‹ La Chine en révolutionChapitre 5 sur 13 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

tutions économiques que les vieilles /:^a/i^rzes du Chansi, on en est encore à attendre de l'étranger une réorganisation. L'Angleterre et la Russie font des remontrances au gouvernement central de Péking, parce que les inspecteurs étrangers, prévus aux termes de l'emprunt, ne sont point mis à même de réorganiser les administrations où ils furent introduits ! Comme si Yuan pouvait avoir quelque action sur la marche traditionnelle de rouages locaux et s'il pouvait investir des étrangers, novices et mal reçus, d'une autorité efficace! La garantie du pouvoir central à qui nous demandons d'introduire nos entreprises est une dérision, caria force n'est pas là; il n'a qu'une puissance fictive, celle-là même que nous lui prêtons : il tire delà confiance des diplomates et de l'argent des banquiers étrangers tout le semblant de prestige et de force qu'on lui accorde. Il est sans appui dans le pays. A l'opposé de ce qui existe au Japon, l'Etat, avec qui nous entendons traiter, n'apparaît en Chine qu'en façade. Ce qui compte, ce sont de puissantes chambres de commerce, ce sont de vieilles et riches familles, des personnalités industrielles ou

économiques considérables, ce sont des corporations de métiers, ce sont des municipalités à gros budgets, ce sont les organes régionaux qui jouent un rôle décisif dans le succès de Tun ou l'autre des partis politiques en présence : voilà les éléments d'avenir de la Chine ; leur action est entravée par les désordres d'aujourd'hui et la menace de demain.

Ce livre montre ce que les Chinois ont fait, où ils en sont. 11 ne tente point d'explication ou de prophétie, et encore moins prétend-il à indiquer ce que peuvent faire les puissances étrangères. C'est là le gros problème de politique extérieure d'après-demain. Continuerat-on de s'entendre et de traiter entre chancelleries de l'intégrité chinoise; ou quelquesuns, mieux placés, agiront-ils? Sous prétexte de réorganisation, comme en Turquie, continuera-t-on à abuser de la situation ? Ce pays-là n'est pas assez avancé dans la civilisation moderne à laquelle il accède pour être en garde contre ses abus ; et il est trop vieux et Lrop civilisé par ailleurs pour s'indigner généreusement, et résister désespérément.

La Chine doit-elle passer par une période de

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