‹ La Chine et les Chinois (volume 4)Chapitre 4 sur 26 · TI.N-TSO SE VISSANT AU CIIAI'EM · texte numérisé non relu

TI.N-TSO SE VISSANT AU CIIAI'EM

de cérémoiiii;; réduit.

ordinaire avec xwa (figure giavée) ; grandeur nalurelle.

préfets en exercice dans diverses provinces, ciuatre-vingls étaient Chinois et vingt Tartares; de ces derniers, quinze étalent Mantchous, trois Mongous et deux d'autre nation. Les provinces de Kyafi-Sb', de Xb-nan, de Klan-tbn, les villes de Pékin et de ïyen-tsin doiment beaucoup de magistrats. Les agents inférieurs au grade de tiiii-iiiyen appartiennent pres(|ue toujours à la province dans laquelle ils sont employés. On croit en Europe, en se basant sur des règlements chinois, (lue les emplois ne sont conférés ({ue pour trois ans: la pkqiart des fonctionnaires néanmoins conservent plus longtemps une même magistrature. Je crois seulement (jue. pour honorer le règlement, ils sont tenus tous les trois ans de faire quelques nouveaux présents à leurs prolecteurs.

Les agents du gouvernement turc sont surtout de Constantinople, Caucasiens ou renégats grecs; ceux d'une même race se soutiennent les uns les autres : les rené-

t!;Us L;recs, (jiii son! l'ui'l noiiilircux , se coiiiKiissciil les uns les aulrcs. Jtieii (lu'ils ciiclii'iil avec soin leur origine au |iul)lic. 1! y a île plus, eu Turquie, des ordres religieux au\(iuels loul lionuiie inilueni est affilié; il y a eufui le patronage exerce par le ni.iihv. niinislrc mi gouverneur, en faveur de ses esclaves devenus colonels ou

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aî.^.

il)

l'OU-FOU CIVILS DES HUIT DEUNIEKS HA.NGS.

Ceux des doux piemier? rangs sont ligures sur les coslumcs rcproduils plus lias.

capilaines. et le cuncours conslant que lui prêtent ces esclaves dans toutes ses eulreprises. En Chine, il y a seulement uu patronage el uue clientèle volontaires réglés par un coniral secret : un gouvei'neur s'engage à soutenir conslammenl un sousliri'l'el. pai' exenqile. Iei|uel en retour |iromel de toujours servii' les iuli'rèts de son

INSIGNES. 2:i

inult'cleur cl de partager avec lui Je ])iulil de ses coiKUssiciiis. Bien siiuveiil des associations de celle nature ont été dissoutes par le bannissement ou le supplice des associés: il ne seii loiiiie [)as moins chaque Jniir de nouvelles, elle peuple, qui les devine, ne se gène puini ]Htur les signaler dans ses proiios, ses placards el ses chansons.

Les insignes des divei'S rangs sont surtout les fin-tso, ou globules, et les in;-h, ou pectoraux. Il y a deux sortes de globules : ceux portés avec Tliabit de cour (Imad-i/, dont la forme est allongée, et ceux arrondis, dont on fait habituellement usage. La couleur des uns et des autres ne correspond jias toujours pour un même grade. Les globules ordinaires sont rouges pour le premier et le second rang, bleu clair pour le troisième, bleu foncé pour le quatrième, de cristal pour le cinquième, blancs pour le sixième, et dorés pour les septième, huitième et neuvième. En théorie, ceux du deuxième, huitième et neuvième rang devraient être distingués par des stries ou des figures gravées ; dans la pratique, cela n"a pas lieu. Les globules inférieurs ne sont pas toujours portés seulement par des magistrats, les hommes considérables les font souvent porter par leur suite; le globule blanc est surtout dans ce cas. Les pectoraux, pb-fb-, sont des pièces d'étolîes attachées à la robe, et sur lesquelles sont brodées ou peintes des figures d'oiseaux pour les kwan civils, et de quadrupèdes pour les kwan militaires. Ces animaux, réels ou fabuleux, sont différents pour clia(iue rang. Ici encore le règlement n'est pas toujours observé.

Le costume des magistrats consiste dans une robe sur laquelle sont Ijrndés des dragons ou des serpents, Isn-pao et man-pao, retenue par une ceinlure el que couvre en partie une robe plus sévère et moins longue; une pèlerine, pi-kyen, couvre leurs épaules; leur chapeau, comme celui de leurs gens, est orné d"nne floche rouge, hié- Vbn ; ils portent dordinaiie un collier appelé tuiao-tiuî;. Les signes de la délégation impériale sont le cachet, yin, et le bambou jaune, tinn-min.

Diverses décorations sont accordées par l'enqjereur pour services civils on militaires; les principales sont la lobe jaune, la plume de paon, xwa-lin, réservées aux fonctionnaires de l'ordre le plus élevé, et la plume appelée lan-lin. encore assez estimée. Les soldats qui se distinguent par quelque action d'éclat reçoivent des queues de renard : les plumes et les queues se portent au chapeau, el horizonlalement couchées en arrière du globule.

