II
StO LA CHINE ET LES PUlSSANGfiSS CHRËTIËNNËS.
que la route ne leur permettait pas d'approcher su! ment de la place pour mettre leur artillerie lég position de rendre un bon service. »
« Le 13, des dispositions furent prises pour un n ment général sur Tang-kou, par une route longea plaine, sur la rive septentrionale du Peï-ho ; et au pi jour, le lendemain, les troupes alliées étaient en marche vers la place; tandis qu'elles avançaient, très-vif fut dirigé contre elles par deux batteries t au côté sud de la rivière : la position de Tune d'elh indiquée par quelques jonques mouillées en fai batteries furent, après quelque peine, réduites an i par l'artillerie royale, et vers neuf heures toute Tart des alliés était en ligne, bombardant furieusemc fortifications de Tang-kou, qui furent défendues p< quelque temps avec beaucoup de vigueur. Lee cependant, ne faisait pas grand mal aux troup* étaient alors engagées, mais, il allait tomber plul celles qui composaient Tarrière-garde, particulièi sur le corps des médecins, parmi les bagages et h lies qui y étaient attachés. Un boulet passa tout entre les docteurs Woodroflfe et Birnie du 1" ré( d'infanterie, qui se tenaient a deux pieds de distan* de l'autre.
a Vers onze heures du matin, le feu des Chinois peu près éteint, et des détachements du 60* de caral et du 1" régiment d'infanterie, désignés pour ( l'assaut, escaladaient la muraille, et chassaient place ce qui restait de la garnison Vers le même ; une des batteries au côté sud de la rivière, qi croyait avoir réduite au silence dans la matinée, c le feu sur l'ambulance et envoyait quelques bouk détachement de marins sous le commandement di taine Willis, de la marine royale, traversait le Peï-h une barque grande comme une coquille de noi:
TROISIÈME GUERRE. ait
les canons-de la batterie rasante et faisait saute ocs.
\s la prise de Tang-kou, la deuxième division y be avec deux batteries d'artillerie, et la première retourna au camp de Sin-ho.
7, un petit corps de troupes françaises traversa » et s'établit dans un village sur la rive méridio- [uelque distance au-dessus de Sin-ho. Le iS, il îxcursion dans le pays, mais fut arrêté par des jpérieures tartares. Des renforts furent envoyés Tartillerie, et la cavalerie tartare fut bientôt d^ la position qu'elle avait prise et qui était dé- »ar quelques petites»pièces de canon, rès-midi du même jour une affaire eut lieu entre i canons Ârmstrong de la batterie du colonel it la batterie du côté méridional du Peï-ho, qui tmé de la peine le jour de l'attaque de Tang-kou. tterie tirait sur quelques barques auxquelles on ^monter la rivière, afin d'établir un pont a tra- ^eï-ho, pour le passage de la première division et du corps principal des Français sur la rive lale, avant de faire l'attaque projetée contre les $ des forts au sud de Ta-kou. Les canons Armavoyèrent quelque boulets bien dirigés par-desmrapet de la batterie, à quelque 2,000 mètres, lie les Chinois rendaient le compliment en eneurs coups bien alignés, droit par dessus la tête leurs, mais beaucoup mieux pointés que d'habir, évidemment, ils avaient presque réussi à obbon tir. Après environ une douzaine de boulets les canons Armstrong, lés Chinois cessèrent le 3S canons retournèrent au camp.
10, des ordres furent donnés pour l'attaque des nord par des forces composées de 1 ,500 Anglais ime nombre de troupes françaises, avec un train îes pièces de siège, comprenant plusieurs mor-
aoi LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRETIENNE!
et s*il persiste a s'avancer par la route de Ta-ki démontrera que son véritable but n*est pas Téch traités, et ce sera au granif officier qui est chargé fenses de la côte (ou du port) a prendre telles i qui seront par là rendues nécessaires (littéralem s'accorderont avec la raison).
« La dépêche écrite à cette occasion (parle mini glais) estf dans une grande partie de son langa insubordonnée et extravagante (envers le conse; en discuter les propositions plus que superficie (Zi^^ér., pour entrer à fond dans la discussion). Al il ne faut pas qu'il manque ainsi au décorum.
« Les remarques ci-dessus devi=6irt être commu par le commissaire au ministre anglais, à qui viendra de ne pas adhérer obstinément à sa pro] nion, vu qu'en agissant ainsi, il causera beaucou barras par la suite.
a Communication nécessaire. »
M. Bourboulon, comme il a été indiqué, avait au premier ministre de Pékin un ultimatum seml celui de M. Bruce. Voici la réponse qu'il recul trouve toujours le désir de séparer la France de 1'; anglaise :
« Pékin, Un mars 1
« Le grand conseil a reçu hier la dépêche de V( ccUence, transmettant une lettre officielle de 1 français qui, ayant été, à ce qu'il dit, empêché par torités chinoises de se rendre a la capitale lorsqu l'intention de venir y échanger les ratifications di il se rendit a rembouchurc du Peï-ho, dans le cou la cinquième lune de l'année dernière, demande boursement des frais de la guerre et une indemni l'attaque dont un de ses navires aurait été l'ob grand conseil trouve que ce n'est pas la Chine q
montrée déloyale en cette occasion; car ce sont les Anglais qui, au mépris des ordres que nous avions le droit deleurdonner, vinrent avec une armée krentréedu fleuve de Tien-tsin pour y détruire les obstacles préparés pour la défense.
c Les Français et les Américains ne se sont pas joints à eux; aussi les autorités du port se sont-elles empressées d'envoyer auprès d*eux demander des informations et enjoindre k leurs navires de prendre la route de Pé-tang pour se rendre a la «capitale; mais, comme le navire français était déjà parti, ce furent les Américains seuls qui vinrent à Pé-tang échanger leur traité ; la raison en était que les Français avaient négligé de nous notifier officiellement qu'ils étaien^t arrivés à la suite des Américams. D'ailleurs, après le départ des Français, Votre Excellence leur a fait savoir, par une dépèche adressée à Chang-hai, que, puisqu'ils ne s'étaient pas joints a l'attaque, ils pouvaient échanger leur traité, pourvu qu'ils en exprimassent le désir et se rendissent, à l'instar des Américains, à Pé-tang. Les archives en font foi.
