‹ La chimie agricole mise à la portée de tout le monde [microforme]Chapitre 24 sur 34 · D EC PE RASE · texte numérisé non relu

D EC PE RASE

Maintenant, comme les plantes tirent leurs sels du sol ; que les différentes espèces de plantes demandent des sels différents,et qu’une terre contient un sel qu’on ne trouve pas dans une autre, il est évident que certains sols favoriseront la croissance d’une plante, tandis qu’une autre n°y pourra point subsister. Citons un exemple, sur lequel on peut revenir, parce qu’il est très frappant.

Un des principes les plus riches d’un sol est le bois pourri qu’on a nommé HUMUS ou débris végétal, Il se transforme, par l’action de la chaleur et de l’oxigène de l’air, en acide carbonique, devient soluble dans l’eau de pluie qui l’entraîne et l’oflre aux racines ; celles-ci l’ab. sorbent et transmettent ainsi à la tige une nourriture abondante. Admirons encore ici l’une des gages dispositions de la Providence. Si l’Aumus eût été soluble dans l’eau avant son union lente avec l’oxigène, les pluies l’eussent entraîné dans les ruisseaux et les rivières, et les terres fussent bientôt devenues arides. Cette substance abonde dans les terrains tourbeux, et ses effets se font immédiatement sentir sur le blé qu’on y cultive. Il y pousse avec vigueur ; mais,ne trouvant point Ja silice qui doit fournir à sa tige le tube de verre dont nous avons déjà parlé, et qui est destiné à la soutenir, il cède au plus faible orage et tombe pour ne plus se relever ; du sable doit être ajouté à ce sol pour compléter sa fertilité, Les cendres

de la pt sur lat forme f la pota vitreus

Les qu’il e: plusieu plantes d’autre en est

Urri- > des Imus ente dans sent )nde font ive.

oint erre é à nbe uté res

de la paille, des joncs et des herbes, qu’on répand sur la terre, ont l’effet de lui rendre, sous une forme favorable aux plantes, la silice combinée à la potasse qui doit servir à former l’enveloppe vitreuse de la tige,

Les agriculteurs ont appris, par expérience, qu’il est impossible de cultiver sur un sol,pendant plusieurs années successives, la même espèce de plantes sans y ajouter divers engrais, tandis que d’autres plantes peuvent y prospérer. La raison en est simple: un végétal extrait du sol toutes les parties solubles qui lui cohviennent, tandis qu’il en abandonne certaines portions dont d’autres végétaux peuvent tirer leur subsistance.

C’est là-dessus qu’est fondée la rotation des

récoltes.

Donnons-en un exemple : si l’on sème d’abord du blé, cette plante consommera la plus grande “partie du ailicate de potasse du sol ; alors, si les plantes qui lui succèdent sont de nature à ne demander que de petites quantités de potassé, comme les pommes de terre, les navets, etc., le blé pourra, de nouveau, s’y semer avec avantage la quatriéme année ; parce que, durant les trois années précédentes, le sol, par l’action de l’atmosphère, de la lumière et de la chaleur, se sera décompose et aura formé du silicate de potasse en quantité suffisante pour la jeune plante, L'objet de l’agriculture est de produire des arti-

La:

ot

cles de commerce ou de nourriture pour l’homme et le bétail ; il faut donc s’attacher à obtenir le maximum de ce que la terre peut donner. Or elle ne produit beaucoup qu’autant qu’on lui fournit le maximum des éléments de la nourriture des plantes. Si l’on forme des jachères ou terres sans rapport, en semant du trèfle, du seigle, du sarrazin, ete. et qu’on incorpore cés plantes au sol au moment où elles sont presqu’en fleur, on produit une nourriture abondante que les plantes futures trouveront sous forme d’humus tout prêt à être assimilé. On obtient le même résultat, mais d’une manière beaucoup plus certaine et plus profitable, en plantant du sainfoin et de la luzerne, parce qu’alors on ne perd point la récolte d’une année comme avec le système des jachères. Ces plantes sont remarquables par la grande ramification de leurs racines et l’énergique déploiement de leurs feuilles ; en outre, elles ne demandent qu’une faible proportion de matières inorganiques. Leurs enveloppes sont bien faites aussi pour retenir l’ammoniaque et en empêcher la volatilisation. La rotation des récoltes, au moyen du sainfoin et de la luzerne, est généralement adoptée en Allemagne ; là les champs ne recoivent d’engrais que tous les neuf ans. Dans les années qui suivent celles où l’on a fumé la terre, on y sème des navets ; les années suivantes, on y sème de l’orge avec du sainfoin ou de la

luzerne du blé année, une no:

même

La c cession certain familiè ges Sp:

ceux q avec fi à CC p£ cultur

ières faites cher , au rale- JS ne Jans 1é la van le la

luzerne ; la septième, des patates ; la huitième, du blé; la neuvième, de l’orge; la dixième année, la terre est engraissée de nouveau, puis une nouvelle rotation de récoltes s’opère-dans le même ordre.

