ADAPTATION DES ENGRAIS AUX CULTURES
par contre elles y trouvent assez de potasse ainsi que les autres éléments nutritifs, qui leur sont nécessaires. Il suffit donc, pour obtenir une moisson abondante, d'apporter un ou deux des éléments essentiels. On peut aussi avoir, seulement avec du nitrate de soude, de très belles récoltes de betteraves fourragères ; des superphosphates sont parfois susceptibles, à eux seuls de donner de très beaux rendements de navets et les sels potassiques peuvent suffire pour les pâturages et les champs de trèfle.
Cet engraissement spécial n'épuise pas le sol quand on suit un assolement judicieux. Ainsi, quand on emploie Gun superphosphate pour les navets, des sels potassiques pour les herbages, et de l’engrais azoté pour les céréales, les éléments nutritifs les plus importants que contient le sol, n'auront pas diminué à la fin de la rotation. (On aura en même temps obtenu le résultat le plus économique, parce que les engrais auront été repartis entre les diverses récoltes, de façon à produire les rendements les plus remunérateurs,
IT est possible de cultiver avec bénéfice, en vendant tous les produits de l'exploitation, et sans emploi
de fumier, si l'on adopte un système de rotation et l’engrasssensent spéeial, d'après les pritiéipes qui viennent d'être établis ; il faut pour cels, bien entendu,
qu'on puisse se procurer les engrajé artificiels à bon narché. Dans la plupart des cas, Cépendant, ces en-
crais spéciaux ne devront être employés qu'à titre de supplément au fumier d'étable, Si l'on procède ainsi, il sera prééerable, au pomt de vue chimique, d'appliquer le fumier d'étable aux plantes qui réclament beaucoup de
potasse où qui exigent une restitution complète, telles que l’herbe, les pelouses artificielles, les navets et les pommes de terre.
Le but des engrais artificiels étant d'apporter au sol ceux des éléments qui y font défaut, il est de l'intérêt du cultivateur de constater par des essais pratiques l'augmentation de rendement que lui procurera tel ou tel engrais du commerce. Des exp ‘riences judicieusement faites peuvent seules lui ‘aire connaître les éléments à apporter suivant les besoins du sol et de chaque recolte Aïnsi devra-t-il épandre du superphosphate avec du nitrate de soude pour la culture du froment ? Quelle sera la dose de nitrate la plus avantageuse ? Le superphosphate seul suffit-il, ou bien faudrat-il encore se servir de guano ou de nitrate ? Quelle sera la quantité minimum de superphosphate nécessaire pour produire un bon rendement. En employant des sels potassiques pour la culture des fourrages, des pâturages et des pommes de terre, obliendra-t-onun rendeinenb üssuz tichie pour en compenser les frais ?
Ces questions et nombre d'autres ne peuvent être résolues qu'au moyen d'expériences faites sur les terres qu'on cultive. Et ce sont les résuitats de ces ex périences qui fixeront le fermier sur l'avantage qu’il peut avoir d'user des engrais commerciaux, dont on se sert trop souvent sans reflexion.
Influence du climat et de la saison. — Les conditions atmosphériques exercent sur les récoltes une influence beaucoup plus grarde que l’engrais. Les véoétaux contiemnent beaueeup d'eau ; c'est par son intermédiaire qu'ils puisent dans le sol leur nourriture
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et, chaque jour, les plantes abandonnent par évaporation une grande quantité d’eau, On comprend dès lors combien il est nécessaire que le sol possède une humidité suffisante. D'autre part, dans une terre trop humide, les racines ne peuvent se développer, et les nitrates et les autres éléments solubles sont entraînés par les eaux de drainage.
Les plantes à racines profondes résistent le mieux à la sécheresse ; telles sont le froment, letrèfle rouge, la luzerne, le sainfoin et les betteraves ; ce sont les plantes à racines superficielles, comme l’herbe ordinaire et certains navets qui en souffrent le plus.
Le carbone est l'élément principal de toute matière végétale. Les plantes absorkent le carbone de l'atmosphère, comme nous l'avons dit ailleurs, sous l'influence de la lumière ; et il faut pour le rendre assimilable ainsi que pour toutes les autres réactions chimiques qui ont lieu dans les plantes une certaine température. La lumière et la chaleur sont nécessaires à la vie végétation. La moisson est toujours tardive par les temps froids et sombres, la végétation se faisant plus lentement qu'en temps ordinaire. Quand, en certains étés, il fait très froid et que le ciel est presque toujours couvert, la saison toute entière n’est pas assez longue pour que les récoltes deviennent complètement mûres, et par suite, les graines n'atteignent pas tout leur développement. Il est donc avantageux de semer de bonne heure, afin de rendre aussi longue que possible la durée de la période végétative.
Le degré de maturité d’une récolte dépendant de la saison, les conditions atmosphériques ont néces-
sairement une grande influence sur la composition et la qualité du produit ; Ainsi, il faut une saison propice pour avoir une bonne récolte d'orge de brasserie, riche en amidon ; si la plante n’est pas arrivée à parfaite maturité, soit à cause d’un temps froid, humide, soit à cause d’une excessive sévheresse, il donnera toujours un grain pauvre en amidon et relativement riche en matières albuminoïdes. On trouvera plus loin des détails complémentaires sur l'effet que la saison produit sur les récoltes.
Les récoltes, pour leur parfaite maturation, demandent des climats plus ou moins différents ; 1! est donc très utile de connaître le climat que chaque plante exige, pour choisir les récoltes convenant le mieux à chaque région, Ainsi, le froment aime une atmosphère chaude et sèche, tandis que l’avoine préfère une atmosphère humide. Les betteraves croissent bien à Ja chaleur et résistent longtemps à la sécheresse ; les navets au contraire, préfèrent un air humide et froid. C’est ainsi que le climat de l'Ecosse convient très bien à l’avoine et aux navets, tandis que le froment et les betteraves réussissent mieux dans le Sud-Est de l’Angleterre.
Pendant une saison défavorable, les plantes croitront mieux dans un sol riche en éléments nutritifs, parce que, ayant plus de vitalité,elles sont plus en état de tirer profit des intervalles de beau temps qui peuvent arriver. Les sols pauvres produisent plus, pendant une saison de croissance lente mais continue, parce que la période est plus longue pendant laquelle la plante peut utiliser la maigre nourriture à sa dispo-
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