‹ La Chine et les Chinois (volume 2)Chapitre 12 sur 27 · PIÈCES · texte numérisé non relu

PIÈCES

nage du temps des s>;iï. est la victime dune intrigue; il est mis à mort et enterré à Xan-tuies. Son Bis Yoo-yun et son écuyer Nyes-kao paraissent dans ce drame.

Nyu san tuisan (trois femmes savantes). Ces trois femmes sont S«n-ôrl uyan, K>; ta-sao et Ituian-tsin; le héros de la pièce est le rebelle Ssn-kyan, qui combat la tyrannie des Ssfi.

Tan lean (l'empêchement de Lean), drame analogue au Tan tsao, mentionné cidessus, par les circonstances et par les costumes des personnages, mais dont l'époque est la fin des Yuen : c'est Traen-yex lean qui est l'ait prisonnier par Kan mao-tsay.

Illa ssii mon (la guerre des quatre portes). Les kin-tin, femme d'un grand mérite, y joue le principal rôle. Deux individus, l'un garçon et l'autre fille, absolument semblables, et nommés tous deux Ma-tsh, paraissent dans celle pièce.

Sin-pa-tuiô (nom de lieu). La scène se passe, sous les Tsin, dans un chef-lieu de district gouverné par Wan tsin-lyen.

Ma luiae. Querelles de Wan-yin, guerrier rouge, et de Yao-kan. ou Yao-kan, guerrier noir, qui s'enfuit de la cour et se retranche sur une montagne. Je connais deux pièces de ce nom.

Tye-kbh yuan (l'origine de la maison de Tye-ksn). Li sao-tsye, jeune tille dont la mère est nommée Lad ma-ma. ou la vieille maman, se sert d'un arc en fer (tye k»n) d'une force et d'une dureté extrêmes. Tye-ksn-tsô parvient seul à le bander, et épouse Li sao-tsye.

lllb-ei too (la guerre aquatique) et Toan kyao (le pont de Kyao) ne diffèrent que par le dialogue. Tsin-mô et Pae-mô, serpents immortels, prennent des ligures de femmes pour séduire un marchand très-stupide el très-riche nommé Illu-syen. En général, dans les romans et les pièces chinoises, les pédants sont des grands hommes et les marchands des imbéciles. Si cependant, comme dit la fable, leurs confrères savaient peindre !

Lb xwa xo (la rivière de la fleur de Ls). Fan li-xwa, femme de Sye tin-man, veut tuer son lils adoptif Sye in-lbîi, qui a commis des fautes graves, mais finit par ventrer en grâce.

Xk kya tiiiï.an. Combats du héros Wan-yin et de l'héroïne I tuian-tsin.

Sswo ws lbfi est l'histoire d'un dragon devenu homme sous le nom de lllan iiiy;,nsin. et marié à Wan kbfi-tuib-.

Nao kin kyae. Les héros de cette pièce sont Le» xwan-wan et sa femme favorite, Tmao syao-mey.

Tsoey-pih iuan (la montagne de Tsoey-pin). Aventures d'un prêtre, Tao-tô-ssô, d'une dévote nommée Pan kyao-yun, et de sa servante Ya-xwan.

Illi fon. Un empereur des Min, qualifié de Tuien ta-wan, va boire incognito dans

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le cabarel tenu par la belle Li fon-tsyé, la femme colère; elle accueille ses avances par des injures. La scène est digne du lieu où elle se passe : l'empereur se l'ail connaître; la belle s'excuse, et l'empereur l'épouse.

Takwan (la grande douane), pièce nouvelle. Ta ns-ns, femme mantclioue, veul passer; Sif-li-ma, homme mantchou, ne veut pas ouvrir les portes : il en résulte un échange de quolibets et de calembours qui rappelle les petites pièces à deux personnages du Palais-Royal.

Xb'n ni kwan (la douane dite de la Terre rouge).

Tsô kin sswo, dont le héros est le lettré Ko-yin.

Ta pin. Aventures de l'imbécile W« la-lan et de sa femme Pan ki-lyen, qui est trèssubtile.

l'y. kan. Dialogue entre Wan ta-nyen. femme riche, et Xo lao-ôrl, négociant.

