CIRCULATION ET RESPIRATION I
moglobine. C'est elle qui assure les échanges gazeux entre l'être et l'atmosphère. Le plasma est formé surtout d'eau tenant en dissolution du sel marin, des sels organiques, des matières albuminoïdes et surtout un élément coagulable, sous l'action d'un ferment soluble. C'est à cette action qu'est due la formation du caillot : la fibrine, en se coagulant, forme un réseau solide et élastique enveloppant dans ses mailles les globules sanguins. Le sérum contiendra donc tout ce que contenait le plasma moins la fibrine. Les échanges gazeux nécessaires à la vie de l'individu s'effectuent dans des organes spéciaux, dans les poumons, chez l'homme et les animaux supérieurs ; dans les branchies, chez les poissons et les autres animaux aquatiques; dans les trachées, chez les "insectes.
L'hémoglobine des globules sanguins se combine avec l'oxygène de l'air mettant en liberté l'acide carbonique, provenant de la vie des différents organes. Le manque d'oxygène va donner lieu à des asphyxies. La présence de certains gaz, l'oxyde de carbone, par exemple, amènera la mort de l'hémoglobine et, par conséquent, la mort.
L'acide carbonique qui s'élimine est un déchet gazeux, unrésultat des combustions organiques.
| 3. — Les Phénomènes vitaux intracellulaires.
Le sang, dans lequel baignent les cellules de tous les organes, va leur apporter l'aliment élaboré par le tube digestif et l'oxygène absorbé par le poumon. La cellule va se servir de l'un et de l'autre pour son entretien et pour son fonctionnement; la cellule qui travaille, la fibre musculaire, quand elle produit un mouvement, la cellule cérébrale dans la pensée ou dans la réflexion, dépensent une certaine quantité de matières nutritives qu'elles transforment en énergie, grâce aux réactions chimiques qu'elles leur font effectuer; c'est le protoplasme cellulaire qui est la cause directe de ces réactions. Matières albuminoïdes, aliments hydrocarbonés sont transformés et brûlés : le carbone s'éliminera sous forme d'acide carbonique, l'hydrogène de vapeur d'eau, l'azote d'urée. Ces combustions développeront une quantité de chaleur telle qu'elle maintient la température du corps à un degré assez élevé.
La cellule de l'organisme supérieur aura, comme la cellule microbienne, une vie qui dépendra en grande partie du milieu extérieur.
Supposons que, pour une raison quelconque,
LES PHÉNOMÈNES VITAUX INÎRÀ-CELLULÀIRES !*]§
ce milieu soit troublé, qu'un poison introduit vienne gêner leur existence; l'organisme tentera de réagir et produira, pour ainsi dire, le contrepoison. C'est l'histoire des découvertes actuelles faites dans le domaine de la thérapeutique physiologique .
Autrefois, les maladies contagieuses étaient supposées transmises d'individu à individu par des miasmes volatils, par des virus mystérieux, par des contages dont la nature était des plus problématiques. En 1 855, un médecin, Davenne, trouve dans le sang des êtres atteints du charbon de petits bâtonnets allongés qui étaient toujours concomitants avec les manifestations de la maladie.
Le sang d'un animal contaminé, introduit, même en très faible quantité, dans un être indemne, amène chez celui-ci les phénomènes de la maladie en même temps que, dans le sang, prolifère et se développe le petit bâtonnet observé chez le premier sujet. Davenne venait de trouver la bactéridie charbonneuse. En même temps, Pasteur observait des phénomènes analogues dans la fermentation lactique. Les découvertes de Davenne et Pasteur avaient fondé la microbiologie. En i888,Ch.Richetet J.Héricourt démontrèrent les premiers que le sang d'un animal réfractaire ou immunisé confère l'état d'im-
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munité. C'était l'hématothérapie qui est devenue célèbre sous le nom de sérothérapie; Ch. Richet et J. Héricourt avaient trouvé que si Ton injecte à un animal le sang d'un autre animal réfractaire à une maladie on permettait à l'animal en expérience de résister à la maladie.
