‹ La Chine et les Chinois (volume 3)Chapitre 16 sur 45 · PRÉPARATIFS DE 1/ ENNEMI · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE 1/ ENNEMI

écrire quelques mots dont le sens était que le vice-roi ayant ajouté ;i ses fonctions la location des voitures, je lui en demandais une. A celte demande il y avait une réponse facile : renvoyer ma demande à l'ambassadeur, ce qui m'eût embarrassé. Le vice-roi en agit tout autrement, ne voulant pas que son intervention fût examinée de trop près. 11 me lit porter sa carte et me lit dire qu'il aurait l'honneur de se présenter le lendemain chez moi. démarche que son emploi ne permettait guère, et qui n'eut pas lieu.

L'armée ennemie s'était retirée dans le nord et couvrait Tm tineu (Toung tcheou ). On savait à Tyen-tsin qu'elle avait poussé ses reconnaissances de notre côté, au moins jusqu'à Yan tsun et peut-être jusqu'à Pu-kao. Tout d'un coup, le 7 septembre, les négociations se rompirent. Au moment où tout paraissait conclu, le plénipotentiaire chinois se trouva n'avoir plus de pleins pouvoirs.

J'avais reçu cette nouvelle depuis quelques instants, quand un Chinois que je voyais, et qu'il est inutile de nommer ici, vint me dire que, la veille au soir, dans un restaurant, un employé du vice-roi avait annoncé l'arrivée des contingents tartares à LLIan-xaé kwan. Cette seconde nouvelle expliquait la première; elle avait mis quelques jours à venir. Les contingents devaient être plus rapprochés de Tbîi tme« que nous-mêmes.

Cette ville et la capitale étaient désormais couvertes plus sérieusement qu'elles n'avaient pu l'être jusqu'alors par des troupes déjà battues. Je me hâtai de porter à la connaissance de qui de droit ce que je venais d'apprendre.

Si l'on pouvait, à cette époque, croire encore à la loyauté des Chinois, on dut reconnaître qu'ils nous avaient toujours trompés , lorsqu'on découvrit , à Yuen min yuen, une lettre de San-ko-lin-sin à l'empereur, datée du 26 août , jour de l'entrée des Français à Tyen-tsin. par laquelle le général tartare informait son maître des dispositions nouvelles qu'il prenait contre nous, et l'invitait à se retirer à Jo-xo (Géhol) pour y attendre la fin de la guerre.

On ne s'était point pressé d'appeler tous les contingents tartares, parce que le service dû par eux était féodal et limité, sans doute, dans sa durée; qu'il fallait que les maigres récoltes de la Mongolie fussent, en partie du moins, ramassées; qu'enfin la présence de ces étrangers à demi sauvages était un fléau pour les populations chinoises, et que la dyssenterie amenée par les chaleurs et la mauvaise nourriture, l'usage du sorgho, par exemple, décimait déjà les hommes et les chevaux appelés à la défense du bas du fleuve, et ramenés au delà du Tyen-tsin.

Nous allions rendre aux peuples de l'extrême Asie la visite de leurs parents les Huns, et ces peuples allaient venir nous recevoir l'arc à la main. La Mongolie intérieure (Noé rnsn-tor) compte, d'après la locution populaire, quarante-huit bannières :

elle en .1 quarante-neuf dans les livres, empruntées aux vingt-quatre tribus , celle des Ortous en fournissant sept et celle des Khortclrin six, à elles seules (1). Chaque bannière compte environ deux mille familles, et peut probablement mettre à cheval trois ou quatre cents hommes. La Mongolie intérieure compte encore quelques bannières en dehors de ce groupe; il y a enfin les contingents de quelques autres pays mongous et ceux de la Mantchourie. San-ko-lin-sin pouvait donc réunir aisément trente mille chevaux.

Ce Mongou vigoureux et intelligent inspirait à ses troupes une grande confiance :

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