Tsî.ei tsye» (l'ivrognerie), dont les personnages sont Yan kwei-1'ey. impératrice, el Kao li-sso, employé de la cour.

Mae yen tuiï. (la vente du vermillon), dialogue entre kwo-xvva. négociant, et Wan yué-yin. marchande.

Ces notices, toules brèves qu'elles soient, suffiront, je l'espère, à donner une idée générale de la nature el de la portée des pièces qui se jouent aujourd'hui en Chine. Plusieurs pièces anciennes ont été traduites ou imitées. Tout le monde connaît, par exemple. l'Orphelin de la Chine, traduit approximativement et imité d'abord, rendu enfin de nos jours avec une fidélité absolue. Bazin a traduit plusieurs pièces du siècle (U~> Yuen.

Mariage. — Cérémonies funèbres. — Superstitions

Je n'entrerai pas beaucoup dans le détail des cérémonies civiles, très-compliquées, des Chinois. Chaque province a, d'ailleurs, ses coutumes, et il vaut mieux dès lors ne pas sortir des généralités.

Le mariage, résolu souvent depuis la naissance des futurs, en tout cas arrangé par les familles, donne lieu à des fêtes qu'accompagnent la musique, des repas, des processions. La mariée est conduite à l'époux; elle entre entièrement dans sa famille, l'énonçant, comme dit l'Évangile, pour suivre son époux, à son père et à sa mère. La mère du mari exerce même sur elle une tutelle souvent très-dure.

Devant un autel dressé à Tsô-fs tyen-kwan, la mariée, voilée et coiffée du fonkwan, et le marié, velu de ses plus beaux habits, souvent même d'un costume qui convient seulement à des gens d'un rang plus élevé, s'unissent symboliquement en saisissant, avec accompagnement de beaucoup de saluts, la femme un large ruban vert, l'homme un large ruban rouge, liés ensemble par leur autre extrémité.

L'acquisition d'une femme coûte à un homme du commun de cinquante à soixante onces d'argent, et à un homme en place de quatre à six cents onces. La polygamie est tolérée en Chine par la loi, et plus ou moins par les mœurs; elle y est plus fréquente dans le Sud que dans le Nord, et plus ordinaire parmi les riches. 11 n'y a, toutefois, jamais qu'une femme légitime, tsye; les autres, qui sont des concubines, syao fb-jen, obéissent à la femme légitime, et sont des sortes de servantes. La masse de la nation est monogame, car le nombre des femmes ne peut excéder beaucoup celui des hommes ; il est vrai qu'elles sont nubiles de bonne heure, et mariées souvent avant leur nubililé. Il y a de plus, en Chine, le divorce à volonté, dont on abuse comme en Egypte.

Il n'y a peut-être pas tanl de différence qu'on parail le croire cuire la polygamie chinoise el la monogamie théorique (U^ Européens. Le divorce est, en Asie, trop facile; mais son absence est pire que cette facilité. Si le mariage est un contrai civil . et la loi ne peul y voir que cela, il doil être aussi libre que les autres contrats. Pour les catholiques, c'esl un sacrement, comme le baptême : la lui le sanctifie, el le prêtre consacre un lieu perpétuel à la face de Dieu, qui seul peut donner à l'homme le pouvoir d'être fidèle à de tels engagements. Au simple contrat se substitue une chose sainte; un lien esl formé par le ciel que la terre ne peul délier. Les anglicans y voient déjà une chose plus humaine, et il esl bien singulier que la loi civile ail parmi nous prétendu, usurpant sur la loi divine, faire d'une formalité municipale el d'une constatation nécessaire une sorte de sacremenl civil, refaire sans Dieu l'œuvre du concile de Trente, imposer à l'homme ce (pie la loi chrétienne n'en peut pas toujours obtenir elle-même.

