‹ La chimie de la ferme [microforme]Chapitre 49 sur 87 · JACHÈRE NUE · texte numérisé non relu

JACHÈRE NUE

Jachère nue.—Ta préparation du sol culture du blé par la méthoue des jachères nues, remonte à des temps très reculés. On laboure le sol et on l’expose pendant toute une année, aux influences atmosphériques pour l’ensemencer ensuite avec du froment. Appliqué à une terre argileuse, ce système aura pour effets: —1. Un ameublissement plus complet du sol. 2. La désagrégation de silicates minéraux et, partant, la miseen liberté d’une certaine quantité de potasse et autres éléments minéraux rendus assimilables pour la végétation. 3. L'absorption par le sol de l’'ammoniaque de l'atmosphère. 4. L'oxydation de l’ammoniaque et des résidus végétaux et animaux du sol et, par suite, la formation d'acides carbonique et nitrique.

Cette production d'acide nitrique est peut-être le plus important résultat de la jachère nue, On a trouvé, à Rothamsted, à la fin de l’été, dans des terres ordinaires laissées en jachère nue, 34—55 Ibs d’azote, par acre sous forme d'acide nitrique (ce qui équivaut à 218—352 lbs de nitrate de soude). Cet acide était emmagasiné dans la couche supérieure, jusqu'à une profondeur de 20 pouces. La quantité d'acide dépend de la richesse du sol en matitres azotées et de la nature de la saison. On a constaté, à Rothamsted, que la quantité totale de nitrates accumulés dans des terres arables ordinaires, et en jachère nue pendant 15 mois, g'élevait au moins à 80 Ibs. d'azote par acre.

Si, dans le cours de l'année de jachère, le temps a été beau et s’il a fait sec pendant l'automne et l'hiver suivant, il peut s'accumuler dans le sol assez de matières azotées assimilables, pour donner des récoltes

doubles de celles qu'aurait produites la terre sans la jachère. Cependant, s’il se produit des périodes de fortes pluies, les nitrates sont entraînés en plus ou moins grande quantité par les eaux, et les avantages qu. donne la jachère, sont considérablement diminués.

On a fait des expériences à Rothamsted, sur une couche de terre épaisse de cinq pieds. On l'a laissée inculte pendant 24 ans, sans y apporter aucun engrais, mais dans un état de stricte propreté. Pendant les 17 dernières années, cette terre avait perdu, par acre et par an, par suite des pluies, de 22 à 47 1bs d'azote sous forme de nitrates. La jachère nue n’est avantageuse que pour des sols argileux, situéssous un climat suffisamment sec ; dans toutes autres circonstances, les pertes d'azote qu'elle amène sont trop grandes.

Récoltes en vert.—La culture des plantes pour être utilisées vertes est le meilleur moyen de préparer le sol à la culture des céréales. Ou bien ces

plantes sont enfouies par un labour ; elles constituent

alors un engrais vert. Ou bien on les fait pâturer sur place par le bétail. Ou bien enfin, elles sont fauchées pour être consommées À l’étable, et, dans ce cas, le fumier qu’elles fournissent retourne à la terre.

Le but que l’on se propose dans les trois méthodes est de rendre au sol tous les éléments de la récolte ; la consommation sur champ par la pâture, et la transformation en engrais à l’étable sont les deux procédés les moins parfaits à cause des pertes qui se produisent dans le fumier.

Prenons, comme exemple, une prairie ou un champ

de trèfle qu’on laboure et qu’on sème de céréales après l'espace de trois ans. [Le sol étant constamment couvert de végétation, il n’y artra qu’une perte minimum d’acide nitrique. Si l'herbe est broutée, le sol superficiel, au bout de trois ans, sera devenu très riche en éléments minéraux et en azote, les premiers ayant été absorbés dans le sous-sol, par les racines des plantes et étant ensuite rendus au sol par les déjections animales. Le dernier élément (l'azote) comprend tout ce qu'ont fourni l'atmosphère et le sous-sol pendant trois ans, sauf ce qui a été emporté par les eaux de draiuage ou assimilé par le bétail, L’azote accumulé se retrouve principalement dans les racires de l'herbe, les tiges et l’humus. Quand on laboure un tel sol, la matière végétale et l’humus s’oxydent et émettent leur azote sous forme d'acide nitrique.

Les avantages de ce mode de culture sont de beaucoup supérieurs à ceux de la jachère nue:—10 la terre est utilement exploitée puisqu'elle produit de la nourriture pour les animaux. 20 Les éléments minéraux et les nitrates emmagasinés dans le sous-sol sont ramenés à la surface. 30 Les plantes absorbent de l'azote aussi bien dans l'atmosphère que dans le sol; ceci a surtout lieu avec des légumineuses. 40 L'azote est conservé à l’état insoluble, sous forme de substance . végétale; et au lieu d’être entraîné par les eaux, il s'accumule dans la couche arable, en quantité beaucoup plus grande qu'avec la jachère nue. 50 Enfin, il se forme une forte proportion d’humus dont nous avons déjà expliqué l’action bienfaisante,

Les terres arables à Rothamsted, tonverties en

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