‹ La Chimie dans l'industrie, dans la vie et dans la natureChapitre 40 sur 48 · NUTRITION DE L ANIMAL · texte numérisé non relu

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agents. Nous trouverons donc dans leur composition les mêmes élément actifs.

Salive, suc gastrique, suc pancréatique ou liquide intestinal contiennent des diastases, tout comme les liquides de culture de Yaspergillns niger ou de la levure de bière.

L'aliment est tout d'abord humecté par la salive ; s'il contient de l'amidon, il subira, grâce à une amylase,une hydratation partielle : il deviendra d\i la glucose. De Pempoi d'amidon en effet, conservé quelques instants dans la bouche, finit par donner une sensation sucrée ; c'est cette réaction qui se manifeste.

Le suc gastrique, sécrété par la partie la plus interne de la paroi stomacale, agit sur des corps d'une toute autre composition, les matières albuminoïdes : le blanc d'oeuf, la viande, la chair de poisson, *ont transformées par la diastase gastrique, la pepsine, en matières utilisables, les peptones.

Ce sont elles qui, dans l'organisme, subviendront aux pertes d'azote subies par le protoplasma.

A sa sortie de l'estomac, l'aliment pénètre dans un canal long, à peu près cylindrique, contourné un grand nombre de fois sur lui-même et mesurant ainsi une longueur considérable.

C'est l'intestin, dans lequel l'aliment non seules

ment complétera ses transformations, mais, encore, pénétrera dans la circulation générale de l'individu.

Dans la première partie de l'intestin grêle débouchent les canaux déversant les produits de sécrétion du pancréas et du foie. Le suc pancréatique est certainement l'élément fondamental de la digestion. Il contient un grand nombre de diastases et il agit par conséquent sur la plupart des principes immédiats que nous absorbons. Nous le voyons contenir une amylase qui va terminer la transformation de l'amidon, commencée par la salive. Il va compléter la peptonisation des matières albuminoïdes et cela d'une façon incomparablement plus énergique que le suc gastrique seul n'aurait pu le faire. Enfin, il digère simultanément avec la bile les matières grasses qui ont jusqu'à présent parcouru l'appareil digestif tout entier sans être modifiées ni par la salive, ni par le suc gastrique.

La bile et le suc pancréatique transforment les graisses mécaniquement et chimiquement. La bile émulsionne les graisses et le suc pancréatique les décompose.

L'émulsion d'un corps gras est un phénomène complexe qui consiste à transformer le corps liquide en une masse de globules infiniment petits, indépendants les uns des autres et

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cependant reliés ensemble par le milieu dans lequel ils sont en suspension. Le procédé le plus brutal pour obtenir une émulsion est certaine^ ment le battage.

Lorsque Ton soumet de l'huile à une agitation continue, on la transforme en une masse émulsionnée, opaque, homogène, que Ton a rendue généralement plus cohérente par l'addition de jaunes d'œufs : la sauce mayonnaise n'a pas d'autre origine.

Un autre moyen infiniment plus rapide d'émulsionner un corps gras est une agitation rapide avec quelques gouttes d'une décoction de bois de Panama. On obtient là encore une masse opaque et homogène. La Panamine renferme donc un ferment analogue à un des ferments biliaires.

Les graisses et les huiles en contact avec la bile sont transformées en un produit laiteux sur lequel le suc pancréatique va pouvoir exercer son action. Le suc pancréatique dédouble les matières grasses, c'est-à-dire les transforme en leurs deux éléments : glycérine et acides gras.

Les corps gras ne résultent-ils pas de la combinaison de ces deux éléments; la diastase détruisant cette combinaison, en effectue la saponification.

La bile n'agit pas seulement sur les graisses ;

elle agit sur la paroi de l'intestin ; elle provoque la chute des cellules les plus superficielles et, par conséquent, les plus vieilles tapissant le tube intestinal. De plus, cheminant avec les produits de la digestion, elle gêne par une sorte d'action antiseptique la putréfaction trop rapide des résidus alimentaires.

Enfin c'est un liquide d'excrétion, puisqu'une partie des produits biliaires est rejetée au dehors; quelques-uns de ses éléments seront au contraire réabsorbés dans le trajet intra-intestinal.

Le bol alimentaire n'a pas encore été complètement transformé, quand il arrive dans l'intestin grêle proprement dit. Le sucre de canne est en effet resté complètement inattaqué. Or, ce sucre de canne est absolument inutilisé par l'organisme. Lorsqu'on injecte dans les veines d'un animal un sirop sucré, il l'élimine immédiatement : ce sucre est inassimilable. L'organisme, doit l'hydrater pour le transformer en deux éléments plus simples, de la glucose, par exemple, qui ne représente plus que la moitié du sucre cristallisé. Cette transformation s'effectue sous l'influence d'une nouvelle diastase, la sucrase sécrétée par les glandes logées dans l'intérieur de la paroi du tube intestinal. La glucose, ainsi produite, ira s'ajouter à la glucose dérivant de la transformation de l'amidon sous l'action de la

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