‹ La Chine et les Chinois (volume 2)Chapitre 15 sur 27 · REPAS · texte numérisé non relu

REPAS

prix s'élevant, pour une dizaine de personnes, à quarante francs environ quand la qualité en est bonne : je lui trouve peu de goût ; on le dit aphrodisiaque, ainsi que le yu-tso et d'autres mets ;

Canard en sauce ;

Pao-yu, substance plate, coriace, provenant d'un poisson ;

Kbïi-kan, grandes moules bouillies ;

Tsin-toe yu-too, estomac d'un grand poisson en morceaux blancs et opaques ;

Xtfn-mao-yu, poisson avec une sauce rouge : plat très-bon ;

Aloo-kb' ki, poulet aux champignons de Mantchourie ;

Xsn-te-ti-tsô, jambonneau bouilli très-délicat.

Rôtis, uiao-jao. Quatre plats de viandes rôties découpées; deux de viandes dites blanches en Chine, à savoir un quadrupède et un oiseau, mouton et poulet, et deux de viandes dites rouges, à savoir un quadrupède et un oiseau, porc et canard.

Pendant le dîner, on renouvelle souvent les hors-d'œuvre ; on mange avec tous les plats soit du riz bouilli, fan, soit du pain mou, man tao, soit du pain grillé, uiao-pin; on boit de l'eau-de-vie, tsyeb-, servie chaude, dans de petites tasses qu'on tient toujours pleines, par un domestique qui la porte dans une sorte de grande aiguière d'argent. On ne boit jamais d'eau en mangeant, ni hors des repas ; le thé y supplée toujours. L'eau-de-vie provient soit du riz, soit du blé, soit du kao-leaii, ou sorgho. Il nous fut servi ce jour-là une eau-de-vie de sorgho et quatre eaux-de-vie de riz dites mei-kwey, fs-tuien, tyen-mi et yao-uiao, légères, un peu sucrées, jaunes ou blanches, et moins empyreumatiques que les qualités communes. On cite encore, en Chine, les eaux-de-vie dites kwo-kbii-yué , foh-kah, yuan-mao, et celle de inao-uiiû, dans le Tiuo-kyan. Les eaux-de-vie de sorgho de Tyen-tsin sont très-renommées, et il parait, d'après certaines mesures prises par le gouvernement russe, qu'il s'en faisait en Russie une importation excessive.

Les Chinois aiment beaucoup la variété des plats ; mais chaque plat est petit. Cinq ou six amis vont diner ensemble dans un restaurant, et prennent dix ou douze plats pour dix ou quinze francs; à deux ou trois, un diner analogue leur coûterait cinq francs. Des maçons se réunissent pour diner : chacun porte une soucoupe, qui de légumes, qui de poisson, qui de haricots fermentes simulant du fromage, et en définitive ils font un repas meilleur que celui de nos ouvriers. Toute industrie et tout commerce sont, d'ailleurs, libres en Chine comme à Londres, et le peuple vit à bon compte dans des villes sans octroi; mais aussi il vit bien, et il est remarquable que tous les peuples laborieux font de même, tandis que la sobriété distingue les peuples fainéants : l'Anglais se nourrit bien, l'Arabe vit de peu et boit de l'eau pure. Le riz est, du reste, un excellent aliment, léger, salubre, facile à préparer. On le dit moins

nutritif que le Mo, parce qu'il contient moins d'azote : les Chinois mangent le même poids de riz que les Français de pain, et cependant ils sont, n'en déplaise à la théorie, aussi forts que les Français ; ils n'ajoutent cependant pas toujours du poisson sec ou même du thé à leur riz, cl ne mangent pas plus de viande que les paysans français ou les paysans anglais, plus robustes eux-mêmes que les ouvriers des villes nourris de bœuf et de charcuterie.

Quelques indications suffiront à montrer ce que coûte en Chine, aux indigènes bien entendu qui n'ont pas nos habitudes, la vie matérielle. Mes notes se rapportent à Pékin; les prix, sont plus élevés, à Chang-hai, de 50 pour 100, sauf en ce qui concerne, par exemple, le sucre qui y coûte moins.

Par tan de 140 à 160 livres, on vend moyennement :

Le sorgho 5 à 8 francs.

Le riz 45 à 25 francs.

A Chang-haï, en général 15 francs.

Le nouo-mi , pour distiller et pour la pâtisserie 22 francs.

Lesyao-mi, petit millet 8 à 10 francs.

Le xwafi-tao, pour huile de lampe et fromage chinois 12 francs.

Le tsin xwaïï-tao, même usage 15 francs.

Le xei-tao, pour les chevaux 10 francs.

Le lu-lao, mangé et employé à faire le fromage dit tao-fou 20 francs.

Le grand blé, pour distiller 12 francs.

Le petit blé, pour faire du pain 22 francs.

Le yu-mi 12 francs.

Le kyafi-tao, qui se mange 15 francs.

Loyer par chaque pièce habitée ou non habitée el par mois 2 fr. 50 e.

Mouton, la livre 3 à 4 sous.

Bœuf (idem) 4 à 5 sous.

Porc ( idem ) 10 sous.

Poules et canards (idem) 9 à 12 sous.

Chandelle de suif (idem) 7 à 8 sous.

Chandelle d'arbre (idem) 12 à 13 sous.

Eau-de-vie et huile (idem) 7 à 8 sous.

Sucre blanc (idem) Usons.

Riz blanc (idem) 3 à 4 sous.

Charbon de terre, le quinlal 2 fr. 50 c.

Charbou de bois (idem) 8 à 1 0 francs.

Dîner commun consistant en quatre grands plats et six petits pour quatre

personnes 8 francs.

Thé, la livre 50 cent, à 5 fr.

Thé et pipe dans un établissement public 1 centime cl demi.

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