« Quant au paragraphe concernant le payement des dommages et intérêts pour l'attaque et la destruction d'un navire, ainsi que d'une indemnité pour les frais de la guerre, puisque les Français n'ont pas aidé les Anglais dans leurs hostilités contre les Chinois, comment aurionsûous pu attaquer ou détruire leurs navires? Et si Ton parle dommages et intérêts ou indemnités de guerre, la Chine a dépensé assurément, ces dernières années, mil- Hons sur millions en vue de la guerre, et s'il s'agissait de i^mboursements réciproques, ce qu'on pourrait réclamer ^e la Chine n'atteindrait certes pas a la moitié de ce qui l^î serait dû k elle-même.
«D'ailleurs la France ayant sollicité l'année dernière,
^vec instance, l'assimilation, pour le payement des droits
^Taï-ouan et autres ports, de son commerce, k celui des
^^néricains, le grand empereur, toujours plein de com-
n. ta
fioe LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES
passion pour les étrangers, ne les traitant qu'ar libérale humanité et n'ayant quç de la aollicitu^ le commerce^ n'a pas voulu tenir compte de ce traité français n'avait pas été échangé, et a daign dre aux Français les avantages concédés aux Améi
« N'était-ce pas les traiter avec générosité ? Et v< les Français, au lieu d'en être reconnaissants, par contraire excuses, attaques, dommages et intérêt demnité de guerre, s'avisant encore de fixer dai dépêche des délais a cet effet, toutes choses assu aussi extravagantes qu'inouïes et déraisonnables;
« Pour ce qui regarde le paragraphe relatif à la rèi permanente à Pékin, le conseil trouve que le trait çais n'en dit pas un mot, car i'arLLcle 2 stipule seu que v( dans le cas où une autre puissance inscrira son traité qu'elle enverrait des ambassadeurs ou e dans notre capitale, la France pourrait également ( autant. Or l'Angleterre ayant fait l'année dernière stances les plus pressantes à ce sujet, il lui fut n catégoriquement par les commissaires impériaux et autres que cela était impossible. Les Françaii donc en aucune façon à s'occuper de cette affaire*
« Reste leur demande d'être autorisés à venir a pour échanger les ratifications de leur traité. Et dire à cet égard que si les Français veulent se sou à ce que Votre Excellence entre en négociations a' k Ghang-haï, au sujet de ce qui, dans le traité, do son plein et entier effet, ils pourront évidemment autorisés après que tout aura été convenu et q aura plus d'objection de part ni d'autre, n'amenai entendu, avec eux, aux termes du traité, que peu de et pas de bâtiments de guerre. Dans ce cas, la Ci manquera pas de les traiter convenablement, poui Core qu'ils prennent la route de Pé-tang. Mais s'ils ve avec des navires de -guerre et s'ils se présentent Ta-kou, c'est îju'ils n'auront pas l'iiitention iiincè
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changer les ratifications de leur traité, mais seront mus, lu contraire, par de mauvais sentiments.
c Aussi, pour-éviter que cela ne donne lieu à des soupçons, à de rinimitié et à d'autres inconvénients semblables, est-il nécessaire que Votre Excellence fasse pleinement connaître ce qui précède k l'envoyé de France. »
Le grand conseil adressa le 27 mars un décret impérial ï Sang-ko-lin-sing, en le mettant au courant de ce qui se passait : on lui envoyait copie du mémoire de Hokoaei-tsing et des traductions d'articles de journaux de Hong-kong. Quant aux ultimatum des ambassadeurs, l'oDipereur disait :
« Leur langage étant extravagant et rebelle k l'extrême, le {[rand conseil a mandé k Ho-kouei-tsing de répondre k ces barbares. »
n était naturellement recommandé k Sang-ko-lin-sing de se tenir prêt k la défense. On lui enjoignait de veiller à l'approche des navires russes, même dans le cas où ils apporteraient des canons et des armes pour le gouvernement chinois : il fallait leur faire jeter l'ancre a distance et envoyer des bateaux indigènes pour recevoir les armes. Ceci prouve que des négociations avaient eu lieu entre les aatorîtés russes et tartares pour l'acquisition par ces dernières d'eflTets de guerre européens.
En raison des hautaines réponses du gouvernement imp^al, Tarchipel de Chuzan fut occupé , sans coup férir, leîl avril, par une force de 4 k 5,000 alliés.
Lord Elgin et le baron Gros arrivèrent ensemble a Hong-kong le 21 juin (4860), et ne tardèrent pas a se rendre à Chang-hai. Des forces terrestres et maritimes arrivèrent également et furent envoyées vers la baie de Ta-lien, près du golfe de Pi-chi-li. Les Anglais fixèrent leur rendez-vous au village de Ta-lien, kdroite do la baie
en entrant; et les Français se placèrent à gauche un endroit appelé Tche-fou. Les vaisseaux britani de guerre ou de transports, a la baie de Ta-lien, étai nombre de 170, et les Français en avaient 90, formi semble une flotte de 260 navires, dont presque le t guerre.