Le mariage esl dans une grande partie de l'Europe une arche peu sainte. Un dil la Chine très-corrompue : le spectacle des familles chinoises ne me paraît pas confirmer ce jugement. Les juifs étaient polygames, el le sonl encore là où les lois civiles n'ont pas brisé leur loi. La famille a toujours cependant été plus sainte chez les juifs qu'ailleurs. Les femmes chinoises m'ont paru toujours dévouées et chastes; elles le sont avec un fanatisme que l'Europe ne connaît pas. Partout où nous passions, dans le nord de la Chine, effrayées par la réputation calomnieuse que le gouvernenieu nous avait faite ou par le souvenir d'autres épreuves, les femmes, pour ne pas tomber entre nos mains, se donnaient la mort. On dira que leurs maris les tuaient; cela quelquefois put avoir lieu, non toutefois sans leur consentement el sans que les maris les suivissent dans la mort. Mais j'ai moi-même l'ail de vains efforts pour faire sortir une femme d'un cercueil dans lequel elle s'étail placée. Depuis trois jouis elle n'avail rien pris; elle refusa les aliments que je lui lis porter. Je lis (ou! pour obtenir sa confiance : je voulais la faire mener aux avant-postes, d'où elle eûl pu rejoindre les siens; elle ne voulut rien entendre. Sa seule réponse était toujours : « Je me suis placée dans ce cercueil pour y mourir, je veux y mourir: laissez-moi tranquille. « C'était cependant une femme d'au moins quarante ans; elle n'était pas belle el avait peu à craindre : sa résolution m'en frappa d'autant plus. Je renonçai à la convaincre, el on la transporta de force à l'hôpital provisoire établi dans la ville, où une salle était réservée aux femmes trouvées dans des conditions analogues.

L'homme est magistral ou guerrier, travailleur ou penseur: et si l'homme chinois remplit mal quelques-uns de ces rôles, la femme chinoise au moins me parail remplir bien le seul rôle vrai de la femme, celui d'épouse el de mère.

Le culte voué par les Chinois aux chefs de leurs familles a donné aux funérailles

nu caractère particulier. L'h< e qui va mourir est habituellement porté dans la

principale pièce de la maison ou dans la chapelle domestique, où résidera d'abord son cercueil, ensuite sa tablette seule. On penche sa tête vers l'est, on couvre son visage d'un linge pour savoir quand il cessera de respirer; quelquefois on place dans sa bouche une pièce de menue monnaie, comme pour payer le batelier des enfers. Tantôt cette monnaie est jetée dans une rivière, dont l'eau sert à laver le mort : quelquefois on t'ai! un hou au plafond pour faciliter le départ de l'âme. Le mort est couché tout vêtu dans un cercueil de bois épais et lourd, garni de chaux et d'huile : son portrait, dans un costume d'apparat souvent au-dessus de sa situation, et avec un manteau vert, est placé au-dessus d'une table ou d'un autel domestique, sur lequel sont présentées quelques offrandes et brûlent des chandelles vertes; une tablette placée devant le portrait indique qu'au temps de telle dynastie l'âme illustre de tel personnage a quitté la terre. Cette tablette s'appelle tuien-ybîï, et le portrait nien-taw-paé : on n'en met pas pour les jeunes gens au-dessous de vingt ans non mariés. La famille porte le grand deuil blanc ou jaunâtre, ou blanc rayé de fdets jaunâtres. La veuve porte autour de la tète un linge blanc. Le fils est coiffé du leaiikwan, et porte les effets de grand deuil dits niyao-i : plus tard, il revêtira des effets misérables, ma-i. Il porte les souliers blancs ou jaunes dits tsao-li, et la canne de deuil dite san tman ; il portera le petit deuil trois ans, ou au moins vingt-sept mois. Les parents et les amis se présentent vêtus généralement d'habillements blancs ou bleus et de chapeaux à coiffe blanche; ils s'agenouillent et se prosternent tour à tour, sur un tapis vert à bords noirs, devant l'image du mort. Une gravure exécutée, comme la plupart de celles qui figurent dans ce livre, d'après une peinture fidèle faite sous la direction de mon secrétaire chinois, fera comprendre cette cérémonie. Je regrette qu'il ne m'ait pas été possible de faire reproduire en couleur ce tableau et d'autres; mais les frais d'un ouvrage comme celui-ci m'ont contraint à sacrifier des choses bien plus importantes encore. Je ne connais d'autre Mécène que le public, et nos admirables écoles l'ont laissé peu désireux de s'instruire.

