INDUSTRIES DE ^HABITATION
dessiner sur la brique elle-même, les Égyptiens ne surent jamais varier leur ornementation que par des carrelages de briques alternativement blanches et noires.
Les Grecs regardaient les murs verticaux de briques comme aussi solides que les murs de pierre. Aussi employaient-ils la brique dans la construction de leurs plus grands édifices.
Les Romains les préparaient au printemps et les laissaient exposées au soleil pendant deux ans avant de les employer.
On peut distinguer encore à l'heure actuelle deux sortes de briques : la brique crue et la brique cuite; elles ne diffèrent d'ailleurs l'une de l'autre que par les dernières manipulations. La terre qui convient à la fabrication des briques est un mélange d'argile et de sable; l'argile trop grasse est additionnée d'un peu de sable; l'argile trop maigre est rejetée.
La terre à brique ainsi choisie est « corroyée » , c'est-à-dire pétrie avec soin jusqu'à homogénéité complète de la masse. Elle est moulée, puis abandonnée à l'air libre, dans des séchoirs. Arrêtée là, la préparation produit de la brique crue. Si on soumet les briques à une cuisson vive et prolongée, l'eau de constitution de l'argile s'élimine, la brique cuite, infiniment plus dure et moins friable que la crue, est incapable de
réabsorber l'humidité atmosphérique; aussi estelle seule employée dans nos pays.
| 2. — Chauffage et Eclairage.
Le chauffage industriel nous a déjà fait connaître la nature des combustibles et les différents moyens d'obtenir une utilisation méthodique de la chaleur développée par les combustions.
Le feu employé directement a été longtemps le seul moyen pour l'homme de lutter contre le froid. De nos jours, les moyens de chauffage peuvent se réduire à cinq :
Le chauffage par rayonnement direct ;
Le chauffage par air chaud;
Le chauffage par circulation d'eau chaude;
Le chauffage à la vapeur;
Le chauffage au gaz.
Les cheminées sont des foyers ouverts adossés à un mur et surmontés d'un tuyau destiné au dégagement des produits de la combustion.
Le feu est allumé à la base d'une colonne d'air qui se trouve, par ce fait même, échauffée et dilatée. Etant plus léger, l'air chaud tend à s'élever. Il est remplacé par de l'air froid qui se dilate à son tour et s'échappe par l'orifice supérieur de la cheminée; il y a donc un courant continu de gaz à travers le foyer, c'est le tirage
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dont l'intensité ne dépend que de la vitesse de Pair dans le tuyau.
Ce mode de chauffage, dans lequel presque tous les combustibles peuvent être employés, présente des avantages dont s'accommoderont longtemps encore l'hygiène et le luxe. La flamme du foyer vue de l'appartement vient égayer par sa chanson et par sa vie. De plus, les parties inférieures du corps sont celles qui sont le plus directement chauffées; enfin, les cheminées produisent par le tirage une ventilation puissante qui renouvelle Pair vicié de nos appartements. • C'est, de plus,un merveilleux moyen d'ornementation; la cheminée à large manteau donnait peut-être moins de chaleur quoique brûlant une énorme quantité de combustible, mais combien plus grandiose était-elle que nos salamandres mobiles ou la bouche de nos calorifères !
Les poêles sont des appareils de chauffage clos placés dans la masse d'air de l'appartement. Ils affectent mille formes différentes soit en vue . de l'économie, soit même dans de timides essais d'art recherché et banal. Ils sont en tôle, en fonte de fer, en faïence ou en briques. Mais quels qu'ils soient, leur but est de faire traverser la pièce dont on veut élever la température par les conduits de Pair échauffé. Il y a donc échauffement par contact avec les parois de Pap-
pareil et par rayonnement. Le calorifère, au contraire, est un appareil destiné à échauffer de l'air pris à l'extérieur pour le transmettre ensuite dans des salles auxquelles on veut donner une température déterminée. Avec eux, il n'y a ni appareil dans la chambre, ni difficultés à régler la chaleur : tout se réduit à ouvrir plus ou moins une bouche de chaleur.
Le calorifère est composé d'un générateur où l'air s'échauffe et d'un système de conduits qui distribuent l'air échauffé. Dans un fourneau de Jjrique, on dispose plusieurs rangées de tuyaux de fonte communiquant les uns avec les autres et dont les plus inférieurs sont directemenl en relation avec l'air extérieur. Un foyer placé à la base échauffe l'air de ces conduits qui se dilate, s'élève et, par une canalisation appropriée, se distribue dans toutes les pièces de la maison.
Le chauffage par circulation d'eau chaude s'effectue au moyen d'un appareil qui envoie dans une série de tuyaux de l'eau chauffée dans une chaudière où elle est ramenée ensuite par d'autres conduites de telle sorte qu'elle effectue une rotation continue.
Enfin le grand moyen d'éclairage de nos villes modernes, le gaz, est aussi un excellent moyen de chauffage, et la multitude d'appareils divers appropriés à tous les usages et à tous les besoins
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de la vie montre le rôle énorme qui} joue dans nos besoins journaliers.
L'éclairage et le chauffage reposent, en effet, tous deux sur le même principe et la combinaison de l'oxygène avec un corps combustible, si elle dégage beaucoup de chaleur, est accompagnée le plus souvent d'une incandescence et, par conséquent, de lumière.
On s'éclaira d'abord avec des torches, des branches d'arbres, puis on employa les graisses animales. Chevreul trouva les bougies; Lebon, le gaz d'éclairage de nos jours; enfin l'électricité sert partout à l'illumination des voies publiques et même des maisons.
Les matières employées à l'éclairage sont solides, liquides ou gazeuses. Les matières éclairantes solides sont les graisses des herbivores, la cire des abeilles et le blanc de baleine.
Les chandelles, les cierges et les bougies sont les produits des industries de l'éclairage.
Les huiles animales ou végétales, l'huile de phoque, l'huile d' œillette, brûlées à l'extrémité d'une mèche de coton ou de mousse, éclaire la hutte de l'Esquimau aussi bien que la demeure du Parisien.
Les hydrocarbures naturels, les pétroles, les essences minérales, tendent à se substituer de plus en plus aux corps gras.
Enfin les produits volatils de la distillation de la houille forment le gaz de l'éclairage»
Les bougies sont formées uniquement par un corps solide, blanc, l'acide stéarique, acide gras, qui, combiné à la glycérine, forme le principal élément des graisses solides.
Le stéarate de glycérine ou stéarine est dédoublé en ses deux éléments. L'acide stéarique est purifié, fondu, coulé dans des moules dans Taxe desquels se trouve une mèche de coton. Les bougies sont démoulées, mises en paquets.
La distillation de la houille s'effectue dans des cornues de terre de forme allongée. Le gaz qui s'échappe, après purification, se rend dans des gazomètres d'où il est distribué par des canalisations souterraines*
§3. — Les Industries du Vêtement.
Les vêtements sont des sortes d'habitations à l'intérieur desquelles nous vivons en une indépendance relative des changements qui se produisent dans la température et l'état hygrométrique de l'atmosphère.
Notre premier besoin est de nous conserver la chaleur que nous créons incessamment. Les substances qui laissent le plus difficilement passer