Après la prise de Sou-tchaou par les Tae-pings 1860), les autorités chinoises supplièrent, comme i dit, les ministres alliés de faire débarquer des t dans la ville de Ghang-haï, pour la mettre à couy< rebelles. Cette prière fut exaucée, et 1,500 homm< glais et Français, occupèrent militairement la vi qui l'empêcha de tomber au pouvoir des Tae-piUi incident diminua la petite armée qui était en i vers le nord.
L'armée anglaise de terre, envoyée en Chine k sion de la défaite de Ta-kou, se composait de 12,00( mes environ, et la française de 8,000; ce qui faisai les troupes existant déjà dans le pays à la lin di un total de 30,000 hommes environ.
Le 26 juillet, les escadres alliées quittèrent la 1 Ta-lien et. se rendirent à une île (a 20 milles de 1 du Peï-ho) qui était le rendez-vous général. De 1 se dirigèrent ensemble sur Pé-tang, entrée d'ui fleuve, située a 10 milles au nord de l'embouchure • ho. Les alliés débarquèrent le 1" aofit, au non 16,000 environ et de toutes armes. Le reste dest avait été laissé à Canton, Hong-kong, Ghang-haï, C Ta-lien et Tche-fou.
A Pé-lang, il y a une ville comptant 20,000 âmes pulation , et trois petits forts ; deux du côté sud et un nord. Les forts comme la ville, tout fut trouvé vi femmes s'étaient suicidées ; il est vrai qu'on assur c'était un corps de cavalerie mongole, et non pas 1 des Européens, qui en avait été la cause; ces sa cavaliers mongols, pour lesquels les Chinois ontd<
reur, avaient occupé la ville jusqu'à l'arrivée de l'escadre aUiée.
Dans le fort du sud il y avait huit à dix canons en bois, entourés de bandes de cuir et de cercles de fer.
On découvrit à Pé-tang des machines infernales. 4)es bombes chargées de poudre étaient enterrées ; elles se communiquaient par une ficelle avec une espèce de bouton couvert d'un peu de terre. En mettant le pied sur ce boulon, la ficelle devait éprouver une tension et faire partir nne clef de fusil qui mettait le feu à la bombe.
Pas une de ces machines ne fit de mal aux alliés. Il paraît qu'ils en furent avertis par quelques indigènes restés sur les lieux.
Le 3 août, un détachement anglo-français pratiqua une reconnaissance vers les forts de Ta-kou : il rencontra nn corps de 5,000 cavaliers tartares avec lesquels il eut un court engagement. Le 9 on répéta la même opération, etl'on s'assura de l'existence d'un camp retranché entre Pé-tang et Ta-kou, qui contenait douze mille cavaliers environ.
Ce camp fut attaqué et pris par les alliés le 12 avant midi, après un combat dans lequel les tartares montrèrent du courage, vu l'infériorité de leurs chevaux et de leurs armes, surtout en artillerie.
A la suite de cette victoire, le même jour, dans l'aprèsmidi, les alliés prirent possession de la ville de Sin-ho, a mi chemin entre Pé-tang et Ta-kou.
Pour la continuation des opérations, je laisserai parler un témoin oculaire dont je trouve la correspondance dans ^^ China-mail de Hong-kong, du 12 septembre 1860 :
« Dans l'après-midi du 12, un corps français s'avança vers Tang-kou, ville fortifiée sur la rive septentrionale dePeï-ho, à environ trois milles des forts de Ta-kou, et ouvrit le feu. Les Chinois ripostèrent vigoureusement, et Mque temps après les Français se retirèrent, trouvant
que la route ne leur permettait pas d'approcher sufl ment de la place pour mettre leur artillerie lég( position de rendre un bon service. »
« Le 13, des dispositions furent prises pour nn m
ment général sur Tang-kou, par une route longeai
plaine, sur la rive septentrionale du Peï-ho ; et aupo
jour, le lendemain, les troupes alliées étaient en
marche vers la place ; tandis qu'elles avançaient, i
très-vif fut dirigé contre elles par deux batteries s
au côté sud de la rivière : la position de Tune d'elle
indiquée par quelques jonques mouillées en fac
batteries furent, après quelque peine, réduites an 8
par l'artillerie royale, et vers neuf heures toute l'art
des alliés était en ligne, bombardant furieuseme
fortifications de Tang-kou, qui furent défendues pe
quelque temps avec beaucoup dé vigueur. Lea
cependant, ne faisait pas grand mal aux troupe
étaient alors engagées, mais, il allait tomber plul
celles qui composaient Tarrière-garde, particulier!
J: sur le corps des médecins, parmi les bagages et le
i lies qui y étaient attachés. Un boulet passa tout
j. entre les docteurs Woodroffe et Birnie du 1" rég
j^ d'infanterie, qui se tenaient à deux pieds de distanc
y de l'autre.
l* « Vers onze heures du matin, le feu des Chinois (
î- peu près éteint, et des détachements du 60* de carab
et du !•' régiment d'infanterie, désignés pour d
K l'assaut, escaladaient la muraille, et chassaient
■Cî place ce qui restait de la garnison Vers le même t
une des batteries au côté sud de la rivière, qu
croyait avoir réduite au silence dans la matinée, o
le feu sur l'ambulance et envoyait quelques boulet
détachement de marins sous le commandement du
taine Willis, de la marine royale, traversait le Peï-h(
une barque grande comme une coquille de noix
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clouait les canons^le la batterie rasante et faisait saute
exprès la prise de Tang-kou, la deuxième division y fat laissée avec deux batteries d'artillerie, et la première division retourna au camp de Sin-ho.
