RARE
Lurine est, de toutes les matières excrémen:
lielles, celle qui contient le plus d’ammoniaque. On n’est pas sans avoir remarqué souvent, en entrant dans les étables, une odeur pénétrante, qui affecte à la fois et l’odorat et la vue, et qui ne peut qu’exercer une influence fâcheuse sur les animaux qui la respirent ; c’est à l’évaporation de l’ammoniaque qu’elle est due. Les urines des animaux sont généralement perdues ici, et ceux des cuhivateurs qui les recueillent le font souvent en vain, Tandis qu’ils croient conserver et amasser un précieux engrais, l'azote, qui. en fait tout le prix, s’échappe à leur insu. Mais la chimie vient enseigner au cultivateur studieux le moyen d’emprisonner à peu de frais cette substance. Il suffit pour cela de placer dans un réservoir, situé au-dessous cu près de l’étable et où le liquide est conduit,des morceaux de gypse ou plâtre concassé. Dans le cas où l’on n'aurait pas à portée cette matière, on peut atteindre le même objet en p'açant, sous la litière des bestiaux, de la terre glaise cuite, de la tourbe ou des carrés de gazon qu’on tire des endroits marécageux et qu’on fait sécher. De cette manière, on se procure journellement un engrais puissant tout en assainissant ses étables,
La valeur de l’urine comme engrais a été longtemps méconnue et négligée par les cultivateurseuropéens. [ci généralement on n’y prête aucune attention, Mais les Chinois, qui sont les plus
anc atta une cial pre:
son ver! ouv
que pra d’a/ con mil des bas
en.
aque.
t, en y qui ui ne r les ation s des ceux vent mast tout himie oyen
situé e est assé.
cette p'aclaise qu’on cher.
ton eg.
longteurs cune
plus
anciens et les plus habiles agriculteurs connus, attachent aux excréments humains et à l’urine, une telle importance, que chez eux des lois spéciales en déterminent l’emploi et défendent expressément de les laisser perdre, Des réservoirs sont établis, à cet effet, dans les villes par le gouvernement. Je crois remplir l’objet du présent ouvrage en introduisant ici la description de quelques-uns des usages ruraux de cette nation qui pratique, avec tant d’art et de soins, un système d'agriculture fondé sur une série d’expériences continuées, sans interruption, depuis plusieurs milliers d’années, Les extraits suivants sont tirés des relations de Davis, de sir G. Staunton, ambassadeur en Chine, et de quelques autres : —
“ Les Chinois ne négligent aucune res subétances qui peuvent se transformer en engrais ; ils ramassent avec soin le résidu des matières comprimées pour l’expression des huiles, les os, les cornes, les sabots, les cenûres, la suie et surtout les débris que charrient les égoûts publics. Le plâtre des cuisines, qui s’est chargé d'émanations ammoniacales, est si estimé que souvent des agriculteurs font crépir à neuf les cuisines des artisans et des autres citoyens dans le but unique de se procurer les débris du vieux plâtre. Chaque ferme possède une grande citerne ou réservoir souterrain, enduit de chaux ou de plâtre et couvert de paille; on y jette tous les débris de végétaux ou d’animaux susceptibles de se transformer en engrais ; là ces matières fermentent et deviennent liquides au moyen des urines qu’ on y fait parvenir. C’est avec cette liqueur qu’ils arrosent les plantes lorsqu’elles sont jeunes; car il faut remarquer ici que les
Chinois semblent s’attacher plutôt à engraisser la plante même que le sol. Ils ne fument jamais les terres à blé; aussi est-il impossible de trouver dans leurs champs une seule plante autre que celle qu’ils y cultivent, tandis que nous sommes surpris de voir envahir les nôtres par les mauvaises herbes que nous y semons avec les fumiers imparfaitement décomposés de nos étables.
“ Les Chinois attachent beaucoup de prix aux excréments humains. Des millions d’hommes sont constam: ment employés à les recueillir, Au moyen de la chaux ou du plâtre, ils en enlèvent la mauvaise odeur, et les font sécher pour les transporter et les vendre aux fermiers qui les dissolvent avant de les employer. Le cultivateur chinois fait toujours tremper les graines dans le fumier liquide avant de les semer ; il les y laisse jusqu’à ce qu’elles se renflent et que le germe commence à pointer. Cette méthode a l’effet de fortifier de suite la jeune plante et de la défendre contre les insectes.”?
On vient de découvrir, en France, un moyen économique et facile de désinfecter et de conserver les urines ; c’est de les mettre en contact avec du goudron de houille ou coal-tar. Cette matière est très peu coûteuse ; une livre suffit pour conserver 25 gallons d’urine.
