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qu’il compare la lumière du gaz, si brillante et si économique, avec la lampe sale et fumeuse qu’on voit encore dans nos rues ; qu’il réfléchisse que, par les eflorts de la science, certaines parties du sol européen, où la culture se fait depuis plus de 2000 ans, produisent aujourd’hui plus que jamais, tandis que le blé a presque disparu du Bas-Canada qui en fournissait à l’Europe il n’y a pas trente ans! Voudra-t-il alors refuser à la génération qui s’élève les connaissances qui procurent ces avantages ?
J’ai dit,en commençant.qu’il fallait abandonner sans hésiter les préjugés, les erreurs que les savants nous signalent, et j’ajoutais que ce preinier pas vers l’étude n’est point le plus facile. En eflet, il faut regarder comme bien mieux préparé qu’on ne pense à recevoir les principes des sciences, l’homme qui convient qu’il n’y a ni magiciens, ni sorciers capables de Jeter des sorts ; qui croit sur parole et sans hocher la tête que le soleil ne tourne pas autour de la terre ; qu’il y a d’autres éléments que l’eau, l’air, la terre et le feu ; que les corps n’ont pas de couleur ; que le bois brûlé ou pourri, les métaux rouillés, les animaux morts et décomposés ne sont pas entièrement détruits et perdus pour la nature. Les savants autrefois cherchaient la pierre philoson phale qui devait changer tous les métaux en or ; il n’y a plus aujourd’hui que quelques ignorants
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ou des fous qui peuvent y croire; 1l n’est pas de petit mécanicien qui ne cherche ou n’ait cherché le mouvement perpétuel, et qui ne sourie de pitié à l’homme plus instruit qui voudra lui en démontrer l’impossibilité. Je connais plusieurs artisans adroits, intelligents, qui, après des années de travaux et de veilles, sont intimement convaincus qu’il ne leur faut plus qu’une petite roue, un petit ressort, une cheville, une ficelle, un rien pour effacer Archimède, Newton, Lahie, Watt, Arago et tous les grands génies dont les immor-
telles découvertes ne seraient rien auprès de ce #4 cul que cherchent ces philosophes méconnus. Quel- # une ques heures d’études bien dirigées sur les vérita- # de] bles principes de la mécanique leur auraient * TI épargné bien du temps, de l’argent et des déboi- # l’ar res ; et leur génie naturel eût pu s’exercer d’une # cou manière profitable pour eux et pour leur pays. # qui
L’homme privé d'instruction croit que les # don insectes, les mouches proviennent de la décom- # len: position de la terre ou de la chair corrompue des # sub animaux ; il partage avec beaucoup d’autres # ma l’idée que les pierres eroissent comme les plantes, M 1 et les plantes elles-mêmes ne lui inspirent aucune # inti réflexion ; il regarde comme inutiles et même #! s’o nuisibles presque tous les animaux qu’il n’a pas M che assujettis à son propre usage. Mais qu’on lui © leu donne l’occasion de cultiver son esprit par des # que livres, des cours publics, et la nature prendra # pa
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tout-à-coup une nouvelle vie, les œuvres de la Providence seront pour lui plus admirables La plante sera changée en un être vivant, doué d’une organisation parfaite et qui confondra sa propre intelligence ; il la verra naître, respirer, vivre ; il lui découvrira des organes de circulation et de digestion qui tirent de la terre, de l’air, du sol quelquefois fétide, une nourriture qu’ils transforment en feuilles, en fleurs, en fruits, en parfums délicieux. Les insectes, pour lui les plus méprisables, seront autant d’ouvriers miraculeux, accomplissant par ordre de la Divinité une œuvre constante et indispensable à l'harmonie de la création.
L'art et la science dépendent l’un de l’autre : l’art travaille, et la science pense ; celle-ci découvre, l’autre exécute. L’artisan, l’agriculteur qui possèdent les premières teintes du savoir ont donc d’immenses avantages sur ceux qui travaillent sans comprendre les changements qu’ils font subir aux matériaux qui passent entre leurs mains.
Parmi les sciences, celle qui se lie le plus intimement aux arts est la chimie. Comme elle s’occupe de la composition des corps et des changements qui s’opèrent par leur combinaison, leur mélange, leur séparation, etc., l’on conçoit que le savonnier qui combine l’huile avec l’eau par le moyen d’un alcali ; le fanneur qui trans-
forme la peau spongieuse et molle des animairx en un cuir dur, tenace et imperméable ; le dis< tillaleur, le brasseur, le fondeur, l’agriculteur surtout qui compose, combine, distribue des engrais, c’est-à-dire des huiles, des sels, des terres, font tous des opérations chimiques qu’ils dirigeront mieux avec le secours de l’instruction que par la simple routine.
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