I Le i7f un petit corps de troupes françaises traversa lePel-ho et s'établit dans un village sur la rive mcridiooile, à quelque distance au-dessus de Sin-ho. Le 18, il fit une excursion dans le pays, mais fut arrcHé par des forces supérieures tartares. Des renforts furent envoyés ivecde Tartillerie, et la cavalerie tartare fut bientôt chassée de la position qu'elle avait prise et qui était défendue par quelques petites»pièces de canon.
c L'après-midi du même jour une affaire eut lieu entre quelques canons Ârmstrong de la batterie du colonel Bany, et la batterie du côté méridional du Peï-ho, qui avait donné de la peine le jour de l'attaque de Tang-kou. Cette batterie tirait sur quelques barques auxquelles on faisait remonter la rivière, afin d'établir un pont à travers le Peï-ho, pour le passage de la première division anglaise et du corps principal des Français sur la rive méridionale, avant de faire l'attaque projetée contre les derrières des forts au sud de Ta-kou. Les canons Armstrong envoyèrent quelque boulets bien dirigés par-desaus le parapet de la batterie, à quelque 2,000 mètres, tandis que les Chinois rendaient le compliment en envoyant leurs coups bien alignés, droit par dessus la tête des artilleurs, mais beaucoup mieux pointés que d'habitude; car, évidemment, ils avaient presque réussi à obtenir un bon tir. Après environ une douzaine de boulets tirés par les canons Ârmstrong, lès Chinois cessèrent le fen, et les canons retournèrent au camp.
« Le ^0, des ordres furent donnés pour l'attaque des forts du nord par des forces composées de 1 ,500 Anglais fit du même nombre de troupes françaises, avec un train ^^ grosses pièces de siège, comprenant plusieurs mor-
tiers de 8 pouces, et deux batteries de six canons strong chacune. Les régiments choisis appartenaiei deuxième division et étaient le 44*, le 67* et les sold marine, commandés par le major général sir ] Napier.
« Les troupes se mirent en marche de Tang-kon, a travers une plaine plate et boueuse, entrecoupa des canaux et des fossés, et prirent position à un environ en arrière du fort du nord, le plus éloigna mer. La nuit fut employée à élever des batterie creuser des tranchées pour mettre à couvert Finfai comme aussi k construire des ponts et à perfection] approches du fort. Le mêmtf soir, les canonnière glaises et françaises se placèrent a environ 1,400 1 de Fembouchure de la rivière, et tout était prêt p( taquer le lendemain au point du jour.
« Vers cinq heures du matin, les canons du for mencèrent à tirer sur les troupes, et en peu de tem tillerie française et Fartillerie anglaise prirent posî ouvrirent un terrible bombardement contre le fort, que les canonnières s'approchaient autant qu'elles ( le risquer, et lançaient des obus et des fusées dans du nord, que nous n'attaquions pas, mais qui di sur les lignes françaises et anglaises un feu bien i comme l'était aussi celui du fort du sud, dont les 1 et les obus arrivaient jusque sur nos derrières, heures notre artillerie réussit à mettre le feu au magasin du fort, qui sauta avec une terrible explos garnison néanmoins ne se découragea pas, et la ( continua vaillamment jusqu'à huit heures du quand les détachements désignés pour l'assaut composant du 44* et du 67*, suivis des soldats de i avec les pontons, ayant graduellement tourné p^ rière, ouvrirent alors un feu très-vif sur le parape embrasures, et conjointement avec les Français rent, après beaucoup de difficultés, à s'établir t
murSf et finalement chassèrent du fort ses vaillants défenseurs à la pointe de la baïonnette, mais non sans qu'ils eussent disputé le terrain pouce à pouce. Les cou* Ûeschinois se comportèrent admirablement; rien déplus courageux que leur conduite en général : ils portèrent les échelles de siège des Français jusqu'à Tassant, et lorsque ftnte de pontons il y avait difficulté à traverser les formidables canaux et fossés qui entouraient le fort, les coulies sautaient dans l'eau où ils en avaient jusqu'au cou et supportaient les échelles sur leurs épaules, de manière k en faire des ponts sur lesquels pussent traverser les assaillants. Ce fut par cette ingénieuse manœuvre ([ue les premiers Français et le 67* purent pénétrer dans le fort à droite. Le 44* se distingua hautement à la gauche, et le total de ses pertes fut plus élevé que celui des autres troupes, car il eut 14 hommes tués et 47 blessés, lesdites pertes tombant surtout sur une aile qui couvrait la marche des soldats de marine avec les pontons.
f Notre perte totale en tués et blessés fut de 22 officiers et 180 soldats, tandis que les Français eu perdirent environ 130. De plus, il faut ajouter un nombre considérable de tués et blessés dans le corps des coulies. »
Une demi heure après la prise du fort mentionné qui dominait tous les autres, on vit sur ceux-ci des drapeaux de trêve. On leur donna quatre heures de temps pour se rendre. Les forts du côté du nord ouvrirent leurs portes à trois heures après midi, et le gouverneur général de Pi-chi-li rendit les forts du côté sud et même la province entière, après le coucher du soleil, les alliés ayant prônais une suspension d'hostilités et autorisé les garnisons des forts à sortir sans armes.
Dans tous ces forts, il y avait cinq cents canons mon- ^8, dont plusieurs d'un très-gros calibre.
