YA-MON
Pour l'explication, voir le texte.
huissiers el des grcrfiors, comluil àla triple porte appelée yi-nirm. Dans la Irolsième
cour Sdiil les bureaux, au ii lue de si.\, let;-fan, trois de chaque cùlé, qui représeii-
teiil les six ministères. Au milieu est une arche appelée luaîi-yu-tiii, c^est-à-dire tin destiné à l'affichage des saints édils impériaux. Au fond s'ouvre la grande salle, ta-lun : c'est là que se rend ordinairement la justice. Le magistrat y prend place ordinairciuent dans une petite baraque appelée noan-ko: il s'assied sur un fauteuil dit lv!;n-nnan; il a devant lui une table sur laquelle on voit des pierres à broyer l'encre rouge et l'encre noire, deux pinceaux soutenus par un porte-pinceaux, pi-kya, deux hnites à flèches ou à baguettes, tsyen-tKh : la première en contient huit petites appelées uien-tiiian-tsyen ; la seconde, deux grandes appelées x^jo-tsyen. Chacune des petites représente un mémo ni)ird)re de coups de hâlon. ordinairement cin(|. Quand le
magistrat veut faire frapper ceux qui sont amenés devant lui, il prend et jette à terre autan! de ces baguettes qu'il veut faire donner de fois cinq coups de bàlon. 11 y a des magistrats qui donnent à ces baguettes la valeur de dix, de vingt et de quarante coups. Les grandes baguettes sont remises à des huissiers chargés de quelque mission, telle que la communication d'un ordre, l'arrestation d'un coupable ; elles répondent au tvnnchcon des constahles anglais.
A la droite du magistrat, un petit meulile appelé yin-Uya-lsi» porte le cachet, vin, et le bambou jaune, tmo-min, reçus de l'empereur; ces objets sont enveloppés de soie jaune. Près du noan-ko sont placés le grand tambour, tafi-kb-, un gong à bords dirnupr's appelé tyen, des chaînes, S).wo-ts('i, des cangues (en chinois, kya), etc. Derrière la grande salle, on iraverse la porte liiiai-in(in. puis la \mW dite kya-kwanmiin. ou pin-mon. i:ar(l('e par une image de Tyen-kwaii ou de quekiue autre [lerson-
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MAGISTRAT RIÎ.NDANT LA JUSTICE.
Au-dessus de h tète du magistrat, on lit : Wei Idiail i tô (Pour être m.igisirjt, il faut are vertueux. Ou encore : On doit gouverner par la sagesse). Deux accusés ont ('té amenés; ils ont retiré leurs bonnets : s'ils avaient eu des chapeaux, ilsauraient di'i les conserver. Derrière eux, on voit un iuilrunifiit de lorlure pour serrer les clievilles. — Pour le reste, voir le texte.
nage. On Iravcr.-^o alors nii nduvcan Iriijunal, aux rôles duquel sont ileux iiclilcs salles. 01 i-tan ; on passe la porte dile noé-pin-mun, ou pin-l'on-uKin, et l'on se trouve dans riiabitalioii du niagislial. « la liaule demeure», comme disent les Cliinois, uian-fan.
Les employés subalternes de lEIat nluiLilent pas les ya-mim des magistrats d un certain rang : les employés personnels de ces magistrats y sont seuls logés, encore ne le sont-ils pas toujours: mais dans les ya-mon des tiui-iuyen, le tmi-myen lialiile un bâtiment central : le iiiyeii-lnian et le tî.Ti-pan, un Iiàliment silué à lest: le (yenluo ou le li-ni);, un l)àtiment situé à l'ouest; le kyao-yu ou iiiyo-tiiien, enlin, liabile la cbapellc (le Conlucius. En outre de celte cliapclle. il y en a souvent une dédiée à Tî.-li, c'est-à-dire au dieu pénale.
