RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CREE
Appliquée à l'énergie, et à la matière elle forme la base solide et ferme sur laquelle s'appuient toutes les sciences d'observation.
Dans le cycle entier de réactions et de transformations que peuvent parcourir les parties élémentaires d'un corps, pas une seule d'entre elles ne peut s'anéantir et toute l'énergie mise enjeu, sous quelque forme que ce soit, chaleur, électricité, lumière, affinité chimique, se retrouve intégralement.
Matière et énergie : ce sont deux notions premières que Ton ne peut séparer, et dont on ne connaît guère que le lien; l'énergie est ce qui agit sur la matière.
Les lois qui résultent de celte action sont en
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outre bien connues; tous les phénomènes qui se produisent dans l'espace sont dus aux manifestations de l'énergie, toutes les forces auxquelles les corps sont soumis en sont des formes différentes, susceptibles de se transformer les unes dans les autres en produisant du mouvement, de la chaleur ou de la lumière.
Les définitions de la matière et de l'énergie, prises isolément, semblent impossibles; l'une complètel'autre et la fait mieux comprendre. La notion de matière est même singulièrement élargie; ce n'est plus seulement la substance de tous les objets qui viennent impressionner notre toucher; ce n'est plus seulement la matière pondérale, obéissant aux principes de l'attraction universelle, nous pourrons la définir : « tout ce qui obéit aux différentes manifestations de l'énergie. » Un nouvel élément entre donc en jeu, Yéther, élément sur lequel agissent la chaleur, la lumière, l'électricité et qui, cependant, n'est pas soumis aux lois de la pesanteur : cette matière impondérable joue vis-à-vis des ondes calorifique ou lumineuse le même rôle que l'air vis-à-vis des ondes sonores. Elle leur sert de véhicule ; elle transmet, en un mot, leurs manifestations. Les propriétés de cet éther, qui remplirait aussi bien les espaces interplanétaires que les vides laissés entre les parties élémen-
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taires d'un même corps, suffisent pour expliquer un très grand nombre des phénomènes de la nature.
L'espace tout entier serait donc rempli de ce fluide impondérable, n'offrant, en vertu même de cette propriété, aucune résistance aux mouvements des corps pesants. Chaleur, électricité, lumière ne sont que des modes différents du mouvement de ces molécules, mouvement susceptible d'impressionner nos sens et, par conséquent, de nous mettre en relation avec le monde extérieur, en nous faisant ressentir les influences du chaud et du froid, de la lumière et de l'obscurité. Peut-être même peut-on encore leur attribuer l'affinité chimique et les caractères spécifiques des corps.
Nous pouvons donc considérer un système matériel comme constitué par l'agglomération des molécules élémentaires, formant une sorte de réseau très lâche dont les mailles seraient remplies par l'éther lui-même. Les molécules matérielles auraient d'ailleurs des dimensions extrêmement faibles.
Imaginant une goutte^ d'eau qui se dilaterait jusqu'à occuper le volume du globe terrestre et supposant que les molécules grandiraient dans la même proportion, Sir William Thomson suppose qu'elles ne seraient guère devenues
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plus grosses qu'un grain de plomb de chasse ordinaire.
Nous ne savons donc rien ou presque rien sur les formes de ces particules infiniment petites. On en conçoit la nécessité, comme on conçoit celle de ^infiniment grand.
Ces molécules, loin d'être fixes, doivent être douées de mouvements rapides, mouvements qui varient, suivant les conditions de température, de pression, de milieu dans lesquelles elles sont placées. Ces mouvements ne changent rien l'état d'équilibre des corps, une action quelconque d'une des particules intégrante entraînant de la part de toutes les autres une action équivalente en sens inverse qui en détruit nécessairement l'effet dans une masse fixe et invariable.
Les propriétés inhérentes à la matière vont être celles de toutes les molécules; propriétés qui leur seront communes, quel que soit le corps auquel elles appartiennent, quels que soient les mouvements qu'elles accomplissent : ce sont toutes des volumes matériels, c'est-à-dire des volumes impénétrables; elles possèdent trois dimensions : longueur, hauteur et largeur; et, dans l'espace occupé par l'une d'elles, il sera impossible d'en plajer une seconde. Cette impénétrabilité les différencie profondément de tou*