‹ La chimie de la ferme [microforme]Chapitre 70 sur 87 · ARS RENTE · texte numérisé non relu

ARS RENTE

Ration de travail.— 11 faadra augmenter considérablement la ration d’un animal astreint au travail, si l’on veut qu'il reste toujours dans le même condition. Il résulte d'expériences qu’un homme faisant un bon travail, exhale par jour, un tiers d’acide carbonique en plus qu’il n’en expire au repos ; donc, pour maintenir le poids de son corps, il devra prendre un tiers de nourriture en plus.

D’après Wolff, un cheval de labour pesant 1000 Ibs. peut accomplir, par jour, un travail équivalent à 6458 tonnes. Les n° 1breuses expériences du même auteur démontrent qu'un cheval qui n’est pas surmené peut faire un travail de 1‘269 tonnes par chaque livre de matière organique digérée (transformée en amidon), en plus de la ration ordinaire. Si la ration journalière d’un cheval au repos est de 9, 2 lbs de matière digestible, il faudra ajouter 5, 1 1bs des mêmes aliments pour arriver à la ration de plein travail. Peu importe que la substance digestible soit fournie par de l’amidon, du tourteau de lin ou tel autre aliment. La valeur de cet aliment au point de vue de l'énergie à créer, est due uniquement à la chaleur qu’il produit.

La somme de travail qu'un animal peut faire avec une ration donnée, dépend en grande partie des conditions dans lesquelles ce travail est fait, Le travail accompli lentement est le plus économique. D’après les expériences de Grandeau et Leclerc, une ration de 194 Ibs. de foin par jour est suffisante pour maintenir dans son état normal un cheval faisant chaque jour 12 milles au pas ; tandis qu’une ration de 24 Ibs. ne suffit pas si l’on fait parcourir cette distance, au trot. Un cheval

parcourant cette dirtance de 12 milles au pas, en trainant une voiture (travail additionnel de 1943 tonnes) sera suffisamment nourri avec 26, 4.1b, de foin. Mais une ration journalière de 32,6, c'est-à-dire tout ce que le cheval est capable de manger, sera insuffisante pour maintenir l’animal en condition, sil exécute avec la même charge, la course au trot. Chez un cheval au trot, le pouls bat plus rapidement, d’où une augmentation de travail du cœur. Un cheval trottané ou galopant soulève son poids et le laisse retomber à chaque pas qu'il fait ; de là, une production de chaleur. La température du corps de l’animal s'élève par suite de l'effort et une grande partie de la chaleur produite est dépensée à produire l’évaporation de l’eau par les poumons ou l’excrétion par les pores de la peau Un cheval au repos perd, par évaporation, 6*4 1bs, d’eau par jour ; en marchant au pas, il en perd 8:6 Ibs. ; en travaillant, au pas 127 Ibs. ; en trottant 134 1bs, Il résulte de ces données qu'un cheval a besoin d’une quantité d’eau plus grande, quand il travaille que quand il est à l'écurie.

Le cheval de fiacre, à Paris, s’il reçoit une nourriture mixte dépense 2'1 d’eau contre 1 de matière sèche au repos, et 3‘6 contre 1 attelé. Nourri au foin seulement la proportion devient 3‘3 contre 1 au repos et 43 contre 1 à la voiture.

Une ration composée de foin de prairie ou de trèfle, ne contient pas assez de matière digestible pour un bon travail journalier, même si ce travail est effectué au pas ; mais la jeune herbe d'un bon pâturage aurait une richesse nutritive suffisante.

Wolff a démontré qu’une livre d'avoine peut per-

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mettre à l’animal de faire un travail de 778 tonnes, et une livre de maïs, un travail de 1,007 tonnes. Les fèves, quoique plus faciles à digérer que l’avoine n’ont pas, néanmoins une valeur nutritive plus grande.

La matière digestible du foin et de la paille est beaucoup moins capable de produire l'énergie que les éléments digestibles contenus dans le grain.

En composant pour les chevaux une ration de travail, il faut mélanger le son avec les fèveroles et les pois et non pas avec du maïs, car maïs et son sont tous deux quelque peu laxatifs. La relation nutritive de la ration de travail pour nos chevaux de tramway est

environ 1:7.

Animaux à l’engrais.—Il est clair que pour

que le corps augmente en poids, la quantité de nourriture doit excéder la dose nécessaire à entretenir les

tissus et à produire le travail.

Lorsque la ration comporte cet excédent, les

éléments minéraux et une partie des albuminoïdes concourent à la formation des tissus. Le reste, avec une partie de la graisse et les hydrates de carbone, s’emmagasine dans l’économie sous forme de graisse.

Puisque l'excédent de noutriture est seul capable de servir au développement du corps de l’animal, il est économique de fournir une ration copieuse, sans qu’elle soit exagérée. Ainsi, quand un bœuf arrivera, grâce à une alimentation abondante, à peser 1000 1bs. à l’âge d’un an, le total de nourriture dépensé sera toujours moindre que s’il avait fallu deux ans pour atteindre ce poids vif, car on aura économisé les aliments nécessaires durant la deuxième année, pour produire La chaleur et

l'énergie.

On peut aussi épargner la nourriture, en diminuant les dépenses de chaleur et de travail. Ainsi, à ration égale, un animal engraissera plus vite, au repos à l’étable que si on lui fait prendre de l'exercice. Dans le même ordre d'idées, l'augmentation qui résultera d’une ration donnée, sera moindre en hiver qu'au printemps ou à l'automne, parce qu'une partie de la nourriture doit être utilisée à la production de la chaleur quand l'animal se trouve dans une atmosphère plus froide. Il résulte de ces considérations qu'il est du plus haut intérêt de garantir les animaux contre les froids d'hiver.

Cependant, si la température s'élève d’une façon considérable, la transpiration augmente et il se dépense une certaine quantité de chaleur dans l’évaporation de l’eau ; d’où un gaspillage de nourriture. La température la plus favorable pour l’engraissement économique est de 60 degrés Fahrenheit. Le repos et l'absence de toute excitation sont favorables à l’engraissement ; c’est pourquoi il est recommandable de garder toujours les étables dans une demi-obscurité.

La race et le tempérament jouent un grand rôle dans l’engraissement. Le cultivateur reconnaît aisément les aptitudes d’un animal à l’engrais en passant la main sur sa peau.

Les trois espèces d'animaux qu'on rencontre le plus communément sur la ferme, ont des aptitudes fort différentes pour l’utilisation des rations au point de vue de l’engraissement. Lawes et Gilbert ont calculé qu’en moyenne, sur une période complète d’engraissement, le bœuf au gmentera de 100 1bs. en poid, moyennant une consommation de 250 1bs. de tourteaux, 600 1bs, de

foin de trèfic et 3,500 Ibs. de navets de suède. Le mouton produira la même augmentation moyennant 250 Ibs. de tourteaux, 300 Ibs. de foin de trèfle et 4,000 Ibs. de navets ue Suede. Pour obtenir le même résultat avec le porc, il faudra lui donner 500 Ibs. de farine d'orge. La propertion d'aliments consommés et l’augmentation en poids chez ces trois espèces d'animaux sont consignées dans les deux tableaux ci-après.

RÉSULTATS OBTENUS CHEZ DES ANIMAUX A L'ENGRAIS CALCULÉES POUR 100 LBS. DE POILS VIVAN!A' PAR SEMAIN

Aliments donnés

QUE SNLNAUT Résultats obtenus

Total des Matières empl'èie Fumier Accroisaliments| organi- pro Léa ec sement secs |ques di- fs chal. se de A en pe

gestibles de ton.

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