L'année deruière, un agronome anglais a obtenu, par lettres patentes, le privilége de désinfecter et de préparer les excréments humains, tirés des villes de la Grande-Bretagne. Son moyen consiste à les mélanger avec de la terre calcinée et du charbon de bois réduit en poudre. Il se fait un immense revenu par la vente de l’engrais qu’il compose . de cette manière. On ajoute, avec
)nser« ntact Cette
suffit
a obnfectirés oyen cinée e fait qu'il avec
beaucoup d’avantage, aux fumiers de cette nature une petite proportion d’acide sulfurique;réduit dans 20 ou 30 fois sa quantité d’eau ; et les cendres, les résidus des savonneries, le nitrate de soude, le sel d’Epsom, le charbon animal (qu’on obtient en faisant calciner les os dans des vaisseaux couverts) augmentent considérablement leur valeur. La méthode qui semble, après tout, le plus à la portée de chacun, est de désinfecter les excréments et de retenir leur ammoniaque par les cendres de tourbe ou de houille,
Une substance étrangère très coûteuse, et qu’on vient d’introduire, en énormes quantités, en Europe, sous le nom de guano, mérite d’être mentionnée ici, quoique les expériences faites jusqu’à présent ne permettent pas encore ds dire si le cultivateur canadien trouverait son avantage, sous le point de vue pécuniaire, à employer comme engrais.
Le guano est une substance d’un jaune brun, facilement réduite en poudre, qui se tire des îles de l’Océan-Pacifique, où elle est déposée, depuis des milliers d'années, par les oiseaux de mer qui les habitent, Les Péruviens l’emploient comme engrais depuis le XIle siècle, et le gouvernement des Incas en avait déjà reconnu l'importance, puisqu’il avait prohibé, sous peine de moit, la chasse du gibier des îles à guano. L’accroisse. ment des récoltes, par cet engrais, est vraiment
remarquable ; celles des patates et du maïs sont plus que décuplées. Il faut employer le guano avec.modération, avoir soin de ne pas le laisser à Ja pluie et ne le mélanger avec aucune matière étrangère, comme la chaux ou les cendres, qui lui enlèveraient ses principales qualités en le décomposant, Comme les plantes n’imbibent leur nourriture que lorsqu’elle est dissoute, le guano reste sans action sur la végétation jusqu’à ce que l’eau de la pluie ou de l’arrosage artificiel entraîne les sels extrêmement actifs dont cette substance est composée. On trouvera l’analyse chimique du guano à la fin de l’ouvrage, avec celles des autres substances employées comme engrais.
Il est bien probable que, sur lesrives du Saint- Laurent, près de la mer et dans les petites îles du golfe, fréquentées par le gibier en volées innombrables, on doit trouver quelque substance analogue au guano de la mer du Sud. (Cet objet mériterait l’attention des autorités et des personnes attachées à l'exploration scientifique instituée par la province.
Des engrais artificiels. Outre les substances qui proviennent de la décomposition des corps organisés et que la nature emploie pour perpétuer la reproduction des végétaux et des animaux, l’on a cherché à réunir divers matériaux pour en former des engrais artificiels plus ou moins semb'ables à ceux qui s’offtent naturellement à nous.
Ces engrais, dont les effets et les usages varient beaucoup selon les terres auxquelles on les adapte, sont principalement avantageux aux sols qui sont épuisés de leurs substances alcalines. C’est de cette manière qu’agissent les os écrasés qui contiennent des phosphates de chaux et de magnésie, du sulfate de potasse, de l’ammoniaque, du carbonate et du chlorate de soude. Tous ces sels aident beaucoup à la végétation, lersqu’on les emploie seuls; mais leur valeur est considérable. ment augmentée s’ils sont mélangés à d’autres matières. Ainsi un composé de parties égales de sel commun, de nitrate de soude et de potasse ordi. naire, ajouté à du fumier d’étable, a produit d’excellents effets sur des récoltes de blé. De même, du guano et des os écrasés, en quantités égales, ont beaucoup amélioré des prairies et des champs semés de patates et de navets, On assure que de l’avoine, du blé, de l’orge et d’autres grains trem. pés, pendant 24 ou 30 heures avant de les semer, dans des solutions faibles de sulfate ou de carbonate d’ammoniaque, de nitrate de soude ou de potasse (salpêtre), ont donné des récoltes beaucoup plus abondantes que celles provenant de semences traitées de la manière ordinaire. Comme on peut obtenir, à très bon marché, tous ces ingrédients chez les apothicaires, les cultivateurs intelligents en devraient faire l'expérience.