Un banquet funèbre est donné aux parents et aux amis; des libations sont faites; de petits papiers bleus sont collés aux portes pour annoncer le deuil au public. On brûle ordinairement beaucoup de pétards; on brûle aussi des papiers imitant des lingots d'argent (yuan-pao et yiu-tin ), fabriqués surtout à Xan-tmex et dans le Kyan-si ; dans le Nord, des monnaies de papier (tuiu-tsyen), des chevaux, des habits, des barques, etc., toujours en papier, et la reproduction de tous les objets dont on désire que le mort soit pourvu dans l'autre monde.

Les tombeaux sont visités à l'automne et au printemps. Les riches y portent les cinq offrandes : un porc, une poule, un canard, une oie. un poisson, cinq plats de

fruits, de l'eau -de -vie, etc., et l'on adresse au mort une prière complimenteuse accompagnée de prosternations : c'est ce qu'on appelle balayer sa tombe.

L'emplacemenl d'une sépulture, comme celui d'une maison, est choisi, d'après les indications de ce qu'on appelle fon-uiui, ou le veut et l'eau, par des sorciers d'une espèce à part. Les Chinois, ceux au moins de la basse classe, sont fort superstitieux. Ils liront des présages du chanl des oiseaux, du l'eu et de la lumière, de bien d'autres choses encore; quand ils éternuent, ils pensent que quelqu'un parle d'eux au même moment. Ils ont >h^ astrologues, sin-kya, et des physiognomonistes, kansyan-ti jeu. qui, d'après les signes ou lâches de leur visage, prévoient toute leur vie, qui enlèvent même au besoin les marques uéfastes moyennant un petit salaire. Les 'Chinois, enfin, placent dans leur maison ou dans ses fondements l'image du dieu des maçons, une perle ou un miroir, pour chasser les diables: ils mettent quelque argent sous le seuil, et ne se logent ou n'accomplissent aucun acte important sans faire partir quelques pétards.

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Maisons. — Meubles. — Chauffage. — Costume. — Cuisine. — Repas. — Prix courants.

Les maisons chinoises rappellent un peu, par leur aspect général et leur plan, les maisons romaines. Le style et la décoration en sont toutefois assez différents : la grecque et beaucoup d'ornements fréquents à Pompéi se retrouvent partout en Chine; mais la Chine a aussi des dessins qui lui sont propres, les uns légers et gracieux, les autres bizarres et tourmentés. Elle a cherché dans le caprice l'imprévu et la variété; les anciens cherchaient dans la symétrie, dans des proportions absolues, dans la fidélité et la perfection de l'art, cette beauté véritable que toutes leurs œuvres nous enseignent. Ils usaient aussi de matériaux meilleurs : la brique et le bois forment les éphémères demeures d'un peuple ancien, qui confie aux seuls livres le soin de sa mémoire ; le marbre et le bronze ont conservé la trace d'Athènes et de Rome : ces cités mortes ont laissé ce grand vestige, et leurs âmes immortelles planent encore sur nous.

Assurément, la Chine immense a des granits et des marbres; elle a des édifices pesants et des villes de pierre, mais elle en a peu. L'architecture n'y est pas partout la même, mais elle s'y ressemble assez partout : dans quelques lieux, on voit de hautes maisons, des habitations massives et sans cours. Il y a dans le Sud une architecture tourmentée et surchargée d'ornements de mauvais goût; ailleurs, des constructions massives et grossières; à Pékin, des réminiscences tartares, des mâts, des galeries, des entrelacements, des assemblages de bois sculpté, que toute l'Asie connaît et qui se retrouvent à Constantinople, cette autre capitale tartare. On peut se

borner cependant à considérer l'architecture domestique des Chinois dans son type le plus fréquent, et c'est ce que je ferai ici. Les maisons sont quelquefois précédées d'une cour; la porte est alors exhaussée

PETITE HABITATION FORMEE 1) UN PREMIER CORPS DE LOGIS ET DE TROIS MAISONNETTES.

On remarquera la situation de la porte; l'écran, pin-foiî ; et le vase, kin-yu-kan, placé au milieu de la coin.

de quelques marches et protégée par un auvent. Le haut du mur est à jour: les briques ou les tuiles qui le forment présentent divers dessins, croix, rosaces, etc. : c'est ce qu'on appelle xwa-tsyah.

Sur les deux battants de la porte, on remarque habituellement des figures sur

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