CHAPITRE I
INTRODUCTION.—UTILITÉ DES SCIENCES EN Gf- NÉRAL ET DE LA CHIMIE EN PARTICULIER.
Pour étudier avec fruit ure science quelconque ou du moins s'initier aux principaux faits qu’elle enseigne, de manière à pouvoir les appliquer avec avantage à la profession, au métier, à l’industrie qu’on exerce ou qu’on veut faire exercer à ses enfants, il faut commencer par se persuader de son utilité, puis se décider à abandonner sans hésiter les erreurs populaires et les préjugés qu’elle signale, Orces deux premiers pas ne sont point, pour les personnes peu instruites, les moins difliciles à faire, et il n’est pas rare de voir des hommes.intelligents d’ailleurs,discuter encore tous les jours l’utilité des connaissances scientifiques pour la pratique des arts, et mettre en doute même l’influence heureuse qu’elles ont sur le bien-être de l’humanité. |
Pourtant, un peu de réflexion et la simple comparaison des Üienheureux temps d'autrefois avec l’état actuel des hommes les moins fortunés,
démontrent suffisament que l’application des sciences aux arts utiles a pour résultat de simplifier tous leurs procédés, d’augmenter graduellement la somme d’aisance de chacun et de diminuer la somme de travail manuel, Il n’y pas long-temps que les palais des rois et des grands seigneurs seuls avaient des vitres ; qu’une chemise, une paire de souliers étaient des objets de luxe ; que le sucre, le café, le thé n’étaient pas connus des classes moyennes. Aujourd’hui, l’on cite comme bien malheureux ceux qui n’en font pas un usage journalier.
Les merveilles et les bienfaits de la science sont trop nombreux pour que j’entreprenne de les citer ici ; mais que l’homme le plus opposé à l’instruction compare seulement dans sa mémoire les facilités que lui offre, par exemple, la vapeur avec les moyens de transport d’autrefois (*) ;
(*) Le voyage de Québec à Montréal et retonr peut
ge faire dans les 24 heures au prix d’une demi-piastre pendant six mois de l’année, et se fera bientôt, en toute saison, bien plus rapidement encore. Il y a trente ans, le même voyage ne pouvait se faire en moins d’un mois et seulement à grands frais, La plus grande des Pyramides d'Egypte, dont la base est de 700 nieds et la hauteur de 500, pèse 12,700,000,000 de üvres. Hérodote dit que cent mille hommes y ont travaillé pendant 20 ans, durant lesquels ils étaient nourris Avec ui peu de blé et d’oignons crus, et conduits probublement à coups de bâton. Aujourd’hui, l'on élèverait ces matériaux à leur hauteur actuelle var la combustion de 480 tonneaux de charbon de terre.