‹ La Chimie dans l'industrie, dans la vie et dans la natureChapitre 17 sur 48 · RECHERCHE DES MEDICAMENTS · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES MEDICAMENTS

absorber aux patients des infusions de plantes, des poudres d'origine animale ou végétale, dont on avait reconnu l'efficacité. Cette médication chez les peuples primitifs fut toujours accompagnée de manœuvres bruyantes, d'incantations magiques qui frappaient l'esprit du malade et semblaient faire intervenir la Divinité dans la guérison.

Jusque au moyen-âge, la magie et la sorcellerie interviennent dans la pharmacopée. Contre le goitre, on préconisait l'éponge calcinée ou la cendre d'usnée humaine. Que de vertus n'a-ton pas, d'ailleurs, attribuées à ce lichen qui pousse sur les crânes humains abandonnés à l'air et que l'on allait récolter, à la nuit, sur la tête des pendus au gibet de Montfaucon 1

Parallèlement nous pourrions montrer les empoisonneurs employer, pour détruire leurs semblables, des moyens non moins diaboliques :

On calcine à minuit, dans un pot rouge, une grenouille avec des larmes de panthère et un trèfle à cinq feuilles ; on fait dissoudre la cendre dans du vinaigre et on y ajoute de l'arsenic et du sang humain.

On a attribué au poison des Médicis la préparation suivante : on prenait un porc ; on le tuait et on l'étalait sur une échelle, puis, à coups de poignard, on éventrait l'animal ; on saupoudrait

le tout d'arsenic. Sous le chaud soleil de l'Italie, la putréfaction ne tardait pas à se déclarer et on recueillait avec soin les liquides qui s'écoulaient.

Poisons, remèdes et médicaments, quelque entourés qu'ils soient de formules de magie, n'en étaient pas moins efficaces.. L'éponge calcinée guérissait du goître par l'iode qu'elle contenait.

Les poudres de succession contenaient de Far— senic et le poison des Médicis renfermait en outre les produits de la décomposition, dont la toxicité nous a été révélée de nos jours. A ces- formules empiriques, succéda l'application* du principe actif seul, aussi pur que possible.

Que de tâtonnements, cependant, pour arriver à l'application bienfaisante d'un médicament ! C'est ainsi qu'il a fallu presque dix^-huit siècles pour que l'on employât avec sûreté l'antimoine dans le traitement de nos maladies.

Dioscoride connaissait un minéral brunâtre, croôt, le stibium des Latins ;,il s'en servait pour des usages externes dans la cicatrisation des . plaies, pour les ulcérations des yeux, en même temps que les femmes de l'antiquité l'employaient pour peindre leurs sourcils.

Au moyen-âge, les Arabes, Avicène, par exemple, semblent l'avoir connu. Sous la Renaissance, son nom change ; il devient l'antimoine : Basile Valentin, un moine d'Erfurth, dont Texis-

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