‹ La Chine et les Chinois (volume 2)Chapitre 16 sur 27 · PRIX COURANTS · texte numérisé non relu

PRIX COURANTS

Visite de médecin (on paye la chaise à porteurs) 1 fr. à 1 IV. 50 c.

Se faire faire la queue I sou.

Se faire raser la tôle 3 sons.

Salaire d'un ouvrier 20 à î'i sous.

Salaire d'un journalier 7 à 8 sous et quatre

ou cinq repas de riz.

Gages d'un domestique, par mois 12 à 15 francs.

Briques plus grandes que celles de Chang-hai , le mille 30 à 35 francs.

Briques à Chang-hai 15 à 18 francs.

Tuiles, la moitié du prix des briques.

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Instruction réelle. — Nature des éludes. — Examens. — Nombre des lettrés. — Situation des lettrés.

Académies. — Programme d'études.

L'expérience et l'étude m'ont fait voir l'inégalité des races humaines; mais dans une même race elles me montrent des hommes absolument égaux.

Le génie, en effet, n'est qu'un rare accident; les familles illustrées par de grands services sont partout en petit nombre. Ces exceptions confirment une règle qu'aucun hommage librement accordé ne détruit ou ne menace. La fortune, extérieure à l'homme, rappelle par ses retours l'égalité qu'elle semble détruire.

C'est par l'intelligence que les hommes sont hommes. La faculté d'apprendre est plus vaste que tout le savoir recueilli clans le passé. Celui qui sonde les espaces du ciel n'a point droit de mépris sur celui qui laboure les plaines de la terre : ils n'ont chacun qu'une àme, et celle du paysan n'est point vide.

Sans doute, un savoir vrai, profond, varié, peut désigner à l'opinion publique les meilleurs guides de la cité; mais ici, point de malentendu : pas plus que les titres ne font des nobles, les examens ne font des sages, et quand une tutelle lettrée, se substituant à l'autre, s'impose à la superstition du peuple, il faut ou se résigner à la décadence, ou combattre sans relâche la secte usurpatrice et lui arracher ce drapeau menteur qu'on croit celui du savoir.

La connaissance de ces lois admirables qui meuvent les mondes, qui gouvernent et renouvellent la vie, élève l'esprit humain; la notion de quelques faits vulgaires rend facile à l'homme sa tâche de chaque jour. Il faut qu'il pense et qu'il travaille, qu'il juge et qu'il mesure, qu'il comprenne et domine de plus en plus tout ce qui l'environne.

.Mais l'humanité a des serviteurs qui, manœuvres ou philosophes, observent ou concluent, ils font la science et la refont : la masse les suit de loin; absorbée par d'autres devoirs, elle n'entre point dans un détail qu'un répertoire bien fait suffit à lui garder.

Le monde marche, et le passé n'a que peu de leçons; le modèle n'est pas là. La liberté s'apprend dans les cités libres. Si les livres pouvaient faire des citoyens, si Démosthènes ou Caton l'avaient pu, Héliogabale eût-il régné?. Chercherons-nous des aïeux parmi ces Romains dont la race s'éteint dans le Transtévère, ou dans cette antique Egypte dont trois hommes en Europe soupçonnent à peine l'histoire , qui cependant s'enseigne parmi nous?

J'aime l'histoire, et Pompéi est ma Jérusalem: mes goûts et du loisir m'ont, après et malgré le pensum de l'enfance, guidé vers certaines études. Il est bon que quelques-uns s'y livrent sérieusement, mauvais d'en imposer le simulacre aux autres.

Car dans cet enseignement, comme dans tant d'autres choses qui nous entourent et nous enlacent, il n'y a qu'un simulacre. Une tradition du moyen âge, l'initiation à de vains mystères, hiéroglyphes, sagesse antique ou langues mortes, suivant les temps, tel est le secret d'une petite église, gras clergé des dieux de la terre, qui, aux frais de tous, donne ses dernières leçons à ceux qui ont pu payer les autres; qui recueille le fils du lettré pauvre pour éviter que ce damoiseau ne déroge; qui domine l'Etat, s'impose aux gens de loi, aux médecins, met des corporations et des privilèges à la place de cette concurrence et de cette liberté que le vrai mérite ne redoute point: qui ne conserve, enfin, sa puissance qu'en tenant les profanes loin du temple.

Traversons le vide et les ruines blanchies qui nous séparent de 89 ; en face du prestige mort et de la chaîne des temps rompue faisons renaître la France par l'effort d'un peuple éclairé se gouvernant lui-même.

Que, dégrevés de charges excessives, la commune et le département, non l'Etat, ouvrent au peuple des écoles dont l'enseignement libre et varié dépasse le niveau réel du fallacieux baccalauréat; que la liberté seule nous donne des écoles plus hautes, et nous aurons des citoyens comme l'Amérique, des hommes d'Etat et de science comme l'Angleterre et l'Allemagne.

Sommes-nous trop pauvres pour donner le pain de l'âme, dans ce pays de luxe et de plaisirs, dans ce pays qui peut remplacer cent mille soldats par un million de volontaires, dans ce pays que tous redoutent ou respectent, et qui ne doit aux autres que l'exemple fécond du progrès dans la liberté?

Les Chinois, depuis Confucius, ont cherché dans la philosophie, dans l'amour de

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