LES CORPS SIMPLES III
maille de fer, nous la verrons s'échauffer, émettre des vapeurs; la poussière grise fond et se transforme en une masse solide brun rouge, dans laquelle le microscope ne révèle plus ni fer ni soufre. La combinaison du fer et du soufre s'est donc effectuée, avec un dégagement de chaleur considérable. De plus, le mélange de soufre et de fer pouvait être effectué dans des proportions quelconques; la combinaison ne pourra s'effectuer que suivant un rapport déterminé.
La réaction chimique est donc toujours accompagnée par un changement des propriétés des corps réagissants, par une relation numérique entre leur poids et par un phénomène calorifique susceptible de mesure.
| 2. — Les Corps simples.
Lorsque Ton a essayé l'emploi de tous les agents physiques syr un même corps et qu'on n'a pu arriver par aucun procédé à le décomposer, on dit que ce corps est un élément simple. Evidemment, cette notion d'élément simple dépend de l'état de la science ; celle-ci, acquérant chaque jour de nouveaux procédés d'investigation, dédouble et sépare des corps qui autrefois furent considérés comme simples.
Bien des éléments sont cependant connus
depuis longtemps: les métaux, par exemple, l'or, l'argent, le cuivre, Tétain, le mercure remontent aux époques préhistoriques. Le soufre était connu des Romains, qui l'extrayaient des ponces de l'Etna ou du Vésuve.
Des corps plus récemment découverts reçurent des noms rappelant des propriétés chimiques ou physiques ayant spécialement attiré l'attention des savants qui les isolèrent.
L'hydrogène tire son nom de sa propriété fondamentale : il donne de l'eau, lorsqu'il se combine avec l'oxygène.
S8oç (judor), eau Yevao) (gennao), j'engendre.
h y oxygène fournit des acides b£6<j (oxus), acide Yevaw, (gennao), j'engendre.
Vazote n'entretient pas la vie
a a privatif.
Çoov (zoon), vie Le gaz chlore est vert
Xktùpla (chloros) jaune verdâtre.
Le brome est un liquide rouge, doué d'une odeur fétide et repoussante :
(Jpwjjtàç, (bromos), fétidité.
La vapeur de Y iode est violette lorôeç (iodes), violet.
LES CORPS SIMPLES Il3
De nos jours, les métaux nouvellement timbrés sont presque tous baptisés de noms de pays.
Lecocq de Boisbaudran dédia le gallium à la France. Winckler donna le nom de l'Allemagne au germanium.
Enfin Ramsay et Raylegh ont donné, à des gaz ou corps dont ils décelèrent la présence dans l'atmosphère, des noms rappelant les difficultés mêmes que Ton eut à vaincre pour les isolés, Néon, Xénon, Krypton, ou de leurs affinités chimiques, Argon.
Les éléments peuvent rentrer dans deux catégories ; d'une part, ils peuvent se combiner avec Foxygène et avec l'hydrogène pour former des éléments à saveur acre, des acides ; ces corps jouent le rôle de métalloïdes, généralement ternes et mauvais conducteurs de la chaleur.
Les métaux, au contraire, sont brillants, bons conducteurs; ils s'unissent à l'oxygène et à l'hydrogène pour former des corps à saveur alcaline, des bases. Bases et acides, en se combinant, formeront des sels.
Parmi les métalloïdes, nous trouvons des gaz, des liquides et des solides, des corps peu colorés, d'autres, d'un noir intense et, cependant, on a pu grouper tous ces éléments en familles de telle sorte que les propriétés chimiques semblent les mêmes, mais Jes corps sont cepen-
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dant différents par l'intensité de ses propriétés.
Le fluor, le chlore, le brome, l'iode se rencontrent dans la nature combinés à du potassium ou à du sodium ; pour le premier, surtout, à du calcium.
Les chlorures, bromures, iodures alcalins ont une même origine : ce sont les sels de Feau de mer; c'est donc des dépôts des marais salants que Ton extraira ces éléments.
Le fluorure de calcium constitue le spath fluor, \& fluorine. C'est une des gangues les plus répandues des filons métallifères.
Le fluor est un gaz jaune clair, le chlore est vert, le brome est un liquide rouge, à vapeurs rouges, l'iode, un solide noirà vapeurs violettes. Cette progression dans l'intensité des couleurs sera retrouvée chez tous les autres métalloïdes. Dans la famille voisine, l'oxygène, qui vient en tête de file, est incolore, le soufre est jaune clair, le sélénium est rouge et le tellure, qui termine la série est noir.
L'éclat qui n'existe pas chez les premiers termes ou du moins qui est simplement vitreux, comme l'éclat du soufre, devient franchement métallique pour l'iode, le tellure, et, dans les familles suivantes, pour l'arsenic, l'antimoine, le silicium .
Il y a donc là symétrie de propriétés et les
LÉS CORPS SIMPLES Il5
familles de métalloïdes sont vraiment des familles naturelles:
i° Fluor, Chlore, Brome, Iode;
2° Oxygène, Soufre, Sélénium, Tellure;
3° Azote, Phosphore, Arsenic, Antimoine;
4° Bore ;
5° Carbone, Silicium.
Les métaux, au contraire, n'ont pas un ensemble de propriétés comparables. Tel métal pourra se combiner avec un métalloïde pour donner un corps bien connu, tandis que son voisin ne le pourra plus, ou tout au moins, beaucoup plus difficilement. Cependant, nous pouvons encore caractériser les métaux alcalins : Lithium, Potassium, Sodium, etc., qui possèdent tous la propriété de se combiner avec l'oxygène, avec un dégagement de chaleur considérable ; ces oxydes, ainsi formés, combinés à l'eau, forment des hydrates, les alcalis : lithine, potasse, soude, jouissant des mêmes propriétés, tous caustiques, à saveur savonneuse. Ces corps, en un mot, sont des homologues. On les retrouvera dans l'eau de mer à l'état de chlorures, de bromures, d'iodures de potassium ou de sodium; dans les cendres des "plantes marines, on trouve du carbonate de sodium ; dans les cendres des plantes terrestres, on trouve le carbonate de potassium et celui de lithium.
Il6 LA CHIMIE DU LABORATOIRE
Le calcium, le baryum et le strontium vont encore être parents. La chaux, la strontiane, la baryte sont les alcalis de ces métaux. Les carbonates sont des minéraux très fréquents et très répandus, existant dans des conditions comparables.
Puis, si nous laissons de côté tous les élé" ments relativement rares que Ton rencontre dans la chimie du laboratoire, nous ne verrons plus que quelques ilôts d'éléments voisins : le magnésium avec le zinc et le cadmium ; le fer, le nickel et le cobalt avec peut-être le chrome et le manganèse ; nous en rapprocherons de très loin l'aluminium ;* rétain et le bismuth ont certaines ressemblances, mais si, par l'ensemble dé leurs propriétés, ils n'étaient pas tellement, bien « métaux », on pourrait mettre le bismuth avec l'antimoine et l'arsenic, et rétain avec le silicium.
Puis, le cuivre, le plomb, l'argent, le mercure vont servir de termes de passage jusqu'aux métaux précieux, or et platine. Tous sont homologues par leurs usages et leur valeur ; ils ne le sont pas par leurs propriétés.
| 3. — Les Combinaisons chimiques.
Ces corps mis en présence les uns des autres vont réagir tantôt avec violence, tantôt sans éclat.