‹ La Chimie dans l'industrie, dans la vie et dans la natureChapitre 18 sur 48 · RECHERCHE DES MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES MÉDICAMENTS

tence est plus qu'hypothétique, l'aurait découvert de nouveau. Après l'avoir administré à des porcs et avoir admiré son influence bienfaisante sur ces animaux, il l'ordonna aux moines de son monastère.

L'influence du nouveau remède fut alors des plus néfastes. Pour quelques-uns, elle fut mortelle. De là, paraît-il, le nom à 9 antimoine.

Cependant, Basile Valentin, de plus en plus enthousiasmé, écrivit un opuscule « Currus triomphalis antimonii », dans lequel l'antimoine était presque mis au rang de Télixir de longue vie.

Néanmoins, il spécifiait qu'il fallait débarrasser l'antimoine d'un certain venin qui le souillait fréquemment : ce venin ne serait-il pas l'arsenic, qui lui est si souvent associé?

Paracelse recommande l'antimoine dans une foule de maladies ; il prétendit que les Arabes l'appliquaient déjà dans le traitement du mal caduc (épilepsie).

L'antimoine eut alors ses partisans et ses détracteurs.

De i564 à la fin dû xvi e siècle, la lutte fut ardente et sans trêve. La Faculté de médecine de Paris ordonnança, en i566, que l'antimoine devait être proscrit, comme poison, de tout traitement médical. Le Parlement de Paris,

plus sage, spécifia que l'antimoine ne pouvait être délivré sans ordonnance du médecin.

On connaissait alors le régule d'antimoine ou métal pur, Pantimoine cru ou minerai d'antimoine, les oxysulfures d'antimoine, qui portaient les noms de safran des métaux, de crocus metallorum, l'antimoine diaphorétique, et surtout les vins antimoniés.

Les Allemands employaient plus spécialement pour cetle préparation les vins du Rhin, riches en tartre. Il se formait, en effet, un tarlrate de potasse antimonié, qui n'est autre chose que notre émétique moderne. Cet émétique, le tartre stibié, était cependant bien connu; il était même raillé : Gui Patin, prétendant qu'il envoyait les humains sur les rives du Styx, l'appelait « tartre slygié ». Mais Louis XIV enfant fut sauvé par Valot, au moyen de ce même émétique.

L'antimoine, depuis cette époque, bien étudié et bien connu, fut universellement appliqué. 11 y a quelques années, Broussais, encore, jeta un cri d'alarme, à la suite de complications qu'il avait observées après le traitement. C'est avec sûreté qu'on l'emploie désormais.

De nos jours, les causes des maladies, beaucoup mieux connues, permettent un tâtonnement bien moindre. De plus, une nouvelle médecine, fondée sur la microbiologie et sur l'étude

Page 1