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prairies permanentes, peuvent être citées comme un exemple de l'emmagasinage de l'azote dans le sol proprement dit. L'asote s’y est accumulé pendant 33 ans à raison de 52 Ibs par acre et par an. Cesterres avaient été régulièrement fumées avec du fumier d’étable et des engrais commerciaux. Eu égard à la quantité de foin, récolté, on ne pourrait sérieusement prétendre que cet énorme apport d’azote a été produit par les engrais; il faut nécessairement admettre qu’il est dérivé de l’atmosphère.
Les légumineuses possèdent, comme nous l'avons déjà dit, le pouvoir spécial d’absorber l'azote de l’atmosphère par les tubercules de leurs racines: elles jouent à cause de cela un rôle très important dans la rotation. Si une récolte de trèfle est bonne, l'apport d'azote dans la couche arable par les racines et les débris de tiges et de feuilles est considérable, La proportion en est si grande que la totalité du trèfle ayant été enlevée en fourrage, le sol reste encore grandement enrichi de principes azotés et dans d’excellentes conditions pour produire une récolte de blé.
La culture des légumineuses est le meilleur moyen à la disposition du fermier, pour enrichir sa terre d'azote,
Il y a parfois avantage à enfouir les plantes vertes plutôt que de les faire consommer sur champ par le bétail : si on l’enfouit, la totalité de la récolte retourne au sol, tandis que par la pâture, une petite portion d'azote et d'éléments minéraux est emportée par les animaux,
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Toutefois, le principal avantage des engrais verts consiste dans là grande quantité d'humus qu’ils apportent au sol ; tout le carbone absorbé dans l’atmosphère par les plantes est également incorporé dans le sol au lieu d’étre consommé par le bétail. Les terres auxquelles les engrais verts conviennent le mieux, sont
les terres sablonneuses, qui ont besoin d’humus pour
augmenter leur pouvoir rétentif. Cette méthode est beaucoup usitée dans les pays chauds pour fertiliser les terrains stériles. :
Maintenant que nous avons indiqué les avantages généraux qui résultent de l'alternance des cultures vertes avec les céréales, examinons les conditions à remplir par les différentes récoltes, pour la place à leur faire occuper dans la rotation.
Caractères distinctifs des plantes cultivées. — Les plantes cultivées présentent pendant les différentes périodes de leur végétation, certains caractères distinctifs dont il faut tenir compte sous le rapport de la quantité d'azote dont le sol doit être pourvu. Ainsi, les conditions danslesquellessetrouventles céréales pour assimiler l’azote du sol sont très défavorables, parce que l'époque de végétation active commence au printemps et finit à la floraison. La majeure partie des nitrates du sol ont été emportés fréquemment par les pluies de l’automne et de l’hiver de sorte que, quand les céréales reprennent leur végétation, elles ne trouvent pas, dans la terre, une quantité suffisante de nitrates ; d’un autre côté, la croissance des céréales est trop avancée durant l'été, quand la nitrification a recommencé à se faire
dans le sol ;elles ne sont donc plus capables d’assimiler les nouvelles formations de nitrate.
Donc, un terrain qui porte successivement plusieurs récoltes de céréales, devient très pauvre en azote, à cause des pertes occ&sionnées par le drainage des pluies en automne et en hiver, et par suite des besoins de chaque récolte. Il faudra donc avoir recours aux engrais azotés pour mainterir la fertilité des sols ayant porté des céréales. Le maïs, grâce à sa végétation plus tardive est mieux à même de trouver dans le sol l'azote qui lui est nécessaire. (!)
Les plantes racines se trouvent dans des conditions toutes autres que les céréales. Semées au commencement de l'été, elles peuvent disposer de tout l'azote assimilable que les céréales n’ont pu utiliser, ainsi que de la grande quantité de nitrates formés peudant la belle saison et au commencement del’automne. Done, les plantes-racinesassimilent une crande partie des nitrates qui se perdent par drainage pendant une culture de céréales et demandent, par conséquent, moins d'engrais azoté que ces dernières. Si les racines sont consommées sur place, les nitrates absorbés par les récoltes seront rendus au sol sous forme d’engrais animal et la terre se trouvera ainsi toutepréparée pouruneculture de céréales. Il en est de même pour nombre d’autres plantes vertes
dont la végétation active se prolonge jusqu’en automne.