Les titres que j'ai donnés aux magistrats cités plus haut sont ceux que leur allriliue la liste trimestrielle; c'est ainsi que l'empereur et son gouvernement les désignent. Le petit peuple néanmoins les connaît sous d'autres noms, et eux-mêmes, lorsqu'ils ont ;i se désigner personnellement, emploient certaines locutions diverses pour leurs diveis rangs: ainsi :

Le tSb'fi-tK, appeh' pai' le peuple tmi-lay, se qualifie kii-mèmc de pcn-li;;

Le svbTi-fb-, —

Le pb'-tuian-ssô, — Le nnan-tiua-ssr», — Le lao, —

Le tiul-fb, —

Le tiui-iuyen, —

fb-tay,

fan-tay,

iiyé-tay,

tao-tay,

fK-tsun,

niin-fb',

peu-yuan ; pen-sso ; pcn-ssi't ; peii-lao ; peii-fs ; liea-Luyeii.

MAlilSrHAl' DU l'nEMIF.H HANC

Él'OUSE D L.N MAGISTliAT DU PIlK-MIKtl BANG

Coiffée du fuù-kwan et décorfe d'un pou -fou ntouiiié du pii'uiier lan;;.

Oii remarquera que le lilre de tay est donné à eliKj de ces fonctionnaires, tnii-tay, t>,-lay. ele. : il est enciU'e donné, |>aiini les militaires, aux ti-tb, tsbfi-pin et fb-lsyafi, (lualiliés alors de li-lay. Iiuen-lay et niyc-tay, ce qui cdnqiliMe ce qu'on appelle les liuil iay ( l'a lay ).

QIÎALIFICATIU.NS.

lOr,

Les l'onctioiiiiaircs chinois s'adrcssant à l'empereur, ou en dehors de leurs fonclions, se donnent aussi la qualification de tuien, dont le sens est à peu près celui du mot kwan, et les l'onclionnaires mantchous se qualifient de ns-tsi), ou esclaves (de l'empereur).

Les ministres, pj.-tan, sont appelés ta-tan et luan-iuj;; on leur donne encore, suivant le rang qu'ils occupent à la cour, quelques autres titres. Les ministres, les gouverneurs généraux, lorsqu'ils sont tai-pao, sont qualifiés de k«n-pao. Parlant des

MACISTnAT DU SECOND RANG.

SYEOU-TSAV (llACllliLIER)

fonctionnaires d'un rang moins élevé, mais supérieur à celui de tuii fc, on fait usage, au lieu du pronom de la seconde personne, de la locution de ta-jen (grand homme) ; on traite les tuii fb- de tai-mao et de ta-lao-yé (magnus senior): les tmi-myen, de ta-yé (grand personnage); tous les autres, les xan-lin, les docteurs, etc., de lao-yé

26 FONCTIONNAIUES CIVILS.

(senior): les Imrlu'IiLMS el les jeunes gens sont appelés syan-kbû. En général, on n'emploie le pronom avec personne : un paysan est un vieux père, comme un magistrat est un grand homme, et comme les ofliciers de larmée de Chine l'étaient ■ eux-mêmes. J étais le grand homme I; celte grandeur ne m'aveuglait pas, j'y étais accoutumé : lorsque je voyageais, il y a quelques années, en Portugal, accompagné d'un médecin cl dun domesti(iue. j'étais Son Excellence, le médecin était Sa Seigneurie, et le domestique Sa Grâce, ni plus ni moins que le duc de Wellington. J'étais alors attaché d'anihassade : je me demandais avec anxiété quel titre il serait possilde de donner au ministre des alTaires étrangères pour que la dislance hiérarchique qui me séparait de lui ne fùl iioinl Udp méconnue: je me rassurais, toutefois, en pensant cjue ce ministre était de ceux (|ui pour êli'e grands n'ont pas hesoin que les autres se fassent petits.

Les édifices habités par les magistrats sont appelés yuan, yuan-ya-môn, et plus ordinairement ya-mon. Ils consistent en bâtiments bas, entourant plusieurs cours successives : ils sont généralement malpropres et délabrés. 11 est rare Cjue les magistrats soient bien logés et bien meublés; tout, autour deux, rappelle l'instabilité de leur situation.

Tous les ya-m(>n. saut un seul en Chine, assure-t-oii, ouvrent au midi: ils dillèrent un peu d'après le rang du magistrat auquel ils sont destinés : dans celui d un intendant et au-dessus, on entre par des portes de côté, appelées yuan-mon, dans une première cour; aux extrémités de cette cour, on remarque de petits pavillons : celui du sud-ouest est appelé tiubci-kK-tin ; c'est là que, trois fois par jour et chaque fois que l'intendant sort, on sonne la corne et on bat ce que nous appelons le gong. On appelle ces pavillons kb-yuo-tin quand le tambour et la flûte y sont employés. 11 y a dans cette première cour deux mâts rouges : le tmi-kan , à l'ouest, qui porte un drapeau, et le wei-kan, à l'est, qui en porte souvent un aussi; sur les drapeaux des inlendants on lit parfois le mot tao. etc.

Sur le mur méridional de la cour, ou sur un masque ou écran détaché, on voit la représentation de l'animal fabuleux appelé tan. Appuyé sur quatre talismans, il peut traverser l'eau, le feu et l'air : il voudrait dévorer le soleil qui est devant lui ; mais à l'inslanl où il le tentera, il perdra ses quatre talismans et périra misérablement. Cet apologue est ii l'adresse des fonctionnaires ; ils sont le tan, et l'empereur est le soleil.

Sur le côté nord de la cour s'ouvre une triple porte, la-mon, gardée par deux ou quatre lions de pierre et six mou-mcn peints sur la l)oiserie. Cette entrée est la pivmière des ya-nifin, des tiin-fb. (pii oui le lan en face de celte porte, mais point de drapeaux, ni de nuisiqui\ Vue seconde cour, dans laquelle sont les Ijureaux des

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