Je trouve, dans un ouvrage françois très récent
la recetté suivante, vivement recommandée pat l’agronome qui en a fait usage, avec beaucoup de succès, pendant plusieurs années :—
‘ Toutes les urines des étables que la paille n’absorbe pas sont conduites dans un réseryoir près duquel est un hangar dont le sol est couvert d’une couche de glaise. (C’est dans cet espace qu’on transporte les matières à mélanger. On prend 9 gallons de chaux que l’on éteint; on y ajoute 10 livres d’huile de vitriol délayée dans 8 gallons d’eau ; il se forme du plâtre qu’on réduit en poudre facilement. On le mélange avec cinq fois son volume de glaise séchée au feu. Au moyen d’une pompe ou autrement, on arrose de temps en temps le mélange sous le hangar avec de urine. De temps à autre on ajoute une nouvelle couche de chaux et de terre qu’on traite de la même manière. On répand cet engrais à la main sur les champs ou dans les sillons à mesure qu’on laboure. Quand il est trop humide, on y ajoute de la terre. À chaque voiture on ajoute, au moment de partir, 2 ou 3 minots de cendres et des os moulus. Vingt-cinq ou trente minots de ce composé coûtent de deux à trois piastres, et doivent engraisser un arpent carré de terre.”
La plupart.des substances végétales sont employées comme engrais ; elles exigent, dans leur usage, quelques précautions qu’il est utile de connaître afin de. tirer le meilleur parti.
réduit > cinq Au se de vec de uvelle > de la , main qu’on ajoute te, au et des de ce et doi-
t em- 18 leur ule de
Toutes les herbes et plantes vertes succulentes contiennent des matières sucrées et mucilagineuses, et la fibre ligneuse ; de sorte qu’elles fermentent de suite. 1l faut donc les enterrer pur la charrue aussitôt qu’elles sont arrivées au point convenable de maturité, c’est-à-dire au moment où la fleur commence à paraître.
La paille sèche de blé, de pois, de fèves, d’avoine, d’orge, le foin de mauvaise qualité doivent être mélangés avec le fumier d’étable. Les agriculteurs croient généralement qu’il faut que ces substances soient fermentées et détruites avant d’être employées ; c’est une erreur: le sol profite beaucoup mieux de leur putréfaction lorsqu'elle a lieu dans la terre mêine. Il suffit pour cela que lengrais végétal ait commencé à s’échauffer ; alors aucune substance volatile ne se perd comme lorsque les matières sont entièrement décomposées avant d’être mélangées au sol.
Le charbon de bois, bien pulvérisé, donne une grande fertilité lorsqu'on peut l’ajouter à un sol, Des plantes rares qui dépérissaient dans le meilleur sol, malgré tous les soins qu’on leur donnait, ont repris toute leur vigueur lorsqu'on eut entouré leur tige et leurs racines de cette matière. Tous les arbustes et les fleurs qu’on gérde dans les maisons par agrément peuvent être traités de cette manière avec beaucoup d’avantage. Les ogriculteurs, qui pour la plupart ont des terres à bois,
peuvent fabriquer eux-mêmes leur charbon à très bon marché, En construisant l’espèce de four, dans lequel ils le brûlent, avec de la glaise, cette terre ainsi grillée peut servir, dans les étables, à conserver les urines, et devient de cette manière un engrais profitable et peu coûteux.
Les diverses manières d’employer les engrais, de les former, de les transporter, de les étendre sur le sol, sont décrites longuement dahs les trai. tés spéciaux de l’art agraire. Je me suis appliqué simplement à expliquer comment ils agissent dans la végétation ; à indiquer les principaux matériaux susceptibles d'entretenir et d'augmenter la fécondité d’une terre; mais surtout à fixer l’attention des cultivateurs sur des substances importantes que, par négligence ou faute de connaître leurs véritables intérêts, ils laissent détériorer ou qu'ils abandonnent même entièrement.
Des diverses espèces de sol, Le sol peut être considéré comme le magasin ou le dépôt des matières qui servent à la nourriture des plantes.
Les terres arables sont originairement produites par la destruction lente des roches, et leurs propriétés dépendent de la nature des éléments principaux qui les Composent. Le sable, la glaise et la chaux sont les constituants notables des différents sols.
Les pierres calcaires pures, et le sable dans lequel il ne se trouve pas d’autres substances que la
impornnaître Jrer ou
ut être eé maoduites rs pros prinlaise et 8 diffé«
ans Îleque la
silice et des silicates ou des carbonates de chaux, forment un sol absolument stérile. ANais les terres argileuses, c’est-à-dire celles qui contiennent de l’alumine, font toujours partie des sols fertiles, Elles sont produites par l’action du temps sur les minéraux alumineux, tels que les spath:, le mica, les ardoises, etc., etc.
