‹ La Chimie dans l'industrie, dans la vie et dans la natureChapitre 15 sur 48 · LES INDUSTRIES DU VETEMENT · texte numérisé non relu

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nuance du rouge foncé à l'orange clair. Les jaunes, les bleus ne sont pas moins variés, enfin les verts font miroiter des tons pouvant rivaliser avec ceux de la malachite naturelle.

Mais avant de teindre une étoffe, il faut la débarrasser de tout principe colorant.

Autrefois, on abandonnait les tissus à l'action du soleil et de l'air humide en les étendant dans de vastes prairies pendant plusieurs semaines. C'est à l'action du chlore que Ton a désormais recours. Le chlore est, pour cela, employé en combinaison instable avec les alcalis : les hypochlorites alcalins, décolorants énergiques, constituent Peau de Javel et le chlorure de chaux. Grâce à des opérations répétées, à des lessivages renouvelés plusieurs fois dans des hypochlorilcs étendus, on arrive à donner aux tissus une teinte d'un blanc pur qui laissera tout son éclat à la couleur du bain de teinture.

Les fibres textiles de chanvre, de lin et de coton servent encore à la préparation du papier; elles sont réduites en une fine pulpe homogène et semi-liquide qu'un lent mouvement de translation fait passer entre des rouleaux qui l'étaient, la sèchent et la lissent.

Il y a loin de notre papier si commun, si utile et si répandu, au vieux parchemin d'autrefois, aux papyrus d'Egypte, aux briques d'Assyrie!

8o LA CHIMIE DE L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE

| 4- — Les Industries de V Ornementation.

Au jeu des couleurs produit par les tentures vient nécessairement s'ajouter le jeu des lumières dans les glaces et les cristaux, tandis que faïences et poteries viennent trancher par des notes différentes l'harmonie colorée qui se dégage de l'ensemble.

Les verres sont des milieux transparents, formés de silice, de soude et de potasse, d'alumine, de chaux.

On fond ensemble les matières premières dans des creusets fortement chauffés : le sable de Fontainebleau, la craie de Meudon, les potasses d'Amérique, le carbonate de soude finissent par former une pâte transparente, liquide au- rouge vif, et dont la constitution variera avec l'usage auquel on destine le verre que Ton prépare.

Dans la fabrication des bouteilles ou du verre à vitres, on prend à l'extrémité d'une canne creuse une large goutte de verre, que l'on souffle, que Ton étire et que l'on moule en une seule fois ou par une série de recuites successives.

De nos jours, on, obtient les glaces mécaniquement dans des appareils qui rappellent la machine à papier. La pâte de verre fondue passe entre une série de rouleaux qui l'aplatissent et

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l'aminoissent régulièrement tandis qu'à l'extrémité de l'appareil une glace sans fin s'allonge, sectionnée aux dimensions voulues; il ne restera plus qu'à recouvrir la face postérieure des fragments, préalablement polis, avec le tain de la glace, l'argenture, cause de la réflexion du miroir.

L'imitation des matières naturelles transparentes., telles que le cristal de roche ou le diamant) a conduit à la fabrication du cristal artificiel. On introduit alors dans la pâte de verre une certaine proportion dé plomb; la masse, refroidie et taillée, présente alors des feux comparables à ceux du diamant.

Le verre et le cristal étaient d'ailleurs connus déjà des anciens, mais leur antiquité est loin d'être aussi grande que celle des arts de la céramique.

C'est en Chine, dit-on, que les premières porcelaines furent fabriquées*

La poterie a dû se répandre parmi tous les peuples civilisés; elle a dû exister dès l'origine des villages humains.

Ce fut tout d'abord des terres cuites façonnées à la main, glaise grossièrement modelée que Ton portait ensuite dans des fours rudimentaires à des températures plus ou moins élevées.

C'est enoore bien la glaise que l'on emploie,

mais elle est façonnée sur un tour et le plus souvent vernie, lustrée ou émaillée.

Les faïences sont des terres déjà plus fines; mais surtout, la cuisson les a transformées en une pâte demi -transparente qui caractérisera non seulement la faïence, mais encore les grès.

Enfin, si la pâte d'origine est absolument blanche et pure, le produit obtenu est une porcelaine : la pâte est du kaolin.

Dans la cuisson des porcelaines, la chaleur a été suffisamment intense pour fluidifier en partie la masse de pâte et pour rendre l'objet translucide, sinon transparent.

Enfin, la porcelaine est le plus souvent enveloppée d'une couverte qui rend la surface encore plus lisse, plus brillante, plus continue.

| 5. — La Chimie de la Toilette.

La fabrication des parfums, des essences, des savons joue un très grand rôle dans notre civilisation raffinée.

Les savons proviennent encore des matières grasses saponifiées. Mis en présence de soude ou de potasse, les corps gras sont décomposés : la glycérine est mise en liberté, les acides gras se combinent avec l'alcali pour former des stéarates, des margarales, ou des oléates de soude

ou de potasse. Les savons de soude sont solides. les savons de potasse sont mous. On les teinte au moyen d'une couleur quelconque de houille, on les moule pour leur donner la forme de pains, on les parfume souvent, du moins, les savons de toilette, en les exposant dans une pièce dans laquelle s'évapore un parfum quelconque. Les matières grasses possèdent en effet à un haut degré la propriété d'absorber et de retenir les odeurs les plus diverses.

Un des meilleurs moyens d'extraction des parfums des pétales des fleurs consiste à abandonner ces pétales au contact d'une matière grasse disposée en couches minces.

Cet agent éliminé, il ne reste plus que l'essence de la fleur : essence de roses, essence de violettes, etc.

Les essences sont presque toutes plus légères que l'eau, aussi utilise-t-on cette propriété pour les séparer de ce dernier élément.

Les liquides imprégnés d'essence abandonnés à eux-mêmes dans un récipient spécial laissent déposer l'eau à la partie inférieure et l'essence surnage.Cette eau, d'ail leurs, est encore riche en parfums volatils. Si la fleur est celle de l'oranger, l'eau décantée dans le récipient constitue l'eau de fleur d'oranger.

On a d'ailleurs pu fabriquer artificiellement

la plupart des parfums naturels; l'ionone, par exemple, donne l'odeur de violette.

Les eaux de senteuiyles pommades, les vinaigres parfumés ne sont plus que des mélanges, de véritables essences adaptées à un usage particulier.

Enfin, les poudres de riz ne sont que des sels métalliques blancs très lourds doués d'un certain éclat, des sels de bismuth généralement,dont l'influence est aussi néfaste à la santé delà peau qu'à la beauté du visage.

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