IMen que les détails de Fétiquelle soient puérils, il est nécessaire de les coiniailre ; «■'estleseul moyen que les agents européens puissent trouver de se soustraire à ces perpétuelles mystitications dont le but est de les dégrader aux yeux des populations. 11 faut qu'ils aient une claire notion des bonneurs qui se rendent en Chine à ceux de leur rang et des formes dans lesquelles consiste la politesse chinoise, alin de se faire toujours lendre ce qui est di'i à leur situation et à la giandeur de leur pays. Ils peuvent modilier ipiehpies détails, mais il y en a d'autres qui ne peuvent se modiller : l'officier subalterne envoyé par un niinislre chinois à un aml)assadeur européen le traite comme son égal en descendant de sa chaise au bas de son perron, en s'asseyant près de lui et en en acceptant des rafraicbissements. Les Européens sont «■onstamment Iiafoués de cette façon par les Asiatiques. Lorsque nos ambassadeurs paraissaient jadis devant le sultan, ce n'était qu'après un repas offert par ses officiers ol après avoir élé revêtus de ce qu'ils appelaient un cafetan d'honneur; on annonçait alois au sultan que le mendiant clirétien, ayant été rassasié et vêtu par sa munificence, était à même de paraître devant lui. Cette comédie, qui nous fait sourire, était prise au sérieux par les nmsulmans. Le plus grossier de tous, l'empereur du Maroc, qualifiait Louis XVI de chienne, trouvant le mot chien trop flatteur pour un roi de France. Ouelques exemples feront entendre l'étiquette des visites officielles chinoises.
Je suppose d'abord la visite d'un trésorier, d'un grand juge ou d'un intendant, à un gouverneur ou gouverneur général. Le visiteur en grand costume descend de sa chaise devant la porte dite ta-mon (I); il entre par l'arcade de cette porte, qui est à sa droite ; il est reçu à la porte dite pin-môn et conduit au tin-tan : là il feint de vouloir s'agenouiller, tsan; le visité l'en empêche, tso : il fait alors avec les mahis et la
(M Vciir |)iim- l'L'lte purle la vue iiorspcclivo d'un ya-num (limiioo plus haiii.
ËTKJIETTE. •'!'
tête trois saluls, L qui ne sont pas rendus; il eu fait un nouveau avant de s'asseoir : il pourrait s'asseoir à droite, sur le double siège ou sofa appelé kan, dont le visiti' occupe la gauche, qui est la place d'honneur, mais habituellement il s'assoit en dehors de ce siège, à gauche, sur des chaises ou des bancs, quelquefois près dune table. En sortant, il exécute trois i qui lui sont rendus. Le visité l'accompagne jusciu'en dehors du pin-môn, où se font encore de part et d'autre trois i ; le visité etani rentré, le visiteur, tourné de son coté, fait encore trois i. Ces formalités sont l'accompagnement obligé dune première visite; dans les visites suivantes, elles sou! plus ou moins modinécs par la prévenance du supérieur.
Les préfets faisant les mêmes visites s'agenouillent; ils n'exécutent pas de i; le visité ne vient pas à leur rencontre et ne les reconduit pas.
Les assistants des préfets descendent en dehors de la porte dite yuan-uion; les sous-préfets, les kyao-yu, les tbù-pan et les tmao-pan, descendent au même endroit : ils s'agenouillent deux fois, et font trois i en entrant et en sortant; le visité se lève
quand ils entrent.
Ceux d'un rang inférieur s'agenouillent une fois et se prosternent trois fois; à la différence des autres, ils ne s'assoient pas pendant la visite.
Je supposerai maintenant que le visité est intendant, grand juge ou trésorier. Si le visiteur est préfet, il arrête sa chaise au ta-mon ; le tao-tay le reçoit et reconduit au tan-yen ; les grands juges et trésoriers le reçoivent et reconduisent en dehors du pinmon. Si le visiteur est sous-préfet, on ne vient point à sa rencontre; on ne le reconduit pas, et il doit s'agenouiller. S'il est d'un rang inférieur, il observe les mêmes formalités que chez les gouverneurs.
Le visité étant préfet, si le visiteur est sous-préfet, il est reçu et reconduit en dehors du pifi-mon ; il s'agenouille. Les fonctionnaires des huitième et neuvième rangs ne sont ni rencontrés, ni reconduits, s'agenouillent et ne s'assoient pas. Les kyao-yu et tmi-myen s'agenouillent chez le t>>n-tiui ; mais ils s'assoient, et sont reçus et reconduits au tan-yen.