La propriété fertilisante de l’alumine vient de ce que cette terre contient toujours de la potasse et de la soude, et de ce qu’elle attire et retient l’eau et lammoniaque ; carelle n’est pas entraînée elle-même dans la végétation : on ne rencontre presque jamais cette terre dans les cendres des végétaux. La potasse, au contraire, s’y trouve invariablement, Cet alcali, si nécessaire aux plantes, est fourni au sol, comme les terres, par Ja disjonction des roches. Un acre carré de terre fertile, sur une profondeur de 20 pouces, contient de cent à seize cent mille livres de potasse ; de sorte qu’on peut voir qu’il faudrait bien des milliers d’années pour l’épuiser entièrement, si l’on calcule qu'il suffit de la destruction d’un pied cube d’une espèce de roche alumineuse (feld-spath) pour fournir, à un bois d’un arpent carré, la potasse nécessaire à 5 ans de végétation.
Ilest difficile de classer tous les différents sols, vu leur extrême variété ; mais les trois grandes divisions, adoptées par les agriculteurs, suffisent pour les besoins de la pratique.
On appelle sol sablonneux celui qui contient au moins six septièmes de sable. Le sable qui, avec un acide (nitrique, sulfurique ou hydrochlorique), donne une effervescence ou espèce de bouillonnement, Contient de la chaux ; on l’appelle alors calcaire. Celui qui ne donne pas d’effervescence a pour base Ja silice ; on l’appelle en conséquence siliceux.
Les sois argileux sont ceux qui contiennent, au moins, un tiers de matière terreuse impalpable, et qui produisent une effervescence avec les acides.
Les sols tourbeux sont ceux qui renf:rment, au moins, la moitié de leur volume de matières végétales, On les reconnaît en les faisant chauffer jusqu’au rouge, pendant quelque temps, dans un vaisseau de terre ou de fer ; on voit alors, par la diminution de poids et de volume, combien ils contenaient de matières végétales.
On donne aux terres des dénominations qui indiquent quels sont les principaux éléments qui les composent,
Les sols les plus fertiles ne peuvent se classer dans aucune division particulière, car il en existe de très bons, où chacun des principaux éléments domine : la richesse d’un sol dépendant, comme on l’a vu souvent déjà, des matières étrangères qu’ils renferment, de la grande finesse des parti- Cules qui les composent, et du mélange convenable des trois premiers constituants des terres,
De l'amélioration des différents sols, Quoi.
qu’il soit difficile d’indiquer, dans cet ouvrage, une méthode d’analyser les terres, assez simple pour être mise en pratique par les cultivateurs, je vais donner succinctement les meilleurs moyens de combattre les principales causes de stérilité,
Si un sol aride contient un sel de fer, on y remédie facilement par l'application de la chaux vive. On reconnaît aisément si une terre contient un sel de fer en la faisant dissoudre dans de Veau de tan, car les sels de fer donnent de suite, avec l'acide gallique du tan, une forte teinte noire, Ces terres sont ordinairement rougeâtres.
Un sol trop sablonneux s’améliore par l’addition de marne, de glaise ou de tourbe.
Un sol bien meuble, et renfermant diverses espèces de terre, doit toujours devenir fertile par des engrais.
Les terrains tourbeux doivent être desséchés par des fossés profonds, puis engraissés par le moyen de la chaux, du sable et de la glaise. S’ils contiennent beaucoup de branches et de racines, il faut les brûfer.
Les matériaux nécessaires à ces améliorations sont presque toujours à portée, le sable et le gravier se trouvent ordinairement sous la glaise.
Le travail, ainsi consacré à l’amélioration intrinsèque d’un sol stérile, est toujours bien récompensé ; car on assure par là pour toujours sa fer-
tilité. Une terre préparée de cette marière, exige, pendant long-temps, beaucoup moins d’engrais que celle dont on a déjà tiré de nombreuses récoltes. °
Il en est de cela comme de la préparation des engrais et de tous les travaux de la campagne: J’agriculteur ne doit jamais être retenu par la crainte de ne point se voir payé de ses peines, lorsqu'il se guide par des raisonnements fondés strictement sur les vérités que la science lui démontre.
Lu terre est une banque infaillible, à laquelle l’homme des champs doit confier,sans hésiter, ses
capitaux et surtout son labeur, sûr qu’elle lui en tiendra bon compte, et que tout lui sera remboursé généreusement à l’échéance annuelle.