Bans le fort pris d'assaut, on trouva plusieurs centaines
ni LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES
de morts empilés les uns sur les autres; beaucoi ficiers y perdirent la vie, entre autres un général cond commandant en chef. Des témoins de ce faite assurèrent qu'aucune troupe européenne ne se mieux battue avec les armes dont ces Tartares saient.
La joie que les alliés éprouvèrent de cette viot aflfeiblie par la nouvelle qu'ils reçurent presque ei temps de la présence des rebelles à Chang-hai. Ils détacher un corps de six cents fantassins et une 1 d'artillerie pour aller au secours de cette ville, qu aussi un renfort de cinq cents hommes de Chi huit cents de Canton.
Lord Elgin se dirigea par la rivière vers Tien-tsi atteignit le 25 août (1860). Le baron Gros y arriva demain. Lés troupes y allèrent par terre, en march la rive droite. De Ta-kou à Tien-tsin on compte 35 C'est à cette dernière ville que le grand canal i venant de Hang-cheou.
Le 27, les ambassadeurs reçurent des dépêc Kouei-liang, annonçant sa prochaine arrivée pon mer des négociations ; et en effet, il parut le 31, pagné d'un autre haut dignitaire.
Ils accédèrent, après de longues discussions, à les demandes des ambassadeurs, et leur inspirèn telle confiance, qu'on prenait déjà des mesures \ renvoi des troupes; mais quand le moment ar signer les stipulations, Kouei-liang déclara qu'il autorisé à rien signer. Ceci eut lieu le 8 sept Les alliés avaient perdu quinze jours de la ra€ saison de l'année pour faire la guerre dans ces ri le gouvernement impérial avait gagné un répit < une partie des renforts demandés par lui en tou aux chefs des provinces et aux princes de la T mongole.
On crut généralement alors que Kouei-liang a\
TROISIËMË GUERRE. il5
pendant ces quinze jours avec une profonde ruse, sans nourrir d*autre intention que celle de gagner du temps. Plus tard la minute d'un décret à Tencre de vermillon, trouvée au palais impérial d'été, expliqua ces faits. Le décret fut adressé au grand conseil de TÉtat, le 7 septembre, k dix heures du soir; les négociations de Koueiliang k Tien*tsin y sont commentées. L'empereur le blâme surtout d'avoir stipulé le payement, dans l'espace de deux mois, de SI millions de taels (environ 14 millioDs de francs) ; il dit que même quand il serait posnhle â^ exécuter cette clause^ elle humilierait trop la Chine. L'empereur est indigné aussi de ce que Koueiliang ait accordé aux ambassadeurs, pour aller échanger à Pékin les ratifications des traités, d'emmener mille hommes chacun. Voici un passage de ce décret :
« Si Kouei-liang et ses collègues se sont assez follement perdus pour oser de leur propre autorité concéder ces deux derniers points (*), non-seulement ils ont désobéi à nos ordres écrits et montré qu'ils ont peur des barbares, mais ils ont tout simplement remis l'empire entre leurs mains; nous allons sur-le-champ venger la loi en faisant exécuter ces ministres, et après nous combattrons les barbares jusqu'à la fin.
« Quant a l'admission du chef Pa [M. Parkes) dans la capitale, la paix une fois négociée entre les deux pays, ordre sera, bien entendu, donné a qui cela pourra concerner, défaire des arrangements convenables pour fournir tout ce qui sera nécessaire. Quel besoin y aura-t-il alors de l'inspection personnelle (de Pa)?En outre, ce chef rebelle ^pissant sans but, aboyant avec frénésie, est sûr de demander quelques nouvelles conditions restrictives, et ^w fois venu il ne voudra plus s'en aller. (Son admis-
n Dans la minute originale trouvée au palais impérial d*élétout ^paragraphe est souligné;
âlG LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
sion) serait (donc) aussi impolitîque qu'il le sen permettre une escorte de troupes (aux barbares < ils viendront) échanger les traités. Cela ne peut ment être accordé ; certainement non. »
Il est facile de voir que quand ce décret fut écrit, pcreur ne savait pas si Kouei-liang et ses col) avaient signé ou non le traité arrangé entre cu\ ambassadeurs. Dans le premier cas il n'avait décid moins que de faire couper la tète a ses plénipotenti Ceux-ci, pourtant, ne s'étaient pas hasardés a signe connaître les vues de leur maître, et le 8 septemb reçurent sans doute de Pékin des nouvelles s'acc( avec l'esprit du décret lancé le 7 au soir. Ce fut aloi Kouei-liang déclara qu'il n'était pas autorisé a sigi
Aussitôt qu'il eut exprimé ce refus, on fit parti division anglaise pour Pékin; le lendemain, 9 septei la division française suivit le mouvement, et le re l'armcc partît le 13. On laissa mille hommes à Ta-1 mille à Tien-lsin. La force entière qui marchait l'intérieur d'un empire de 500 millions d'habitants conquérir sa capitale, se composait donc de douze hommes !
Il y a de Tien-tsin a Pékin une distance de 68 n mais la route est coupé de rivières et do canaux. les premiers trois milles, les alliés eurent sept pi traverser. On ne les avait pas détruits!
Le fleuve Pcï-ho, sur lequel est bàlie Tien-tsin, coi à être navigable jusqu a Toung-cho, pour des ba tirant très- peu d'eau; ceux pourtant qui ne calen deux pieds peuvent toujours passer.
