DES ENGRAIS ET DES DIVERSES ESPÈCES DE TERRES
D’après ce qu’on a lu dans ce qui précède, on peut concevoir aisément qu’une terre, riche même sous bien des rapports, ne peut long-temps conserver sa fertilité, sans qu’on lui rende, sous diverses formes, ce qu’on lui enlève sous forme de blé, de paille, de foin, de racines, d'herbes, etc., et que, pour augmenter de plus en plus sa fécondité et en obtenir tout ce qu’elle est susceptible de donner, il faut lui rendre annuellement plus qu’on ne lui ôte.
Si l’on considère que toutes les substances qui constituent le corps de l’homme et des animaux, sont tirées des plantes, et que le principe vital ne peut créer un seul élément, il est clair que toutes matières animales doivent être considérées, sous quelque rapport, comme des engrais. Durant la vie animale, toutes les substances des plantes qui ne sont point absorbées par la digestion, et qui ne servent point à la composition du corps des animaux, sont dégagées et expuisées du système sous forme d’excréments, Après leur mort, leur
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carbone et leur azote se répandent dans l’atmosphère sous forme d’acide curbonique et d’ammoniaque ; enfin, quelquefois, après très peu de temps, il ne reste rien que le phosphate de chaux et quelques autres sels contenus dans les os. Maintenant ce dernier résidu terreux de la putréfaction des animaux doit être considéré, dans un bon système d’économie rurale, comme us puissant engrais pour les plantes; parce que, comme je lai dit fréquemment dans le cours de cet ouvrage, et qu’on ne peut trop le répéter, la terre a besoin, pour demeurer fertile, de recevoir autant, plus même quelle ne nous donne dans le cours des années ; sans cela le meilleur et le plus riche des sols doit finir par être totalement stérile et sans valeur,
Des matières qu’on coit le plus rechercher comme engrais. Comme les racines des plantes ne peuvent laisser passer aucune substance solide, il-est évident que les engrais ne peuvent servir à la nourriture des plantes qu'après leur décomposition.
Les substances animales sant d’un emploi facile comme engrais, vu qu’elles se décomposent seules, sans avoir besoin de préparation particulière pour en bâter la putréfaction ; le grand objet de l’agriculteur doit être, au contraire, de la retarder et de mélanger, autant que possible, ces substances avec de la terre, afin de conserver (outes les ma. tières volatiles qui cherchent à s'échapper.
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On emploie rarement la chair des animaux comme engrais, quoique cela puisse frégnemment se faire avec avantage. Les bestiaux, les chiens et tous les autres animaux qui meurent accidentellement, sont ordinairement abandonnés, enterrés ou jetés à l’eau ; par leur putréfaction ils répandent des miasmes méphitiques et sont perdus pour l'ag'icuiture ; tandis que, si lon couvrait ces cadavres de trois ou quatre fois leur volume de terreau, mélangé avec une partie de chaux, et qu’on laissât le tout se décomposer pendant quelques mois, on obtiendrait, de cette manière, un précieux engraiss Au moment de l’enlever pour le répandre sur la terre, il faudrait y ajouter un peu de chaux vive, äfin de détruire toutes les émanations désagréables dans le cas où la décomposition ne serait pas parfaite.
Le poisson de toute espèce, lorsqu'on peut l’obtenir facilement, forme l’un des plus précieux engrais qu’on puisse metire sur une ferre à grain. Il faut seulement éviter d’en trop mettre, et avoir soin de le recouvrir immédiatement par le labour. Toutes les parties du poisson se trouvent utilement employées dans les engrais : la peau est de la gélatine qui se dissout facilement, la graisse et les huiles y sont en grande quantité, et les matières fibreuses contiennent tous les éléments des vêégé- {aux.
On emploie, avec beaucoup d'avantage, les os