La connaissance des plantes qui, par leur succession sur une même terre, peuvent, jusqu’à un certain point, remplacer les engrais, doit être familière à tout agriculteur instruit, Des ouvrages spéciaux traitent de cette matière. Parmi ceux que de cultivateur canadien peut consulter avec fruit, vu qu’ils sont adaptés particulièrement à ce pays, je recommanderai le Traité d’Agri. culture, par M. Evans, et la plupart des écrits de ce monsieur. Son grand ouvrage a été traduit en français aux frais de la province ; mais il est, malheureusement, fort peu répandu dans nos campagnes.

Le sol a besoin d’être retourné fréquemment ; cette opération que l’on fait machinalement, sans s’expliquer son effet, donne accès à l’air et facilite la décomposition du terreau végétal, ainsi que la putréfaction des matières animales et végétales qui constituent les engrais.

L'effet du labourage se trouve considérablement augmenté, si l’on ajoute à la terre, qu’on remue ainsi, des cendres, lessivées ou non, des débris de plâtras et de murailles, des cendres de forge, de la chaux calcinée, etc. ; car ces sub-

stances facilitent l’oxidation des matières qui les environnent, et contribuent beaucoup à la fertilité d’un sol. Le terreau ou carbone que les racines absorbent sert à la formation de l’amidon et du sucre qui sont manufacturés par les feuilles et déposés dans les tiges pour fournir à la végétation de l’année suivante, ou pour constituer la substance de la graine et de la fleur. On sait que l’on augmerite, presque d’un tiers ou d’un quart, Ja quan‘ de pommes de terre (patates) produite par une : .e, si l’on en arrache les fleurs à mesure qu’elles par: ‘sent Ce résultat, obtenu dans de nombreuses expériences, s’accorde avec la théorie.

La culture des prairies forme une des branches les plus importantes de l’économie rurale. Elle contribue puissamment à la prospérité de lagriculteur en lui permettant d’élever des bestiaux qui lui fournissent des engrais au moyen desquels il enrichit ses terres et perpétue leur fertilité. Les grands progrès qu’on remarque dans quelques districts agricoles sont presque toujours dus aux soins qu’on y a donnés à ce genre de culture. Le meilleur moyen de favoriser la pousse énergique des herbes est de préparer les terres de manière à pouvoir les arroser le printemps et l’autorine, en y faisant passer une certaine quantité de l’eau courante des ruisseaux. Les terres situées au pied des collines, et celles qui ont une certaine

déclivit méthod digues

tion, de petites

l’eau la plus ba troisièn arrosée trois et séjourn ou en c pour e courant rales e qu’elle avec le

déclivité, sont particulièrement propres à cette méthode d'irrigation. On construit de petites digues successives d’un ou deux pieds d’élévation, de manière à pouvoir admettre l’eau par de petites rigoles au-dessus de la digue supérieure ; l’eau la déborde et arrose la partie du pré qui est plus basse, et s’amasse à la seconde, puis à la troisième jusqu’au bas de la prairie. Les terres, arrosées de cette manière, donnent une herbe trois et quatre fois plus haute que celle où l’eau séjourne. Une eau stagnante àla surface du sol ou en contact avec les racines des végétaux, est pour eux un poison mortel, tandis qu’une eau courante renferme des matières salines ou minérales et une grande quantité de petits animalcules qu’elle dépose petit à petit, et qui, incorporés avec le terroir, se décomposent et fournissent leur ammoniaque aux plantes, contribuant ainsi, d’une manière remarquable, à la fertilité du sol.

L’agriculteur doit donc s’attacher à cultiver les plantes auxquelles il sait, par expérience, que sa terre est le mieux adaptée, et à leur procurer les matières salines, minérales ou végétales, qui leur sont nécessaires. De cette manière, il introduira dans son système de culture mn intérêt tout nouveau, et finira par donner à ses opérations le même degré de certitude que les sciences ont répandu déjà dans les autres industries. De même on le verra porter à l’entretien de ses bestiaux des

Se A

soins plus intelligents ; les rendre, à volonté, müsculeux et actifs ou gras et potelés, propres aux besoins des marchés ou au travail des champs, et cela par la simple distribution de la nourriture : en cho'sissant des végétaux encore verts ou ceux qui sont arrivés à leur maturité,

La graisse des animaux, comme on la vu plus haut, leur est fournie par les matières abondantes en amidon, en gomme, en sucre, telles que certaines graines, les patates et les herbes non encore mûres. La chair ou les muscles sont produits par les substances qui contiennent de l’azote, comme l’albumine, la fibrine, qui se rencontrent dans les herbes mûres, les pois, les fêves, l’avoine. Les graines contiennent les deux principes en des proportions différentes, et leur mélange est absolument nécessaire à la santé, à la force aussi bien qu’à l’apparence des bestiaux. Ainsi des patates, mélangées avec du foin seulement, peuvent à peine soutenir les forces d’un cheval, tandis qu’avec du pain et de l’avoine, elles contituent une pâture très saine et très nourrissante,

Enfin, par les exemples cités plus haut, on voit qu’il est absolument nécessaire de se diriger, d’après des principes exacts, dans toutes les branches de l’art agraire ; il est donc d’un intérêt vital pour l’humanité tout entière, qui en attend sa subsistance, de favoriser, de hâter, à tout prix, les progrès de l’instruction chez les populations

Page 1