De Toung-cho a Pékin il n'y a pas de rivière navif il faut y aller par terre en tournant a droite; la dis entre ces deux points est de 10 milles. Toung-cho et ville de 500,000 habitants. Entre Tien-tsin et Pèi trouve plus de soixante-dix villes ou villages.
i8si bien à Ta-kou qu*à Tlen-tsiOf dès la première car passée, les indigènes avaient apporté aux alliés fruits et des vivres en abondance a des prix raisonles. A Tien4sin on forma une brigade de chariots du s pour traîner le gros des bagages de Tarmée vers ièrieur.
e 10, les troupes arrivèrent à Young-soung (un tiers chemin, entre Tien-tsîn et Pékin). Elles eurent une ie torrentielle qui dura sept heures. Pendant la nuit, s les muletiers, conducteurs des chariots, se sauvèrent emmenant leurs chevaux. Il fallut se procurer des qaes plates pour conduire les bagages et les munitions la rivière.
IBS ce village deux mandarins, venant de Toung-cho, )ré$entèrent aux ambassadeurs et leur remirent une êche de Tsa, prince de Y et de Mou-yin, président du seil de la guerre, dans laquelle ceux-ci leur annonçât que, ayant été nommés plénipotentiaires de Temeur, ils venaient les trouver et les priaient de s'arrê- Les ambassadeurs ne répondirent point, et Tarmée tiiiaa sa marche.
n arrivant dans la ville de Ho-si-vou, à 7 milles de . mg-cho, les portes furent fermées et ou leur refusa vivres. Alors la ville fut prise et saccagée. Probableit il y avait à Ho-si-vou des mandarins qui ordoncût le refus.
ord Elgîn envoya de cette ville M. H. Parkes (conbritannique a Canton) faisant fonctions d'interprète l'ambassade ; il alla à Toung-cho avec quelques offi- « et une escorte portant drapeau parlementaire, il l» aux commissaires impériaux, le prince de Y et adjoint, pour savoir s'ils étaient disposés a accepter conditions de lord Elgin. Par suite de cette entret il fut convenu que l'armée alliée s'arrêterait et cam- ^\i a côté d'une ville appelée Chang-kia-ouang, à iiUes de Toung-cho ; que les ambassadeurs se ren-
âlS LA CHINE ET LÉS PtiISSANGES CHRÉTIENNES
draient à Toung-cho, avec une escorte de den hommes, pour arranger la convention qui devait fin à la guerre, et qu'ensuite les ambassadeurs accompagnés de la même escorte, a Pékin, poi l'échange des ratifications des traités. Les pléi tiaires chinois confièrent a M. Parkes une dépée! lord Elgin, dans laquelle ces points étaient mei et concédés.
Laissons un moment le camp anglo-françai considérer ce qui se passait dans Pékin.
Le prince Sang-ko-lin-sin, qui avait vu a la pi forts de Ta-kou la manière de se battre des Eui n'était nullement sûr de les vaincre en rase eau malgré l'énorme différence du nombre, et il avait \ le 26 août, un mémoire a l'empereur, dans lequi donnait a entendre que si son armée était battue, jesté pourrait bien tomber dans les mains des étr il la priait donc de se retirer en Tartarie.
Quelques personnes ont vu dans ce conseil de projets d'ambition.
Le 9 septembre, l'empereur envoya un décréta • princes et aux conseils de la cour, pour leur f voir que les négociations de Tien-tsin étaient ro qu'il avait décidé d'aller se mettre lui-même a la l'armée, afin d'anéantir les exécrables rebelles ang çais, et que Sang-ko-lin-sin l'engageait, au cont aller faire un tour de chasse dans la Tartarie Manl L'empereur voulait qu'on délibérât sur ces p(
TROISIÈME éUEttitfi. fié
mt était déjà confusion, qu*elle arriverait au comble 108 le cas de son départ; que les rebelles indigènes relodbleraient d'audace et les troupes impériales seraient lèoouragées. Quant aux moyens de conjurer le danger, les ]daD8 indiqués étaient des lieux communs, et au fond se réduisaient à ceci : « Tout n'est pas encore perdu ; les c Anglo-Français comptent a peine dix mille combatitints; nous sommes très-nombreux, et nous attendons c des renforts des provinces et de la Mongolie, etc. Redouf Wons d'efforts, et nous pouvons encore vaincre. »
n est k remarquer qu'aucun de ces mémoires ne suggère ridée de remplacer Sang-ko-lin-sin dans le com- Ottndement de l'armée. Il paraît que, malgré la complète défaite qu'il avait essuyée a Ta-kou, on continuait ï le croire le seul homme capable de défendre la capitale.
Un mémoire signé (9 septembre) par Kia-lching, prcloier secrétaire d'État, et vingt-cinq autres hauts mandarins, se prononçait contre Tidée émise par Tempereur de prendre lui-même le commandement de l'armée, et encore plus contre TaVis de Sang-ko-lin-sin, qui conseilliit l'éloignement ou la fuite de l'empereur vers la Tartane. Ce mémoire recommandait à Sa Majesté de publier M décret pour rassurer les populations et pour les exciter, elles et les troupes, contre les Européens, en offrant en même temps des récompenses aux plus méritants. U contenait ce passage :
• « La proposition faite par Sang-ko-lin-sîn concernant ttne partie de chasse est regardée par vos ministres comme plus sujette encore a objection. Si la capitale, entourée qu'elle est d'une ligne forte et non interrompue de fortifications, n'est pas sûre, à quel abri faut-il s'attendre ^ans un pays de chasse, ouvert et sans palissades? En ■ïûtre^ le départ de Votre Majesté exciterait dans l'esprit iu peuple la plus grande agitation. (Ici est inséré un ren-
ito LÀ CHINE ET LES raiSBAM» GHIUfcTIEMllES.