Depuis, Bouchard et Gharrin montrèrent qu'au lieu de sang on pouvait injecter le sérum; Ogata et Jasuhara trouvaient que les sérums pouvaient même provoquer la guérison après injection.
C'était la sérothérapie qui était complètement fondée.
Depuis, Behring et Kitasato ont appliqué aux traitements de la diphtérie et du tétanos la sérothérapie de Ch. Richet, qui venait compléter l'œuvre de Pasteur.
La lutte pour la vie existe aussi bien entre les éléments cellulaires qu'entre les êtres. Lorsque le microbe, infestant l'organisme, a sécrété son poison, la toxine, dont les conséquences sont les manifestations pathologiques, l'organisme sécrète l'antitoxine qui lui permettra de lutter victorieusement. Cette antitoxine existe dans le sérum du sang; c'est donc le remède produit par un organisme que l'on injecte au malade dans la sérothérapie.
Lessérumspeuvent d'ailleurs être préservatifs, ou curatifs :
LES excrétions 181
Le tétanos est produit par un microbe existant dans le sol, pénétrant dans l'organisme par une écorchure ou une lésion de l'épiderme, restant localisé au point contaminé, mais sécrétant dans l'organisme une toxine, la toxine tétanique, qui va déterminer des phénomènes de contraction musculaire. L'injection d'un sérum antitétanique ne pourra faire cesser cette contraction et ne pourra, par conséquent, pas arrêter la maladie.
Si, au contraire, on a injecté avant les premières manifestations toxiques un sérum antimicrobien, on empêchera le microbe de se développer dans des conditions favorables à la production de la toxine; le sérum, dans ce cas, est préservatif; le sérum antidiphtéritique était curatif.
| 4- — Les Excrétions.
Ce que la cellule a rejeté dans le sang, le sang le rejette au dehors, en passant à travers des sortes de filtres : les reins ou les glandes sudoripares.
Dans les reins, transsuderont les matériaux azotés rejetés par l'organisme : l'urée, l'acide urique, la créatine, etc.
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La sueur éliminera de son côté des produits absolument analogues, mais elle aura aussi le rôle de servir à l'équilibre de température entre l'organismeet l'extérieur par une transpiration plus ou moins abondante. Par l'évaporation de la sueur, ou abaissera le degré de chaleur et le corps se refroidira mécaniquement par un simple réflexe.
Toute lésion organique va se répercuter sur la nature des excrétions, et l'analyse chimique des urines sera d'un grand point et d'une aide considérable dans le diagnostic des maladies.
Les urines contiennent des toxiques plus ou moins violents; l'organisme les élimine en raison de leur rôle néfaste ; si les organes excréteurs fonctionnent mal il se produira une autointoxication. Le dosage de la toxicité urinaire donnera donc des notions exactes sur l'état du filtre rénal. Comme la chimie a été impuissante jusqu'à ce jour à isoler et-à déterminer la presque totalité des poisons organiques contenus dans les liquides d'excrétions, on en est réduit à doser la toxicité urinaire totale, en déterminant la quantité de liquide nécessaire pour tuer un lapin du poids d'un kilogramme.
Les urines peuvent contenir des corps anormaux, tels que du sucre ou de l'albumine. La présence de ces éléments conduira le médecin à
LA BIOLOGIE DE LA PLANTE l83
un diagnostic sûr et à une thérapeutique non moins exacte.
La chimie delà vie est donc la base de la physiologie et de la médecine; ce n'est que parl'étude approfondie de tous les actes dont notre organisme est le siège que Ton peut concevoir la raison de ces actes et les causes qui en détermineront un fonctionnement anormal ou même un arrêt.
| 5. — La Biologie de la Plante.
La plante possède des organes aériens et des organes terrestres. Par les uns, elle puisera dans le sol les matériaux solides, les sels nécessaires à sa vie. Par les feuilles et les fleurs, elle absorbera l'oxygène et l'acide carbonique de l'air, assimilera le carbone de ce dernier, rejettera les éléments d'excrétion, tels que les parfums.
