT ccttc paix d'adoratiou Une chasse hurle à travers le vallon : Et la meute est folle Dans Tombre aveugle, Et le cor profond Par les taillis meugle, Si, que l'abbesse pâle et frêle, Tournée vers le portail ouvert.

Regarde, et voit, contre le fond clair, i

Un ours sur le seuil qui vient à elle Et se couche soumis à ses pieds de femme; Et les nonnes prient sans détourner lame.

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