vol à rhifitoire de Chine, impHquaiit qoe l'eflif après avoir passé la grande muraille, poarrmit irai retour impossible.) Puisque les barbares ont pu ait TieiHtsin, quel obstacle pourra les empèeher de trer de la même façon jusqu'à la rivière Loaa Çk M
Cependant Farmée alliée s'avançait vers Pèk Fempereur se décida à fuir. Le iS, il envoya un nf décret aux princes et aux conseils de la cour pai faire savoir que si les Anglo-Français dèpanai ville de Ma-to en s'approchant de Toung-cho^ «o de chasse servirait depréparatifpour entrer en MÉj et quHl se dirigerait, avec uîie division^ vers le wm y prendre une forte position. Il nommait son ondei tsin-ouang pour gouverner pendant son absence, primait la conviction que les barbares, étant à ]M nombre dix mille, ne pouvaient pas manquer dVi truite par Tarmée impériale. Sa Majesté croyait sou mystifier ainsi le public et dissimuler la frayeur < inspirait cette poignée (ce sont ses mots) de barlk facile a anéantir.
La nouvelle du prochain départ de Tempefe tout Pékin en émoi. Le président de la cour civi nen-king, répondit k Sa Majesté le même jour, mémoire que quarante autres grands mandarins si^ avec lui. Us lui exposaient que son voyage nécessil suite d'au moins 10,000 personnes, que la multîl voitures qui allaient encombrer les routes serait! de beaucoup d'inconvénients; que ce serait le signi fuite générale; que quand l'empereur va chasser i tarie, les princes mongols viennent le visiter, ( cette occasion il a toujours été d'usage de leur I riches cadeaux ; or, dans l'état actuel du trésor, il possible de pourvoir a ces dépenses ; que Sang-koa 30,000 hommes avec lui; enfin (et ceci est trè»quable) que les barbares n'ont jamais eu d'autre e
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rue que de faire le commerce, et n'ont nullement témoipié l'intention de conquérir le pays. Dans ce mémoire se trouvent les lignes suivantes :
« La partie de chasse d'automne a jusqu'à ce jour été entreprise, quand l'occasion était favorable, seulement dans les moments de tranquillité, et ainsi comprise, elle est une institution de notre auguste dynastie. Mais k présent que les barbares soulèvent partout des commotions, que les rebelles s'étendent dans le pays entier, tout le peuple, et dans la capitale et dans la province, regarde Totre Majesté, en ce moment au siège du gouvernement, comme le centre d'où doivent émaner tous les plans de défense, et comme le soutien de l'autorité et de l'ordre. Ce départ subit et sans raison plausible, quoique appelé une partie de chasse, aura toutes les apparences d'une firite; et non-seulement il viendra ébranler la résolution des soldats et des officiers dans le voisinage de la capitale, mais même les généraux commandant les corps d'armée éloignés seront pleins de doutes et d'alarmes. Et Tonne peut affirmer que la hardiesse des rebelles ne sera pas accrue par la nouvelle de ce départ. Ainsi tous les grands intérêts de l'empire seront mis en péril, et peutêtre au delà de tout remède
« La résidence impériale est sûrement gardée et elle «tle siège honorable de la Majesté. Un moment comme celui-ci, où il est surtout du devoir de l'empereur d'y rester, est le moins convenable pour proposer subitement Wïe excursion de chasse. »
Voici quelques passages d'un autre mémoire signé par ^'Dgt-quatre grands fonctionnaires :
« Le départ de Votre Majesté pour un endroit au nord ^^ Pékin doit créer une grande agitation dans la métro-
pôle. Pour Votre Majesté, le meilleur moyen de maintenir la tranquillité et d'affermir Tesprit de Tannée, serait de rester a Pékin.
a  une époque de tribulation publique, Thomme d'un caractère héroïque est prêt à moudr à son poste, et en un pareil moment la plus parfaite sincérité et la loyauté la plus complète deviennent un devoir pour les hommes da tous les rangs. Vos ministres ont lu aujourd'hui le décret vermillon {*) annonçant que les dispositions prises pour votre expédition de chasse doivent servir de préparatif pour une entrée personnelle en campagne, et que si Tennemi se présente dans le voisinage de Ma-to ou Tounfcho. Votre Majesté, à la tête d'une forte division, se dirigera, conformément au premier projet imaginé, len quelque lieu au nord de Pékin pour y prendre position. Ils admirent la conduite imposante et Thabile plan stratégique ainsi déployé par Votre Majesté. Mais le peupla vulgaire a la compréhension très-lente ; il soupçonne aisément et n'apprécie qu'avec difficulté ; il dira que les barbares étant au sud-est de Pékin, le changement de plan en vertu duquel votre partie de chasse devient une expédition de guerre, devrait induire Votre Majesté à rester à Toung-cho, pour soutenir Sang-ko-lin-sin; il dira qu'aller occuper une position au nord de la capitale serait s'éloigner du siège de la guerre.
(( Si défense et résistance en paroles ne signifient en fait que fuite et dispersion, vos ministres ne veulent pas faire valoir auprès de Votre Majesté qu'ainsi les temples de vos ancêtres et les autels des dieux tutélaires seront abandonnes (c'est-a-dire que l'empire sera perdu); mais ils demandent en quel endroit la sûreté personnelle de Sa Majesté peut-elle être mieux assurée que dans la capitale^
(") Écrit à Tencre de vermillon, c'est-à-dire écrit par la main de l'empereur.