La terre végétale sera donc le réservoir qui contient toutes les matières solides et liquides dont se nourrissent les êtres vivants, les plantes directement, les animaux d'une façon indirecte. C'est Tépiderme du globe qui, malgré sa très faible épaisseur, est la partie la plus importante des couches terrestres superficielles. Elle résulte du mélange de débris extrêmement
ténus, provenant de la décomposition et de la trituration des roches avec des restes organiques, dérivant des végétaux. Elle se forme tous les jours, aux dépens des masses minérales solides par l'action des agents érosifs. Elle est donc extrêmement complexe et chacun de ses éléments va jouer un rôle dans la vie des êtres ; si l'un d'entre eux manque, les plantes semées à la surface du sol dépériront et s'étioleront. L'engrais sera la matière jetée à la surface du champ qui viendra compléter et rendre fertile le sol à cultiver.
Il viendra aussi, après des années de culture, remplacer ce que les végétaux précédemment moissonnés auront emporté.
Les superphosphates que l'on obtient en traitant les os par l'acide sulfurique donnent au sol le phosphore, le soufre et la chaux qui peuvent lui manquer. La plante, par sa racine, absorbe l'eau et, en même temps, entraîne les sels minéraux et les matières organiques qui lui fourniront l'azote. La sève ainsi produite s'élève par les canaux de la tige, arrive jusqu'aux feuilles où elle s'élabore.
Là, en effet, des échanges intenses de gaz se produisent. Les feuilles vertes possèdent dans leurs tissus une matière colorante, la chlorophylle, qui jouit de la propriété d'absorber, à la lumière solaire, et de décomposer l'acide car-
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bonique atmosphérique. Le carbone reste dans les tissus, l'oxygène se dégage; en même temps toute la plante respire et le phénomène inverse se produit donc simultanément : absorption d'oxygène, exhalaison d'acide carbonique.
Dans l'obscurité, la fonction chlorophyllienne ne peut s'accomplir et la respiration seule s'effectue, remplissant l'atmosphère de son produit d'élimination : l'acide carbonique. Une plante joue donc la nuit un rôle analogue à celui d'un animal. Le j.our, au contraire , grâce à l'intensité de la fonction chlorophyllienne, il y a un dégagement considérable d'oxygène; les plantes, dans la journée, vivifient donc l'atmosphère.
La sève s'empare du carbone ainsi produit ; elle brûle au contact de l'oxygène les matériaux qu'elle élabore, et la sève, devenue ainsi apte à la formation des tissus, se rend vers les points de la plante qui s'accroissent, qui se développent, qui se défendent ou dans lesquels s'accumulent les éléments de réserve.
Les cellules, en vivant, vont rejeter des matériaux d'excrétion. Parfois, elles les accumuleront dans certaines d'entre elles; d'autres fois, elles les rejetteront dans l'atmosphère. Les parfums, matières d'élimination provenant de la vie des cellules, sont rejetés au dehors et dégagent dans l'atmosphère leur odeur plus ou moins péné-
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trante. Les réserves forment dans le végétal des parties fondamentales; les graines accumulent, dans leurs cellules, l'amidon et le gluten. La datte s'entoure d'une enveloppe de cellulose ; l'amidon se trouve encore dans le tubercule de la pomme de terre, dans celui du dahlia; le sucre est l'aliment de réserve de la betterave, de la canne à sucre, et, en général, de toute plante saccharifère. Lorsque la graine germe, lorsque la plante se trouve dans des conditions défavorables, lorsque l'aliment vient à lui manquer, elle digère ses propres tissus. De véritables sucs digestifs des diastases comparables à celles sécrétées par les animaux vont permettre à l'être vivant de traverser victorieusement une époque difficile ou de se développer en l'absence même de tout aliment. Lorsque toutes les matières de réserve sont détruites par cette autodigestion, la plante s'arrête, végète et meurt. Plante ou animal, c'est donc toujours le même cycle qui s'accomplit; chaque individu qui se rattache à l'un ou à l'autre de ces règnes de la nature naît d'un être semblable à lui-même; il se développe, grâce à l'énergie fournie par les réactions qui se passent en lui-même, il s'étiole et meurt, quand cette énergie n'est plus suffisante à maintenir en parfait état tous les éléments de son organisme.