Chez le sous-préfet, les fonctionnaires tles derniers rangs suivent la même étiquette
que chez le préfet.
Pour les non-fonctionnaires, il y a un peu plus de latitude; ils ne s'agenouillent ordinairement que devant les préfets et ceux d'un grade supérieur. Le salut le plus familier est appelé Ivmj, ou kbu-mao : il se fait enjoignant les mains à la hauteur du
visage.
Dans les ya-mon de préfets, l'arcade du milieu de la porte est ouverte : chez les fonctionnaires plus élevés, elle est fermée, et on entre par l'arcade de droite. La porte dite yuan-mon n'existe pas pour les sous-préfectures.
32 FO.NCTIONNAIUES CIVILS.
On remarquera (juil na été queslion (lue de visile.-^ lailes par des inférieurs à leurs supérieurs. Les supérieurs, en effet, ne visileni pas leurs inférieurs; s'il leur arrive irenirer eliez eux, ils devieniienl à l'inslant les niaitrcs de la maison, et, au lieu {Vvhv rerus. ils reçoivent leur liule.
Le préliminaire obligé de toute visite est renvoi d'une carte. Cette carte, pycn-tsô, sur papier rouge, niei-xbn-tuiu , est de divers modèles. Entre égaux, la première visile comporte le Isuen-tyé, ou tsuen-kyeu-lyé, petit cahier de cinq pages doubles, sur le verso de la première desifuellcs est écrit en grands caractères le nom et les qualités du visiteur. Le kin-iiyen. plus familier, porte seulement le nom en caractères assez grands. Sur li' la-pyeii-tsi), les caractères sont plus grands encore ; c'est la carie la moins respeclueuse : aussi est-ce celle (pie les magistrats chinois cnvoicid aux agents européens, qui ne manciuenl pas d'y voir une grande polilesse. D'inférieur à supérieui-. la carte usitée est le mao-pen, qui porte le nom en caractères extrêmement petits, et, pour une première visite, le li-li, sur lequel sont tracés en caractères semblables, non-seulement le nom, mais encoi'e les divers titres, les emplois précédemment occupés, etc., de celui à qui appartient la carte.
La mention de ces circonstances, comme le port des insignes et du costume, sont des signes de respect: les princes chinois, les minisires, les gouverneurs, portent plus rarement les signes de leur dignité que les fonclionnaires subalternes. Le prince Kong a signé le tiaité en costume du matin, entouré de subalternes en grande tenue ; les ambassadeurs européens étaient en grande tenue aussi. La signification de l'acte important ciu'ils accomplissaient paraissait cependant s'opposer à ce que le plénipotentiaire chinois se permit des satisfactions d'amour-propre.
Les magistrats chinois ne sortent qu'accompagnés de cette suite nombreuse, inutile à ceux ciui gouvernent des peuples libres par le prestige de leur vertu et de leur capacité. Cette suite varie naturellement d'après le grade. Celle dun intendaiil, ou tao-tay, se compose ainsi :
Deux serviteurs portant des drapeaux lileus avec bordure rouge dentelée, sur lesliuels on lit les caractères Tsin tao, e'est-;i-dire : Débarrassez le chemin.
Deux individus tenant des Iba, ou ta-kin (ce que les Européens appellent des gongs), sur lesquels ils frappent sans cesse; ils portent sur l'épaule des drapeaux jaunes avec l'inscription noire Kin ks (Frappez le tambour).
Six individus portant des écriteaux rouges dits kwan-myen-pan, sur deux desquels ou lit, écrit en or, Tuiin-min (Nommé par l'empereur), (in lit sur les deux suivants le nom de la province, et. en ligne verticale, l'emploi du magistrat auquel ils appailiennenl. Dans la gravure li-joinlc, cette h'gende est : Kyan-nan ; Sk sku tai pin-peilao; c'esl-à-dirc : Pr(»vince de Kvah nan : inicudant de Sk (Sb'-tuieb- k), Sbù (s).n-
ECRITEAUX.