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a Cette maxime que le prince a le devoir de se sacrifier pour sou peuple est très-familière à Votre Majesté. . . »
Deux mémoires en date du 13 et du 13, signés par le
censeur Âi-jin et soixante-seize autres notables, disent
que depuis 1820 il n'y a pas eu de chasse impériale dans
ÛTartarie, et rappellent que pendant celle de 1813, la
conspiration dirigée par Sin-tsing éclata. (Ce fut la révolte
des Pé-lan-kiaos dont mention a été faite ailleurs.) Ils
rappellent aussi des régences qui ont eu de très-mauvais
résultats par suite de Tambition humaine, et insinuent
que les princes que Sa Majesté laissera à sa place pour-
raient bien s'emparer du trône. (Probablement on faisait
ici allusion à Sang-ko-lin-sin.) Ils assurent, et ceci est à
remarquer, que Falarme éprouvée h Pékin en 1853 lors
de l'approche des rebelles tae-ping, fut plusieurs fois
plus grande que celle causée maintenant par la présence
desAnglo-Français. Voici quelques lignes de ce mémoire :
« Nos troupes sont maintenant plusieurs fois plus nombreuses que celles des barbares; mais si Votre Ma* jesté venait à quitter la cour, tout le monde serait décounigé, une panique pourrait envahir les esprits : les barbares saisiraient cette occasion pour s'emparer de la ville .- 9
Le censeur Tsao-tang-young, dans un mémoire bel* liqueux, dit que Sang-ko-lin-sin a sous ses ordres plusieurs dizaines de milliers de soldats mongols qui ont apporté leurs provisions avec eux et qui ne dépensent rien du trésor impérial. Il recommande de mettre toutes les affaires de la guerre sous la direction de ce prince. Selon W on devrait gagner au moyen d'argent les Chinois qui 8« trouvent au service des Européens : chose facile, vu peces individus sont de la canaille mercenaire, qui û'a d'autre mobile que le gain. Il excite Hieng-foung à ï^ guerre, et lui dit : « Feu Sa Majesté Impériale parle dans
t2i LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
son testament avec honte et contrition de la paix qu*elk fit avec les barbares anglais. »
Je donne quelques autres passages de ce mémoire :
« Les barbares se portant en a\ant, et les plans concernant la paix ayant été trouvés difficiles k exécuter, H prie avec instance Votre Majesté de retourner dans m capitale (l'empereur était au palpais d'été, à 5 kilométra de Pékin), et ainsi de céder aux désir^dcs hommes, ée maintenir la dignité du trône et d'apaiser les mânes de vos ancêtres et les divinités tutélaires.
(c La confusion et Talarme sont indescriptibles; mail il n'y a rien de si étrange que le bruit qui court en ce moment, de Tintention où serait Votre Majesté de tûie un tour à Jehol. Ce bruit a causé la plus grande conste^ nation ; mais votre ministre n'y croit pas. Cependant, comme beaucoup de fonctionnaires ont prié, à plusieurs reprises, Votre Majesté de revenir a son palais sans obtenir de réponse favorable, on ne peut se préserver d'une crainte indéfinissable. Si ce bruit se vérifie, l'effet produit sera comme une convulsion de la nature, et le mal en sera Irréparable. Comment Votre Majesté considère-t-elle son peuple? Comment considère-t-elleles tombeaux de ses prédécesseurs et les autels des dieux tutélaires? Jettera-t-elle l'héritage de ses ancêtres comoïc une vieille chaussure? L'histoire, que dira-t-elle de Votre Majesté pendant mille générations à venir? Il n'y a pas d'exemple qu'un souverain ait choisi un moment de péril et de détresse pour faire une excursion de chasse, s'imaginant par là détourner le danger ■
Le censeur Tsao-tang-young met un post-scriptum à son mémoire pour dire qu'il vient de lire k linstaot le
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décret TenntHon du 13, qu'il copie en entier, et puis il eontinue :
« Il paraît ainsi que le voyage de Votre Majesté dans le lord est positivement résolu. Notre empereur ne fait-il étmc aucun cas de son peuple, des temples de ses ancêtres et des autels des dieux tutélaires? Si réellement il a Fiiiteotion de commander les troupes en personne, pourf«û parlc-t-il de se diriger vers le nord pour prendre position avec une forte division? Le peuple n'ajoutera fts la moindre foi à un pareil langage »
La résolution de l'empereur Hieng-foung fut ébranlée Farces énergiques représentations, et il consentit à rester. Se rendant aux conseils qui lui avaient été donnés dasi quelques-uns de ces mémoires, il publia un décret éo&tnous ne connaissons pas la date, mais qui dut être Uietéla veille de la bataille de Chang-kia-ouang (18 septembre), ou peut-être le môme jour de bonne heure. Voici les principaux passages de ce document :
« Soit apaisant les habitants des mers du monde, soit leur tenant la bride (c'est-k-dîre que nous ayons été en
Ftix comme un père ou en guerre avec ), nous
ftvons toujours eu pour eux le même sentiment de bienveillance, et nous n'avons pas frappé d'interdit le com- Bwrce avec les nations d'outre-mer. Mais après plusieurs mirées de paix avec la Chine et sans qu'aucune cause de qœrelle se soit élevée depuis longtemps, les Anglais et les Français, pendant la septième année de mon rè- §ne, portèrent la guerre dans le Kouang-toung, entrèrent ^e force dans sa capitale, surprirent (ou dressèrent une embûche pour) les autorités et les firent prisonnières, ï^ensant encore que le gouverneur général Yé-mingchin avait, par son inflexibilité et son indépendance expressives, provoqué cette querelle, nous ne fîmes pas im-