(1) Ceci se rapporte aux semailles d'automne. Îl n’y a donc pas lieu d'en tenir compte en Canada où les semailles ont lieu au printemps,
Le mode de développement des racines a aussi une grande influence pour les diverses cultures. Les plantes à racines profondes comme la luzerne, le sainfoin, le trèfle rouge, la navette et, parmi les céréales, le blé et le seigle, puisent leurs aliments surtout dans le sous-sol, Elles s'approprient aussi les éléments minéraux plus facilement que les plantes à racines superficielles, telles que le trèfle blanc, les pommes de terre, les navets et l'orge. 11 résulte de ces faits que le superphosphate constitue un engrais très puissant pour les trois dernières cultures et qu’il n’est pas tout à fait indispensable aux betteraves et au froment. L'introduction dans la rotation de plantes à racines rrofondes a donc pour effet de faire contribuer le sous-sol à la fertilité générale. D’un autre côté, les plantes à racines superficielles possèdent, en général, le pouvoir spécial de s’assimiler la nourriture accumulée à la surface du sol. Sous ce rapport, elles sont d’une grande utilité, surtout dans le cas où l’on fait suivre d’une culture d'orge, une culture de navets consommés sur place.
Le pouvoir que possèdent les végétaux d’absorber les diverses formes de nourriture, n’est pas encore suffisamment connu. Cependant, il est reconnu que ce pouvoir est très différent dans les diverses plantes cultivées et c’est sur ce pouvoir que reposent les raisons économiques de la rotation. La distinction la plus marquée, quant au mode de nutrition, devient évidente dans la manière dont se comportent les plantes vis-à-vis de la silice. Les graminées, céréales et herbes, ont la propriété d’assimiler certains silicates, tandis que d’autres plantes en sont dépourvues. Il résulte de
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là, que l'alternance des céréales avec une récolte se comportant autrement peut être profitable aux deux cultures, chacune d'elles subsistant, dans une certaine mesure, d'éléments nutritifs différents. D'autre part, il est reconnu que les légumineuses peuvent assimiler beaucoup plus d'azote que les céréales ; elles puisent cet azote probablement à une autre source. Si l’on cultive des fèveroles et du froment d'hiver sur un même sol non fumé, les premières contiendront à peu près deux fois autant d'azote que le blé, Les fèveroles n’ont cependant pas appauvri le sol pour une culture de froment, car si l’on sème du froment sur une terre qui a porté des fèveroles, la récolte est beaucrup plus abondante qu’elle ne l’est dans le cas où l’on fait succéder une :colte de froment à une autre de froment. Ces exemples témoignent hautement en faveur Au système de rotation.
Le tableau que nous donnons plus loin établit les quantités de nourriture exigées par les plantes et démontre la nécessité des rotations. On verra par ce tableau, par exemple, que les céréales n’exigent que peu de potasse et peu de chaux, tandis que les plantes racines, les fèveroles et les trèfles, en demandent des quantités considérablement plus grandes. Donc, en cultivant alternativement ces deux classes de plantes, la potasse et la chaux n'étant assimilées en grande quantité que tous les deux ans, les ressources du sol sont moins épuisées.
Un système de rotation judicieusement appliqué donne un résultat maximum de produits avec une quantité minimum d'engrais. Il faut, pour arriver à ce:
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résultat, tenir rigoureusement compte des propriétés de chaqus plante.
Pertes que le sol subit pendant la rotation.— La perte subie par la vente des produits récoités est indiquée dans la table qui donne la composition des récoltes ordinaires. Examinons maintenant brièvement quelles sont les pertes que subit le sol pendant une rotetion.
Afin de conserver les éléments nutritifs à la ferme, on limite généralement aux grains et à la visnde les ventes ou exportations, les autres produits étant consommés sur la ferme et l’engrais étant restitué au sol. Supposons une ferme où l'on pratique un système d’assolement quaternaire et qui produit par acre les récoltes moyennes suivantes : navets de Suède 14 tonnes ; orge 40 boisseaux ; f.urrages (moitié trèfle et moitié herbe) 3 tonues de foin ; et froraent, 30 boisseaux ; supposons encore qu'on restitue au sol, sous forme de semences, deux boisseaux de froment et autant d'orge. Dans le cas où la totalité de cetie récolte serait exportée, la perte moyenne annuclle, var acre serait de 73 Ibs d’azote, de 22 Ibs d’ac'de phosporique et de 61 1bs de potasse, Au contraire, si l’on importe, pour être donnés aux animaux, 700 Ibs de tourteaux de lin, au-delà du produit de chaque acre de navets de Suède et que l’on &chète anzuellement pour les chevaux 100 I1bs d'avoine per acre ; et que, d’un autre côté, on ne vende que le grain et la viande ; si, d'autre part, on donne en fourrage une demi-tonve de paille par acre pendant la durée de la rotation, le restant de la paiile étant utilisé comme litière ; si enfin, toutie fumier retourne au sol sans
perte, un peut établir comme suit, les partes snbies par le sol en azote, en acide phosphorique, et en potasse pendant une rotation de quatre ans.