PHÉNOMÈNES PHYSIQUES IO
siques : la matière qui a subi ces transformations temporaires n'a été nullement altérée ; son poids est resté invariable.
Au contraire, la barre de fer abandonnée à elle-même dans un air humide se recouvre de rouille. Cette transformation n'est plus réversible, le fer a augmenté de poids ; il a changé de forme et de constitution. Ce n'est plus du fer ; c'est un corps nouyeau, jouissant de propriétés bien différentes et provenant de la combinaison du métal avec des gaz atmosphériques : l'oxygène, l'acide carbonique, la vapeur d'eau; cette rouille est un carbonate de fer hydraté.
Le mercure est un métal liquide, opaque, blanc d'argent, lourd, extrêmement mobile : c'est l'eau des philosophes, le vif argent, des anciens alchimistes. Ce corps, chauffé à l'air, se recouvre d'une pellicule solide rouge formée par une poussière, longtemps appelée le précipité per se.
Lavoisier montra le premier que le mercure s'était combiné à l'oxygène de l'air et avait donné naissance à un oxyde de mercure, nouvelle combinaison chimique différant totalement des éléments qui l'ont formée : l'oxygène, gaz incolore, le mercure opaque et blanc.
Cet oxyde de mercure, porté à son tour à une température beaucoup plus élevée que la précédente, redonne du mercure, d'une part,
et de l'oxygène, qui se dégage. Il y a donc eu combinaison, puis décomposition. Il semble, au premier abord, que la décomposition ne soit qu'un phénomène de réversibilité du premier; il n'en est rien, la décomposition ne s'effectuant pas à la même température que la combinaison. Les combinaisons et les décompositions sont des phénomènes chimiques ; l'étude des lois qui président à ces combinaisons et à ces décompositions est l'étude de la chimie elle-même.
Nous pouvons pénétrer plus loin dans l'expression et dans la compréhension de la transformation intime de la matière, transformation qui constitue les phénomènes chimiques.
On triture dans un mortier du fer et du souffre extrêmement divisés ; on obtient ainsi une poudre à l'aspect homogène dans laquelle il sera impossible de distinguer les deux substances.
Examinées au microscope avec un grossissement suffisant, les particules des deux corps apparaîtront avec leur couleur et leur éclat particuliers ; enfin nous pourrons, en promenant un barreau aimanté dans celte poudre, enlever tout le fer et laisser tout le soufre ; le soufre et le fer seront mélangés et, dans ce mélange, ils entreront en telles proportions qu'il nous conviendra. Mais si nous versons de l'eau sur la poudre homogène de soufre en fleur et de li-